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Carburant : pourquoi le gouvernement mise sur les stocks stratégiques pour faire baisser les prix à la pompe

Le gouvernement va libérer sur le marché dix millions de barils de carburant le 1er novembre. Risques, rôle des distributeurs, avantages potentiels...Martial You pèse le pour et le contre de cette mesure "inédite".

Un automobiliste s'apprête à faire le plein de carburant de son véhicule. (Illustration)

Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP

Stocks stratégiques de carburant : un "coup de maître" du gouvernement ?

00:02:04

Stocks stratégiques de carburant : un "coup de maître" du gouvernement ?

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Martial You - édité par La rédaction numérique de RTL

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Le 1er novembre commence la libération des stocks stratégiques de carburant censée faire baisser les prix dans les stations. Cette opération inédite pourrait être une très bonne stratégie du gouvernement. C'est une idée novatrice qui peut réellement faire baisser les prix en station, sans que ça ne coûte un euro aux contribuables. 

Dimanche 1er novembre, le gouvernement va injecter sur le marché dix millions de barils de carburant qui dormaient jusqu'ici dans les stocks stratégiques. Habituellement, ce diesel sert en cas de risque de pénurie. L'idée qui rend l'initiative inédite, c'est d'utiliser ces stocks pour faire baisser les prix jusqu'à 18 centimes par litre pendant trois mois. Cette libération de stocks ferait baisser les prix, car ces stocks ont été constitués l'an dernier lorsque le carburant était beaucoup moins cher, à 28 centimes le litre hors taxe, soit un quart du prix du moment. 

Pénurie, vente à perte...les risques de la mesure

Les stocks en vente comporteraient donc à la fois ce carburant peu cher et celui acheté au prix de marché. Cela permettrait d'obtenir les fameux 18 centimes de rabais promis dès dimanche. Tous les grands distributeurs, Carrefour, Leclerc et Intermarché sont intéressés, tout comme Total Energies et ses 3.000 stations. 

Pour autant, deux risques sont à prendre en compte, le plus important étant la pénurie. Actuellement, la situation internationale crée une tension sur les prix. Mais si des tensions d'approvisionnement s'ajoutent, il n'y aura alors plus de solution, puisque les réserves sont déjà puisées. Emmanuel Macron s'est d'ailleurs déplacé au Moyen-Orient pour éviter cette possibilité. Le second risque concerne les distributeurs qui devront reconstituer leurs stocks dans les douze prochains mois. Si les prix ne baissent pas d'ici là, ils devront remplacer au prix fort un carburant acheté peu cher. C'est donc un pari risqué. 

Les distributeurs forcés à rester compétitif

Le gouvernement sait que les distributeurs se livrent une concurrence acharnée. Si l'un d'eux accepte la baisse de prix, les autres sont obligés de suivre pour rester compétitifs. Sans oublier qu'ils n'ont pas le choix pour faire revenir les Français en station : sur un an, la consommation de carburant a baissé de 12%. L'idée d'une mesure qui ne coûte rien à l'État et qui aide la population reste rare et précieuse. 

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