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VIDÉO - Violences conjugales : à Douai, on expérimente des solutions et ça marche

Jusqu’au 25 novembre, dans le cadre du Grenelle sur les violences conjugales, plusieurs groupes de travail vont être chargés de réfléchir sur les mesures à mettre en œuvre pour enrayer ce fléau.

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Violences conjugales : la lutte continue Crédit Image : M6 | Crédit Média : M6/Louise Malnoy/Charlotte Dardelin/Diane Douzillé | Date :
Diane Douzillé
Diane Douzillé
et Sophie Merle

C'est dans un centre équestre de la banlieue de Reims que le matin du 22 mars 2017, Hélène, 28 ans, est tuée de plusieurs coups de couteau par son ex-compagnon, un mois et demi seulement après leur rupture.

Annick, sa maman témoigne : "Pour moi, c'est un crime de possession il n'a pas supporté qu'elle ose lui dire non c'est fini je ne veux plus de toi, donc il a préféré la tuer." Une semaine auparavant, son ex-compagnon avait tenté de s'introduire chez elle. Hélène avait alors déposé plainte mais ce-jour-là, les gendarmes avaient semblé minimiser la situation. "Elle ne s'est pas du tout sentie comprise quand elle a porté plainte, elle est ressortie en pleurant en disant, 'ils ne m'ont pas prise au sérieux'".

Ce n'est que le jour de sa mort qu'Annick et Anne-Sophie découvriront que sa plainte avait été classée sans suite. Depuis, les deux femmes ont décidé de s'engager en mémoire d'Hélène et de toutes les femmes, tombées sous les coups de leur compagnon.

Exfiltrer systématiquement le conjoint violent

Parmi les mesures demandées par les associations :  la création d’instances judiciaires spécialisées, le port du bracelet électronique anti-rapprochement pour les auteurs de violences, la formation des policiers et gendarmes, et le traitement systématique des plaintes.

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Mais face aux retards de la France, certains ont tenté très tôt d'enrayer le phénomène.

Luc Frémiot, ancien magistrat, fait encore office de précurseur. "C'est le parcours du combattant pour une femme qui a fait l'objet de violences. Déjà l'énergie et le courage qu'il lui faut pour aller dans un commissariat pour déposer plainte. Si elle est mal reçue, elle ne reviendra jamais".

Dès 2003, le tribunal de Douai, où il exerce, devient un laboratoire pour lutter contre ces violences. Sa mesure phare : "Exfiltrer systématiquement le conjoint violent du domicile, prendre en charge cette femme et s'occuper également des auteurs : les confier à des psychologues pour les amener à réfléchir sur les origines de leurs violences, de leur passage à l'acte."

Sa méthode fonctionne : à Douai, le taux de récidive est passé de 35% à 6%. En France, pourtant, dans l'immense majorité des affaires de violences conjugales, ce sont les victimes qui sont contraintes de fuir. Certaines parviennent à trouver une place dans des hébergements d'urgence. La France a ouvert 146 places mais selon les associations, il en faudrait au minimum 2.000 de plus.

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