2 min de lecture

Voiture électrique à moins de 100 euros par mois : le leasing social patine, mais les Français sont toujours au rendez-vous

Le leasing social, ce dispositif de location de voiture électrique sous conditions de ressources, ralentit nettement en 2026. Après deux éditions écoulées en quelques semaines, seules 39.000 voitures ont trouvé preneur à ce stade, loin de l'objectif de 50.000. En cause : des mensualités en hausse, des aides publiques réduites et des constructeurs tentés de vendre leurs modèles électriques ailleurs, à meilleur prix.

Une voiture électrique rechargée à une borne. (Illustration)

Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Voiture électrique : le leasing social ralentit malgré la demande

00:02:05

Voiture électrique : le leasing social ralentit malgré la demande

00:02:05

Pierre Herbulot

Je m'abonne à la newsletter « Économie »

Mettre RTL en favori sur Google

Le leasing social, pensé pour faciliter l'accès à la voiture électrique des ménages modestes, marque le pas. Le ralentissement est net : lors de la première édition, il avait fallu six semaines pour écouler les 50.000 véhicules disponibles. L'an dernier, la deuxième édition avait mis douze semaines à atteindre ce volume. Cette année, alors que la 16e semaine est déjà entamée, l'objectif n'est toujours pas atteint : 39.000 voitures seulement ont trouvé preneur.

Ce tassement ne signifie pas pour autant que les Français se détournent de l'électrique. Le problème n'est pas l'absence d'intérêt, mais un dispositif devenu moins attractif qu'à son lancement.

Des mensualités bien plus élevées

Au début de l'opération, en 2024, le gouvernement avait promis une voiture électrique à moins de 100 euros par mois, assurance comprise. Dans les faits, cette promesse se vérifiait sur certains modèles urbains. La Citroën ë-C3, par exemple, était alors proposée à 54 euros par mois.

Aujourd'hui, dans le même cadre, cette même voiture est affichée à 94 euros mensuels. La hausse est considérable, de l'ordre de 40%, à laquelle s'ajoute une assurance elle aussi plus chère. Les offres à moins de 100 euros par mois appartiennent désormais largement au passé.

À lire aussi

Cette évolution s'explique d'abord par la baisse du soutien public. L'État subventionnait jusqu'à 13.000 euros par véhicule en 2024. L'aide est désormais ramenée à 6.500 euros. Une réduction cohérente avec la dégradation des finances publiques, mais qui renchérit mécaniquement le coût pour les bénéficiaires.

Des constructeurs moins enclins à jouer le jeu

Autre explication : l'offre disponible. Selon des informations des Echos, certains constructeurs préfèrent conserver leurs voitures pour les vendre sur d'autres circuits. Le contexte leur est favorable : les ventes de voitures électriques progressent fortement depuis le début de l'année, portées par la crise des carburants.

Le mois dernier, un record a même été atteint : quatre voitures vendues sur dix étaient 100% électriques. Dans ces conditions, certains industriels peinent à suivre la demande. Renault est passé en 3x8, tandis que Stellantis a dû recourir au chômage partiel en raison d'un manque de batteries.

Dans un marché aussi tendu, vendre au prix fort devient plus intéressant que réserver des véhicules au leasing social. D'autant que ce dispositif, fondé sur des prix serrés, laisse peu de marge aux constructeurs et ne permet pas d'ajouter des options, souvent plus rentables pour eux.

Le gouvernement assure que l'objectif sera atteint

Face à ces difficultés, l'exécutif affirme que les 50.000 véhicules mis à disposition finiront bien par être loués et que les constructeurs respecteront leurs engagements.

Ce ralentissement dit aussi autre chose : les principaux freins à l'électrification du parc automobile ne sont plus forcément ceux que l'on mettait en avant jusqu'ici. Quand la difficulté porte d'abord sur la disponibilité des voitures, et non plus sur l'autonomie ou les bornes de recharge, c'est que le marché a profondément changé.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée