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Val-d'Oise : après une longue errance médicale, une adolescente de 13 ans meurt d'un cancer du sein

VU DANS LA PRESSE - Neuf mois après l'apparition des premiers symptômes, Shiloh a succombé en décembre dernier à un angiosarcome mammaire que les médecins ont eu du mal à diagnostiquer.

Le service d'urgences d'un hôpital (illustration)
Le service d'urgences d'un hôpital (illustration)
Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP
Florine Boukhelifa

"Quand je disais que c'était un cancer, on me disait : Mais madame, un cancer du sein à 12 ans, ça n'existe pas". Diane est la maman de Shiloh, une adolescente qui a succombé le 8 décembre dernier, à l'âge de 13 ans, à une tumeur maligne, appelée angiosarcome mammaire, qui s'est développée dans son sein gauche. Selon elle, "ma fille est morte parce qu'elle avait 12 ans".

Dans les colonnes du Parisien, la mère de famille raconte un long et douloureux parcours d'errance médicale commencé neuf mois avant le décès de la jeune fille. En mars 2021, Shiloh lui montre son sein gauche sur lequel sont apparus de petits boutons et une sorte de peau d'orange. Toutes les deux se rendent alors au Centre d’imagerie de la femme de leur commune du Val-d'Oise, à Franconville.

"Elles se sont présentées sans ordonnance et sans prescription. La mère était très inquiète et demandait une mammographie pour sa fille. (...) L’enfant présentait un sein gonflé, chaud et douloureux, symptômes qui évoquaient cliniquement un processus inflammatoire ou infectieux de type mastite, infiniment plus fréquent qu’un cancer à cet âge", se souvient la direction de l'établissement, interrogée par le quotidien régional.

"Le docteur a voulu calmer et rassurer la mère de la patiente en lui expliquant que le cancer du sein n’existait pas à cet âge ou était très exceptionnel chez l’enfant", poursuit-elle. Elle précise par ailleurs que "la mammographie n’est pas recommandée par les sociétés savantes avant 30 ans", alors quand celle-ci est exceptionnellement indiquée, elle doit "faire l’objet d’une indication discutée collégialement avec un gynécologue".

"Vous n'allez pas me laisser comme ça"

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Moins d'un mois plus tard, le 6 avril, un service d'urgences estime à son tour que les symptômes de l'adolescente ressemblent à une mastite. "On nous a demandé si c’était le chat qui l’avait griffée", explique Diane, qui fustige une nouvelle fois la prise en charge de sa fille, qui se voit alors prescrire quinze jours d'antibiotiques et diriger vers un dermatologue. Le 2 mai, alors que "Shiloh était très fatiguée, elle avait du mal à tenir debout", sa condition s'aggrave : son sein s'est mis à suinter, créant des taches sur son drap.

Après un passage dans un centre hospitalier d'Argenteuil, toujours dans le Val-d'Oise, la jeune fille est de nouveau placée sous antibiotiques et hospitalisée pendant neuf jours. Avant sa prise en charge, elle est restée environ six heures aux urgences. "Shiloh avait les larmes aux yeux, elle disait : 'Vous n’allez pas me laisser comme ça'", raconte sa mère, qui évoque également une rencontre avec une assistante sociale qui aurait menacé la famille d'effectuer un signalement pour soupçons de maltraitance.

Shiloh fête ensuite son treizième anniversaire le 14 juin, presque un mois avant la réalisation d'une biopsie dont le résultat n'arrivera qu'à la fin des vacances d'été, le 28 août. Entre temps, la jeune fille est dirigée vers les urgences gynécologiques de l’Hôpital franco-britannique de Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine. Cela intervient après un rendez-vous au centre international de dermatologie situé dans la même ville, durant lequel le praticien se montre effaré par l'état de son sein.

"Il y a urgence à agir" sur les cancers pédiatriques

La sentence tant redoutée, mais qui permet enfin de poser un diagnostic tombe enfin : il s'agit bien d'un cancer, plus précisément une tumeur maligne nommée "angiosarcome mammaire de grade II". Un protocole de chimiothérapie est alors mis en place dès le 18 août à l'Institut Curie contre le cancer, mais après une brève amélioration, la tumeur se met de nouveau à progresser et des métastases s'installent. Après une dernière séance le 4 novembre, Shiloh meurt au domicile familial le 8 décembre.

Face à ce parcours chaotique, Diane et Modibo, le père de Shiloh, ont annoncé leur intention de porter plainte contre tous les établissements qui ont vu l'adolescente sans lui prescrire d'examens et contre le médecin traitant. La mère de famille en est persuadé : "Pris à temps, il y avait la possibilité qu’elle s’en sorte". De son côté, l'avocate des parents considère qu'"on n'aurait jamais dû renvoyer Shiloh chez elle dans son état. Les médecins ne savaient pas ce qu’elle avait, ils auraient dû la garder".

Toujours auprès de nos confrères du Parisien, Jean-François Corty, médecin et chercheur, profite de la médiatisation de ce drame pour lancer un appel à la prévention des cancers chez les enfants. Selon lui, les pouvoirs publics devraient considérer les cancers pédiatriques comme "une urgence sanitaire". Avec 2.500 nouveaux cas et 500 décès par an en France, "il y a urgence à agir".

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