1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. Violences sexuelles dans le sport : le judo secoué par des affaires
3 min de lecture

Violences sexuelles dans le sport : le judo secoué par des affaires

La libération de la parole concernant les violences sexuelles dans le sport touche le judo, dont une pratiquante a dénoncé dans la presse des agressions.

Le tatami des championnats du monde de judo au Japon
Le tatami des championnats du monde de judo au Japon
Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Ryad Ouslimani & AFP

Le monde du sport, depuis plusieurs mois, connaît une libération de la parole de personnes dénonçant des violences sexuelles. Après qu'un scandale a éclaboussé le patinage, c'est désormais dans le judo qu'une omerta semble se briser. Mise en place après les affaires touchant le patinage, la "cellule intégrité" du ministère des Sports a reçu 313 signalements, dont "sept-huit" liés au judo, dévoile les autorités. 

"Le phénomène touche tous les sports, il n'y a pas de raison que le judo y échappe", explique à l'AFP une source proche du Comité national olympique et sportif français (CNOSF).

Le témoignage paru récemment dans Le Parisien d'une judoka racontant avoir été violée par son entraîneur il y a dix ans, quand elle avait 13 ans, a toutefois considérablement secoué le milieu du judo, l'un des sports les plus pratiqués en France avec un demi-million de licenciés.

Quelques affaires auparavant

"C'est évidemment inadmissible. Cela ne doit pas arriver dans notre sport", se désole Stéphane Nomis, ex-judoka, entrepreneur et candidat à la présidence de la fédération, dont les élections doivent se tenir le 22 novembre. Une source proche du dossier précise que l'affaire de viol dévoilée par le témoignage n'est pas remontée au ministère ni au CNOSF.

À lire aussi

"Je suis bien sûr scandalisé. Dans nos clubs on prône des valeurs qui ne sont pas celles-là. On a toujours été du côté des victimes, et on continuera à le faire", a assuré à l'AFP le président de la fédération française de judo Jean-Luc Rougé. L'entraîneur mis en cause a depuis été "suspendu" à titre conservatoire.

En 2007 déjà, un entraîneur de judo avait été condamné par la justice pour "agression sexuelle sur mineur". Une affaire qui concernait l'une de ses élèves. Une fois sorti de prison, le condamné avait pu reprendre ses activités au sein d'un club de l'est de la France, en encadrant des jeunes, alors même qu'il était frappé d'une interdiction d'entrer en contact avec des mineurs de moins de 15 ans. 

Des condamnés toujours en contact avec des jeunes

Interrogé en caméra caché par une équipe de France télévisions, l'homme avait assumé dans un reportage diffusé en février 2019 avoir "repris les cours d'enfants", en présence d'autres professeurs. Une infraction passible selon le Code du sport d'un an de prison.

Normalement, les entraîneurs ou éducateurs professionnels doivent se faire délivrer une carte professionnelle, qui nécessite une vérification du casier judiciaire et du Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijaisv). "Il y a des clubs qui ne demandent pas la carte professionnelle, et il y a des bénévoles qui ne connaissent pas les règles", a reconnu Jean-Luc Rougé.

Il y a aussi le cas de ce professeur de judo à Nantes, condamné en décembre 2019 pour avoir eu en 2016 des relations sexuelles avec une élève de 13 ans alors qu'il en avait 34. Selon plusieurs médias, ce professeur continue d'entraîner, alors qu'il n'est censé ne s'occuper que d'un public adulte.

Vérifier les antécédents des bénévoles

"C'est un sujet compliqué, difficile, et nos éducateurs, nos entraîneurs ne sont pas formés. Il y a une omerta. On n'ose pas dire les choses", estime Stéphane Nomis, pour qui ces affaires devraient engager la direction fédérale à "un examen de conscience".

Jean-Luc Rougé s'est entretenu mardi avec la ministre des sports Roxana Maracineanu, qui devait joindre la jeune femme ayant témoigné dans le Parisien. "On a discuté de la stratégie à mettre en place", a-t-il expliqué. "Ça n'arrive pas qu'aux autres (fédérations, ndlr), et très souvent en plus, ces personnes sont très appréciées. C'est très dur de les déceler. On appelle les gens à parler, à libérer la parole, ils seront protégés".

En 2021 devrait entrer en vigueur un contrat d'honorabilité. Il permettra ainsi de vérifier les antécédents judiciaires de bénévoles. "Mais ça ne pourra pas tout régler", avait confié il y a plusieurs semaines une source proche du dossier. Les prédateurs non condamnés ou les bénévoles fichés mais usurpant une identité resteront difficiles à déceler.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/