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Aéronautique : "Toute la filière est asphyxiée", explique Lenglet

ÉDITO - Le gouvernement présente ce mardi 9 juin un plan de soutien au secteur aéronautique, éprouvé par la crise sanitaire. Explications de François Lenglet.

Le cockpit d'un Airbus A320 (image d'illustration)
Le cockpit d'un Airbus A320 (image d'illustration)
Crédit : ADEK BERRY / AFP
Aéronautique : à quoi va ressembler le plan d'aide du gouvernement ?
03:46
Aéronautique : à quoi va ressembler le plan d'aide du gouvernement ?
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François Lenglet - édité par Camille Sarazin

Le gouvernement présente ce mardi 9 juin un plan de soutien à une filière industrielle éprouvée : l'aéronautique. Incroyable retournement en effet que ce secteur d'excellence français a connu. Il y a trois mois, la demande était telle, pour les avions, qu'Airbus était obligé de faire du surbooking, acceptant plus de commandes qu'il ne pouvait en livrer. L'A320 se fabriquait au rythme inégalé de plus 60 appareils par mois, deux par jour ! 

C'est bien sûr la Covid-19 qui a mis tout cela par terre, en immobilisant plus de 90% de la flotte mondiale et en mettant au bord de la faillite les compagnies aériennes. En mai, pas une commande d'Airbus, et 24 livraisons seulement, contre 81 en mai 2019. L'entreprise pourrait licencier des milliers de personnes, et toute la filière est asphyxiée.

Il y a bien sûr les grands noms, comme Airbus, Thalès ou Safran, qui fait les moteurs d'avions, mais aussi une myriade de PME, dont la plupart fait moins de 50 millions de chiffre d'affaires. Ultra spécialisées, dans le câblage, l'aménagement des cabines ou l'électronique, elles ont connu aussi une décennie éblouissante où leur seul problème était de parvenir à recruter pour suivre les cadences en hausse permanente. 

Risquent-ils la faillite ?

Le secteur aéro et spatial français, l'un des premiers exportateurs français, réalise plus de 50 milliards d'euros de chiffre d'affaires, près de deux fois plus qu'il y a dix ans. Il recrutait, avant la crise, 15.000 personnes par an. Déjà l'année dernière, une première alerte avait eu lieu, car bon nombre de ces PME travaillaient aussi pour Boeing, qui avait dû arrêter la production de son 737 Max, après deux accidents. L'épidémie leur donne le coup de grâce.

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Faillite, réduction de personnel pour ceux qui survivent ou, autre danger, rachat par des intérêts étrangers, chinois en particulier. La Chine met le paquet sur l'aéronautique, pour tenter de rattraper les deux géants que sont Boeing et Airbus. Elle est donc à l’affût pour récupérer les technologies qui lui manquent.
 
Ça veut dire que la région de Toulouse, où est implanté Airbus, va probablement souffrir. Une bonne partie du dynamisme économique de la région provient de l'aéronautique. Directement, avec Airbus qui y possède la plus grande usine de France. Et indirectement, avec toutes les commandes que passe le constructeur. Les sociétés d'informatique d'Occitanie prévoient ainsi de supprimer 8 à 10.000 emplois à cause de la crise des avions.

Alors, comment va t-on aider le secteur ?

Près d'une dizaine de milliards seraient mobilisés, avec des prêts bien sûr, mais aussi un fonds, abondé pour partie par l'état, pour partie par les gros industriels, qui prendraient des participations dans les PME. Avec un double objectif, les aider à passer ce cap difficile, mais aussi enclencher le regroupement des entreprises, pour les rendre moins vulnérables. Et puis, c'est ce que demande Airbus, une sorte de prime à la casse pour les avions, qui permettrait de renouveler les flottes pour les moderniser avec des appareils moins polluants. 

En outre, des aides à la recherche, pour financer le développement d'un avion zéro carbone, opérationnel d'ici une quinzaine d'années... Et le maintien du dispositif de chômage partiel, sur une durée de un à deux ans, c'est ce qu'a annoncé la ministre du Travail hier. Car on n'attend pas de retour à la normale dans le transport aérien avant 2023. 

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