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Covid-19 : les trains de nuit sont-ils l’avenir de nos déplacements ?

ÉCLAIRAGE - L'enthousiasme pour le train de nuit a augmenté avec la pandémie, et plusieurs pays européens veulent le relancer. Mais s'agit-il vraiment d'une solution durable ?

Un Intercités de nuit à Perpignan (illustration)
Un Intercités de nuit à Perpignan (illustration) Crédit : RAYMOND ROIG / AFP
Coline Daclin Journaliste

Voyager en période d'épidémie de coronavirus peut être un véritable casse-tête. Comment faire pour se rendre d'un endroit à l'autre, sans trop risquer de se contaminer ? En Europe, certains voyageurs semblent avoir trouvé une solution : le train de nuit. Alors que les lignes de nuit ont beaucoup diminué ces dernières années, la pandémie a relancé la demande, rapporte le Guardian. Depuis quelques semaines, les annonces des gouvernements européens se multiplient pour relancer les trains de nuit. La Suède, l'Autriche et la Belgique ont notamment prévu de mettre en place des mesures pour favoriser son retour. 

En France, Emmanuel Macron a lui aussi promis de "redévelopper les trains de nuit", le 14 juillet dernier. Et ce alors que le nombre de gares desservies a été divisé par dix depuis les années 1980, indique franceinfo.

Pour autant, y a-t-il vraiment moins de risques de contamination dans les trains de nuit ? Et est-ce vraiment une solution à long terme ? RTL fait le point.

Quelles mesures de sécurité dans les trains ?

Sur les lignes intérieures en France, seulement deux grands axes nocturnes sont toujours en service. Le premier relie Paris à Briancon (Hautes-Alpes) et le deuxième relie Paris à la région Occitanie avec trois terminus possibles : Albi (Tarn), Latour-de-Carol (Pyrénées-Orientales) et Cerbère (Pyrénées-Orientales). 

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Dans ces trains Intercités, les consignes sanitaires sont strictes. Port du masque obligatoire pendant tout le voyage, diminution du nombre de personnes dans les compartiments (il passe de 6 à 4) et invitation à se placer "tête-bêche" sur les couchettes pour respecter la distanciation physique. Alors que les TGV ont abandonné la règle du "un siège occupé sur deux", elle est toujours en vigueur dans les Intercités de nuit pour les sièges inclinables. 

En théorie donc, des règles nombreuses, qui évitent un peu la proximité des TGV et des avions. En pratique, rien n'indique qu'on soit vraiment plus en sécurité dans un train de nuit. D'abord parce qu'il peut être difficile de respecter la distanciation physique dans de petits compartiments. Alors que la question de la contagion de la Covid-19 dans l'air n'est pas encore tranchée, on ne sait pas grand chose non plus des risques à rester enfermés à 4 dans un compartiment. En siège inclinable en revanche, il est certainement plus facile d'avoir de la place, et donc de limiter les contaminations.

Un moyen d'éviter l'avion ?

À cause de la pandémie, "les gens ne veulent plus prendre l'avion"assure au Guardian Mark Smith, qui dirige le site Man in Seat 61, un guide de voyage à travers l'Europe en train. En effet, les contacts rapprochés sont nombreux pour prendre l'avion, que ce soit dans les files d'attente ou à bord. Malgré un système de recyclage de l'air et le port du masque obligatoire, certains voyageurs s'en méfie donc toujours. Le train leur apparaît donc comme une solution toute trouvée. 

Le train de nuit est également plus écologique, à l'heure où la question de l'empreinte carbone de l'avion se pose. Emmanuel Macron lui même les présente comme un moyen "de réduire nos émissions" de CO2. 

Économiquement, encore des questions à régler

Le gouvernement l'assure, il a "beaucoup d'ambition pour les trains de nuit". Ainsi, les lignes Paris-Nice et Paris-Tarbes pourraient reprendre d'ici 2022. Mais les trains de nuit demandent un investissement certain, et leur modèle économique pose question. En effet, l'un des problèmes qui se pose est que la plupart des travaux sur les voies de chemin de fer ont lieu la nuit. Ce qui empêche les Intercités de nuit, comme les trains de fret, de passer. Les trains de nuit coûtent aussi cher à l'État : "100 euros de subventionnement public" par billet de train, assurait Alain Vidalies, secrétaire d'Etat aux Transports, en 2016. 

Les taux d'occupation maximum des trains de nuit sont aussi moins importants que ceux des TGV, pour des trajets plus longs. Il faut donc qu'ils aient des taux de fréquentation assez élevés pour être rentables. Dans cette perspective, la question de la concurrence des trains avec d'autres types de transports, comme les trajets en car, se pose tout particulièrement.

À l'échelle des usagers en revanche, le train de nuit permet de faire des économies, avec des billets moins chers, qui permettent d'éviter de payer en plus une nuit d'hôtel.

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