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PSA et Fiat-Chrysler : la fusion officiellement annoncée, l'accord toujours à l'étude

ÉDITO - PSA et Fiat-Chrysler ont officialisé leur fusion, le 18 décembre dernier. Une opportunité pour Peugeot-Citroën d'accéder au marché américain.

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PSA et Fiat-Chrysler : la fusion officiellement annoncée, l'accord est toujours à l'étude Crédit Image : SEBASTIEN BOZON / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Noé Blouin

Peugeot-Citroën et Fiat-Chrysler ont confirmé leur projet de fusion le 18 décembre. Mais cette annonce ne signifie pas que tous les obstacles sont levés, loin s'en faut. L’idée est de créer le quatrième constructeur mondial, avec un ensemble qui ferait 170 milliards d’euros de chiffre d’affaires, produirait près de 9 millions de véhicules par an et emploiera 400.000 personnes dans le monde. Le chiffre d’affaires sera, pour l’essentiel, réalisé en Europe et en Amérique du Nord. Mais la réalisation de l’accord complet va nécessiter 12 à 15 mois de travail.
 
Il y a, en effet, d’innombrables problèmes juridiques et financiers à régler, pour que les deux entreprises mères, PSA et Fiat, possèdent exactement 50% de la nouvelle entité, puisque c’est une fusion à parité.

Il va aussi falloir obtenir l’accord des autorités de concurrence, en particulier en Europe, car lorsqu’on additionne le poids des marques Peugeot, Citroën et Fiat, le nouveau groupe sera en position dominante au moins en France et en Italie, avec une part de marché dépassant 40%. La Commission de Bruxelles n’aime pas cela, il va falloir négocier avec elle.

Le problème de la fusion "entre égaux"

On ne sait pas qui va contrôler et c’est tout le problème. La fusion est présentée comme "entre égaux". De telles fusions ne marchent pas. Il y a toujours une moitié qui l’emporte. Et tant mieux, car une entreprise ne peut pas avoir plusieurs centres de gravité. On l’a vu récemment avec Renault-Nissan, où les questions de pouvoir ne sont pas tranchées, ce qui déstabilise les équipes et interdit la prise de décision. Une fusion réussie, c’est par exemple PSA et Opel. Le Français a absorbé Opel, même si la marque persiste.

Dans ce cas-là, la dynamique de court terme sera du côté des Français, puisque c’est Carlos Tavares, l’actuel patron de PSA, qui va prendre les rênes. L'homme est l’un des meilleurs de son secteur au plan mondial. Mais sur le moyen terme, c’est plus difficile à dire. Car le plus gros actionnaire du nouvel ensemble sera Fiat, et le patron héritier de Fiat, John Elkann, sera le président du conseil de l’entreprise. La partie française est plus morcelée, avec la famille Peugeot et l’état, via la BPI.

Une chance pour Peugeot-Citröen

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Les initiateurs de la fusion nous disent qu'il n'y aura pas de fermetures d'usines, et que les économies de la fusion viendront principalement du regroupement des achats, qui permet d’avoir de meilleurs prix, et de la mise ne place de plate-forme de production commune.

C’est vrai que l’outil industriel français a déjà été restructuré il y a quelques années, lors de la quasi faillite de PSA. Mais entre-temps, le marché s’est dégradé, le passage au véhicule électrique va lui aussi imposer des réorganisations et probablement des pertes d’emplois. Et il ne faut oublier qu’une fusion, c’est fait pour regrouper le maximum de fonctions, donc justement supprimer des emplois pour gagner en compétitivité.
 
Pour notre constructeur national Peugeot-Citroën ce mariage est une chance. Il lui permet de sortir de l’Europe, où le groupe est concentré jusqu’ici, avec un accès sur le marché américain grâce à des marques rentables là-bas.

Quant à Fiat, il se vend bien, c'est une bonne affaire pour la famille Agnelli, qui récupère aussi un patron de première catégorie. Restera à gérer la grande complexité du nouvel ensemble, multimarque. La brillante absorption d’Opel n’aura été, de ce point de vue, qu’une période d’essai. Et il va falloir mettre les bouchées doubles pour développer des modèles électriques ou hybrides, avec un Fiat-Chrysler qui est très en retard sur ce chapitre.

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