2 min de lecture Charles de Gaulle

"Vive le Québec libre !" : il y a 50 ans les mots de De Gaulle entraient dans l'Histoire

RÉCIT - Le 24 juillet 1967, le général de Gaulle en visite officielle au Québec provoquait une profonde crise diplomatique entre la France et le Canada avec seulement quatre mots.

Le général de Gaulle en visite au Québec le 24 juillet 1967
Le général de Gaulle en visite au Québec le 24 juillet 1967 Crédit : AFP
Eleanor Douet
Eléanor Douet

Il y a eu "Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré" en 1944, ou encore "Je vous ai compris" en 1958. Les phrases historiques du général de Gaulle ne manquent pas. Ce 24 juillet marque les 50 ans de l'une des plus célèbres : "Vive le Québec libre !". 

Retour le 24 juillet 1967. Charles de Gaulle est en visite officielle au Québec. La première d'un chef d'État français dans l'ancienne colonie. SI la visite est attendue par le gouvernement québécois, elle est redoutée par le gouvernement fédéral canadien. Ce dernier sait que de Gaulle est pour l'émancipation du Québec. Le général ne s'en cache pas vraiment.

Avant son arrivée, il a affirmé à son gendre : "Je compte frapper un grand coup. Ça bardera, mais il le faut. C'est la dernière occasion de réparer la lâcheté de la France". Une fois sur le sol québécois, de Gaulle est accueilli par des pancartes sur lesquelles on peut lire : "France libre", "Québec libre", ou encore "Vive le Canada français !". 

Le Canada s'étrangle, le Québec exulte

À Montréal, où il arrive en retard, le président français, en tenue de général de brigade, s'adresse aux 15.000 personnes massées sur la place Jacques-Cartier depuis le balcon de l'hôtel de ville. Il n'est pas prévu qu'il s'adresse à la foule mais il insiste pour s'exprimer et, voyant un micro débranché, il demande de pouvoir s'en servir. Un technicien d'une radio se trouvant sur place lui installe. "Je vais vous confier un secret. Ce soir, ici et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération", affirme-t-il.

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En guise de conclusion, Charles de Gaulle lance : "Vive Montréal, vive le Québec (ovation), vive le Québec libre (très longue ovation), vive le Canada français, vive la France! (ovation à nouveau)". Pour le public, ces paroles sont historiques. Il entend enfin tomber de la bouche de l'ancien chef de la France Libre ce cri de ralliement, qui ne peut que donner une impulsion à un mouvement indépendantiste encore balbutiant.

Le Canada fédéraliste et anglophone juge ces propos "inacceptables". "Les Canadiens sont libres, chaque province du Canada est libre. Les Canadiens n'ont pas à être libérés", s'emporte le premier ministre Lester Pearson.

Ministres stupéfaits et opposition déchaînée

Le 25, imperturbable, le général de Gaulle poursuit son voyage officiel dans l'ancienne Nouvelle-France. Il visite le métro de Montréal, construit par la France, fustige ceux qui le critiquent, "tout ce qui grouille, grenouille, gribouille et scribouille", se félicite d'être allé, la veille, "au fond des choses".

Le 26, coup de théâtre, le Canada décide de ne pas l'accueillir, selon certains historiens, tandis que pour d'autres, c'est lui qui annule sa visite à Ottawa. Il s'envole pour Paris à bord du DC-8 présidentiel. À l'arrivée, l'attendent des ministres stupéfaits, une opposition déchaînée, une presse exceptionnellement véhémente. 

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