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Vignette Crit'Air 4 exclue de la circulation : la polémique résumée par Polony

ÉDITO - Déjà en vigueur à Paris, bientôt les voitures avec vignette Crit’Air 4 n’auront plus le droit de rouler. Problème : les métropoles pénalisent majoritairement les plus pauvres. Alors que faire ? L'analyse de Natacha Polony.

Les vignettes Crit'Air
Les vignettes Crit'Air
Crédit : LIONEL BONAVENTURE / AFP
Vignette Crit'Air 4 exclue de la circulation : la polémique résumée par Polony
03:35
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micro générique
Natacha Polony

Depuis le 1er juin, les voitures avec vignette Crit’Air 4 n’ont plus le droit de rouler dans Paris. Un modèle qui va s’étendre dès l’an prochain et qui commence à faire grincer des dents. C’est une fois de plus le match entre "fin du monde" et "fin du mois" ?

Résumons la polémique : depuis quelques années se développe en France le principe des ZFE, zones à faibles émissions, déjà répandues dans plusieurs pays d’Europe. L’idée, c’est qu’en ville, là où se concentrent les particules fines, on définit des zones dans lesquelles les véhicules les plus polluants, voitures et motos, ne pourront plus rouler. L'Île-de-France en a créé une dans le périmètre de l’A86, la grande rocade autoroutière, ce qui inclus 67 communes. D’ici deux ans, 44 métropoles auront leur ZFE.

Le problème, c’est que ce sont en général les plus pauvres qui ont des voitures plus anciennes, donc ne répondant pas aux derniers critères d’émissions de particules fines. En Seine-Saint-Denis, c’est 18% du parc automobile qui est touché par l’interdiction, contre une moyenne de 11% en France. En gros, les métropoles envoient les pauvres se faire voir ailleurs.

Quel est le véritable objectif ?

Les associations évaluent les décès anticipés du fait de la pollution à environ 40.000 par an. On peut réduire le chiffre. Mais on en revient toujours au même problème. Comme pour la taxe carbone, est-ce que les gens qui sont visés ont le choix ? Si l’on applique l’adage du pollueur payeur, qui pollue ?

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Nous avons favorisé depuis 30 ans une concentration de l’activité dans les métropoles, avec une libéralisation du marché de l’immobilier. La conséquence : tous les emplois dans les grandes villes et impossible de s’y loger pour les classes moyennes et les classes populaires. Des transports en commun bondés, pas forcément très agréables ou très sûrs, encore moins performants. Et derrière, on vient expliquer aux gens qu’ils provoquent la fin du monde avec leur vieille bagnole.

Faut-il abdiquer ou continuer ?

Déjà, on part du principe que les métropoles ne sont pas la propriété de ceux qui ont les moyens d’y habiter. Si les gens y viennent, et s’ils y viennent en voiture, c’est parce qu’ils n’ont pas le choix. Et non, ils ne vont pas se payer tous les 5 ans une nouvelle voiture pour répondre aux nouvelles normes. Et non, ils ne peuvent pas passer à l’électrique, même avec les aides de l’État et des régions.

Du coup, on fait ce qui a été abandonné depuis 30 ans : de l’aménagement du territoire. On construit la France de 2030, et elle doit avoir des infrastructures et des emplois dans les villes moyennes, pour désengorger les métropoles. Donc des industries, le retour des services publics. On met le paquet sur les transports en commun, on recrée un maillage territorial pour le train. On favorise le télétravail en comblant la fracture numérique. Bref, on planifie plutôt que de réglementer et on investit plutôt que de taxer.

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