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Brandt : aucune offre industrielle retenue, les actifs du groupe revendus à Cafom

La proposition de Cafom, d'un montant de 18,6 millions d'euros, a été préférée à 35 autres, déposées pour acquérir les marques, usines et autres actifs du groupe centenaire.

700 emplois supprimés après la liquidation judiciaire du groupe d'électroménager Brandt. (Photo d'illustration)

Crédit : JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

AFP - édité par La rédaction numérique de RTL

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La justice a retenu, ce vendredi 13 mars, l'offre du groupe Cafom, distributeur d'équipement de la maison dans les outre-mer, pour reprendre les marques et stocks de Brandt, fleuron de l'électroménager liquidé en décembre, mettant fin aux espoirs d'une relance industrielle dans ses anciennes usines.

La proposition de Cafom (Centrale d'achat française pour l'Outre-mer), d'un montant de 18,6 millions d'euros, a été préférée à 35 autres, déposées pour acquérir les marques, usines et autres actifs du groupe centenaire regroupant les marques Brandt, Vedette, Sauter et De Dietrich.  

Mais, comme celle formulée par Cafom, distributeur d'équipement de la maison dans les outre-mer, notamment via les enseignes But ou Darty, la plupart visaient principalement les dizaines de milliers de produits en stocks et les pièces détachées. Le PDG de Cafom Hervé Giaoui a fait valoir auprès de l'AFP la solidité de son groupe, fort de "1.400 personnes, 450 millions de chiffre d'affaires, zéro dette, 165 millions de fonds propres", ce qui a "sécurisé le tribunal". 

Production de lave-vaisselle

Grâce à un accord avec notamment un industriel en Alsace, Hervé Giaoui prévoit de produire "sous trois mois, six mois maximum" des plaques à induction, promettant la création de "30 à 60 emplois" dans l'est de la France. Il a aussi évoqué la production de lave-vaisselle en Bretagne en "co-branding" (association de deux ou plusieurs marques) avec l'entreprise EverEver. Concernant le sort des anciens salariés de Brandt sur le carreau, Hervé Giaoui a fait part de sa compassion. "C'est dur. Je ne vous cache pas que je ne peux rien faire pour eux". 

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Quelques élus locaux s'accrochaient encore à l'espoir d'une relance industrielle qui aurait permis une remise en route des usines situées près d'Orléans et Vendôme (Loir-et-Cher) et la reprise d'anciens salariés, sur les quelque 700 que comptait le groupe. La région Centre-Val-de-Loire et Orléans Métropole avaient ainsi conjointement formulé, avec l'entreprise néo-calédonienne Gladius, une offre qui entendait maintenir l'espoir d'une relance industrielle, en conservant ces "marques mythiques" en France. 

"La mobilisation des élus"

"En écartant la seule reprise porteuse d'un avenir industriel, c'est la disparition de Brandt qui est actée, tout comme la fin du made in France", a réagi auprès de l'AFP le président de la région François Bonneau. Une reprise du service après-vente "sans délai" et une relance de l'activité du principal site industriel situé près d'Orléans, qui produisait des fours et des plaques de cuisson et employait quelque 350 personnes, étaient envisagées. 

"Cette décision a des conséquences très lourdes au plan économique et social, et fait reculer le combat pour la réindustrialisation", ont indiqué les deux collectivités dans un communiqué, assurant qu'elles ne peuvent se "résoudre à cette disparition de notre patrimoine industriel". Le ministre délégué à l'Industrie, Sébastien Martin, n'a pas souhaité commenter une décision de justice.  

"Pour autant, je veux saluer la mobilisation des élus qui ont soutenu et accompagné un projet qui aurait permis, à terme, une reprise des sites historiques de Brandt. Je reste à leurs côtés pour étudier tous les projets qui iront dans le sens du développement industriel du territoire", a réagi auprès de l'AFP le ministre. 

200 millions d'euros

La justice n'a pas été davantage convaincue par l'offre portée par Stéphan Français via Metavisio-Thomson Computing, qui proposait de combiner l'activité historique de Brandt sur son site orléanais à celle de produits électroniques. Des actifs qui avaient suscité de nombreuses convoitises puisque d'autres acteurs, comme le groupe Fnac-Darty ou Noz, s'étaient positionnés. 

Les créances, elles, sont estimées à environ 200 millions d'euros, selon une source proche du dossier. Pour les ex-salariés de Brandt, la possibilité de retrouver le chemin de leurs anciennes usines semble désormais définitivement refermée. La plupart, bouleversés par la liquidation de leur employeur en décembre, avaient assuré ne pas compter sur cette décision: plus de 300 d'entre eux ont participé mercredi à un "job-dating", organisé à Orléans, pour les accompagner dans leur recherche d'emploi et reprendre une activité au plus vite. 

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