3 min de lecture Économie

Bourse : "On est dans un climat un peu euphorique mais artificiel", selon Martial You

ÉDITO - Les bourses ont connu une année 2019 exceptionnelle. À Paris, on a dépassé les 6.000 points, un niveau qu'on n'avait pas connu depuis 2017.

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Bourse : "On est dans un climat un peu euphorique mais artificiel", selon Martial You Crédit Image : ERIC PIERMONT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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L'Eco and You - Martial You
Martial You édité par William Vuillez

On est face à une situation économique inédite, qu'aucun économiste n'a connu dans le passé : nous venons de vivre 10 ans de taux d'intérêts bas voire négatifs. On ne sait pas comment tout ça va finir, mais ce que ça signifie, c'est que depuis 10 ans, l'argent ne vaut plus rien. Alors dans ce contexte, on a pu continuer à financer les politiques publiques à bas coût et relancer doucement nos économies.

Avec beaucoup d'argent pas cher en circulation, les investisseurs ont aussi pu miser sur des placements un peu plus risqués pour générer des bénéfices et ont donc misé sur les marchés actions. On finit cette année avec des bourses qui affichent toutes des croissances de 25% en moyenne sur un an que l'on regarde en Europe, aux Etats-Unis et en Asie.

Il faut bien comprendre qu'on est dans un climat un peu euphorique mais artificiel. Les traders des marchés sont victimes d'un choc post-traumatique (la crise des subprimes) et sont toujours sous anxiolytiques (les taux d'intérêts bas). Résultat : chaque bonne nouvelle est sur-interprétée et pousse un peu plus haut les performances boursières.

Les Etats-Unis et la Chine enterrent la hache de guerre

La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis est en train de s'apaiser. Elle a quand même provoqué un ralentissement global de la croissance mondiale au cours de l'année 2019. Mais depuis début Décembre, il y a des signes d'accalmie. La Chine vient de baisser les droits de douanes sur 859 produits qui représente près de 20% de ses importations. C'est conséquent.

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Et les Etats-Unis, de l'autre côté, viennent aussi de reporter une hausse de taxes.
Evidemment, dans une économie mondialisée comme la nôtre, si les Etats-Unis et la Chine enterrent la hache de guerre, même si ça ne dure que jusqu'à la prochaine élection américaine de novembre, c'est une bonne nouvelle pour tout le monde.

On a pu voir aussi que le marché pétrolier est très stable même quand la plus grosse installation iranienne est attaquée. On y voit un peu plus clair sur le Brexit et la situation politique à Londres avec la victoire électorale de Boris Johnson. Il y aura un Brexit mais il sera sans doute plus soft que hard. En tout cas, les interlocuteurs sont légitimés.

Rien n'a vraiment été corrigé depuis 10 ans

Quant à la question d'un potentiel krach boursier, par définition, c'est impossible à prédire... Mais certains redoutent une rechute dans le courant de l'année 2020. Sincèrement, si on retrouvait ce que je vous disais il y a un an, je pense qu'on retrouvait la même crainte à l'époque. Parce que, dans le fond, on n'a réglé aucun des problèmes que nous avions, il y a 10 ans et on sent bien que l'euphorie et la croissance des marchés financiers repose sur du sable et ne correspond pas à la réalité économique.

On a juste augmenté notre endettement. Un peu comme si les banques centrales avaient réinventé le "crédit revolving" pour Etats surendettés. C'est mondial mais c'est particulièrement vrai, en France. Les ménages se sont endettés en profitant des taux bas pour acheter de l'immobilier notamment. On est le pays d'Europe où nous avons le plus de dette privée.

Il y a quelques jours, la Banque de France a fait part de ses inquiétudes sur le sujet. Et, la dette publique de l'Etat vient quant à elle de dépasser les 100% du PIB. Pour vous donner une idée qui démontre à quel point rien n'a vraiment été corrigé depuis 10 ans. En 2007, juste avant la crise : nous avions une dette qui représentait 64,5% contre 100,4% aujourd'hui. Et le chômage était à 7% alors qu'il est encore à 8,5% aujourd'hui.

Et personne aujourd'hui n'est capable de savoir ce qui se passera le jour où les taux remonteront.

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