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Usine de nickel Vale : pourquoi les tensions grimpent en Nouvelle-Calédonie

ÉCLAIRAGE - La vente de l'usine de nickel du gisement de Goro ravive les conflits entre indépendantistes et loyalistes sur l'île.

L'usine de nickel de Vale en Nouvelle-Calédonie, en mai 2015.
L'usine de nickel de Vale en Nouvelle-Calédonie, en mai 2015.
Crédit : FRED PAYET / AFP
Coline Daclin & AFP

Barrages routiers, tentatives d'intrusions dans un site Seveso, violences... Les tensions grimpent depuis plusieurs jours en Nouvelle-Calédonie autour de l'usine de nickel Vale, dans le gisement de Goro au sud de l'île. À tel point que l'usine a été évacuée jeudi 10 décembre et placée sous protection des gendarmes. 

Ce vendredi 11 décembre, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu a également lancé un appel au dialogue, lors d'une interview à la télé Calédonia. Il propose de rencontrer les responsables du Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste (FLNKS), à l'origine de la contestation, et d'organiser un "tour de table".

Les mobilisations visent la vente de l'usine de nickel, tenue actuellement par le groupe brésilien Vale, à un consortium calédonien et international. L'usine a en effet engrangé 2 milliards de dollars de perte depuis 2014. 

À l'origine des contestations, la vente de l'usine

Le consortium Prony Resources, à qui Vale a annoncé qu'il vendait l'usine, associe à hauteur de 50% des intérêts calédoniens (collectivité provinciale, salariés et société civile calédonienne), de 25% la société Trafigura basée en Suisse (géant du négoce de pétrole et métaux) et de 25% une société d'investissement multipartite

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Les indépendantistes, notamment ceux du FNLKS, auraient préféré un autre acheteur. Une offre avait en effet était faite par l'entreprise sud-coréenne Korea Zinc. Elle proposait un actionnariat à 56% détenu par les provinces du Nord, du Sud et des îles, et à 44% par l'industriel. Pour eux, cette offre permettait "de protéger le gisement de Goro des velléités croissantes de multinationales étrangères". Mais Korea Zinc s'est retiré de l'offre lundi 7 décembre. 

Des accusations envers le gouvernement

Le FLNKS et ses alliés accusent le gouvernement français d'avoir fait "de l'activisme diplomatique" pour que le groupe coréen se retire de cette affaire sensible. Ce que le ministre des outre-mer nie : "Ces sont des accusations très graves. Jamais la France n'a fait pression, au contraire la France a demandé à un pays ami, la Corée du sud, de nous mettre en contact avec Korea Zinc. Korea Zinc n'a jamais donné suite", a-t-il assuré.

Sébastien Lecornu a indiqué que l'offre de Korea Zinc "n'avait été transmise à l'État que le 29 octobre" et que ses "conditions de financement et de mise en oeuvre n'avaient jamais été précisées".  

Un contexte déjà tendu

Ces tensions s'inscrivent dans un contexte complexe en Nouvelle-Calédonie. En effet, le processus de décolonisation de l'accord de Nouméa de 1998 arrive à son terme. Le 4 octobre, le deuxième référendum sur l'indépendance a été remporté d'une courte avance par les non-indépendantistes, à un peu plus de 53,3%. Un troisième référendum doit avoir lieu d'ici 2022. 

Les indépendantistes s'opposent ainsi à l'État ainsi qu'aux loyalistes de la province Sud, propriétaires des sous-sols, dans cette affaire. 

Depuis 1998, le nickel est par ailleurs au centre des revendications indépendantistes. Ce métal, indispensable à la fabrication d'acier inoxydable, est le poumon économique du Caillou, qui détient 25% des ressources mondiales. Pour le FLNKS, le nickel est donc le socle d'une indépendance viable et doit rester "sous le contrôle de la puissance publique". 

Par ailleurs, les opposants à la vente reprochent à l'un des actionnaires, Trafigura, ses précédentes condamnations pour avoir notamment déversé des déchets toxiques en Côte d'Ivoire. Les indépendantistes avaient déjà combattu une autre offre de reprise, celle du groupe minier australien New Century Resources, qui a finalement renoncé début septembre.   

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