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Marineland : un an après la fermeture, l'épineuse question du transfert des dauphins et des orques

Un an après la fermeture de Marineland, le sort des dauphins et des orques reste incertain. Malgré des tentatives de transfert et des projets de sanctuaires, les solutions peinent à se concrétiser, laissant les cétacés dans une situation précaire.

Des orques au Marineland d'Antibes en 2013

Crédit : VALERY HACHE / AFP

Eléonore Aparicio

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Le 5 janvier 2025, Marineland a tourné définitivement la page de plus d’un demi-siècle d’exploitation. Une fermeture qui faisait suite à la loi de 2021 interdisant les spectacles de cétacés en France, activité principale du parc.

Dans les mois qui ont suivi, la majorité des quelque 4.000 animaux présents sur le site (poissons, reptiles, otaries, tortues) ont été transférés vers d’autres établissements zoologiques ou aquariums. Mais pour les cétacés, aucune solution rapide n’a émergé. 

Un an après cette fermeture, deux orques et douze dauphins demeurent toujours dans les bassins du site entretenu par une équipe réduite. Les associations contre la maltraitance des animaux demandent à ce que les cétacés soient transférés vers un sanctuaire mais le dossier s'est enlisé.

Un transfert vers l'Espagne écarté

Début octobre 2025, Marineland a déposé un dossier pour transférer quatre des douze dauphins à l’Oceanogràfic de Valencia. Un transfert qui nécessite l'aval des autorités françaises et espagnoles. Plusieurs associations dont Sea Shepherd ont largement critiqué cette solution de transfert.
Le 13 décembre dernier, l'État français a annoncé s'opposer à ce transfert, estimant que transporter les animaux vers d'autres parcs commerciaux à l'étranger contrevenait à l'esprit même de la loi votée en 2021. Une décision saluée par les associations. 

Le projet d'un centre d'accueil pour dauphins au zoo de Beauval

Le 5 septembre 2025, la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a confirmé qu’un projet de centre d’accueil pour dauphins était à l’étude avec le ZooParc de Beauval. Cette solution, toutefois, exclurait les deux orques de Marineland, Wikie et son fils Keijo, pour lesquelles aucune structure française n’est aujourd’hui en mesure d’offrir une prise en charge adaptée.

Selon le ministère, la mise en œuvre d’un tel centre nécessiterait au minimum deux ans, un délai jugé incompatible avec l’urgence de la situation par la direction de Marineland, qui plaide pour un transfert des animaux dans les plus brefs délais. L’investissement requis est également conséquent : entre 20 et 25 millions d’euros, a précisé la ministre. Un montant d’autant plus sensible que le budget de l’État pour 2026 n’a pas encore été adopté par le Parlement, rendant les arbitrages financiers incertains.

Au-delà des contraintes de calendrier et de financement, le projet suscite aussi de vives réserves parmi les associations de protection animale. Lors d’une réunion tendue, le 5 novembre 2025, avec le directeur du zoo de Beauval, Rodolphe Delord, les échanges se seraient durcis au point que ce dernier aurait menacé de se retirer du projet.

En cause : plusieurs points jugés incompatibles avec l’esprit de la loi de 2021, notamment la présence du public autour des futurs bassins, la possibilité de reproduction des dauphins, ainsi que l’éventualité de transferts d’animaux entre établissements. Autant de zones d’ombre qui continuent d’alimenter le débat et de fragiliser une solution pourtant présentée comme l’une des rares pistes françaises pour l’avenir des dauphins de Marineland.

Les deux orques bientôt transférés au Canada ?

Le gouvernement français a annoncé le 13 décembre dernier que Wikie et Keijo étaient destinés à rejoindre un sanctuaire marin situé en Nouvelle-Écosse, au Canada. Une étape majeure après plusieurs mois d’impasse.

Dans un communiqué officiel relayé par le Whale Sanctuary Project, le ministère de la Transition écologique a confirmé avoir formalisé cette décision, estimant que la solution canadienne constitue à ce jour l’option la plus crédible, la plus éthique et la seule pleinement conforme à la législation française pour assurer l’avenir des deux dernières orques captives du pays.

Pour autant des incertitudes demeurent. Le sanctuaire n’est pas encore pleinement opérationnel. Certaines infrastructures restent à finaliser, notamment les dispositifs de contention, les zones de soins vétérinaires et les aménagements logistiques indispensables à l’accueil d’animaux aussi sensibles. Le transfert transatlantique est également considéré comme une opération à haut risque et aucune date n'a pour le moment été avancée. 


Si la piste canadienne fait aujourd’hui relativement consensus, celui-ci reste fragile. Plusieurs associations rappellent que leur soutien dépendra du respect strict des principes de sanctuarisation.

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