2 min de lecture

"Une première mondiale" : un forage confirme la présence "importante" d'hydrogène naturel dans ce village de 800 habitants

Une équipe de chercheurs a confirmé la présence d'un vaste gisement d'hydrogène naturel sous le village de Pontpierre, en Moselle. Cette découverte, inédite par son ampleur, pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour la transition énergétique, même si son exploitation industrielle reste encore incertaine.

Photographie aérienne du site de forage à Pontpierre, en Moselle, le 23 janvier 2026.

Crédit : Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP

Pontpierre, le village où la France cherche son énergie du futur

00:02:44

Pontpierre, le village où la France cherche son énergie du futur

00:02:44

William Galibert & AFP - édité par Jérémy Descours

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

À plus de 3.600 mètres sous terre, dans le sous-sol discret d'un village de Moselle, une découverte pourrait bouleverser les perspectives énergétiques mondiales. À Pontpierre, commune d'à peine 800 habitants située à une quarantaine de kilomètres de Metz, des chercheurs ont confirmé la présence d'importantes quantités d'hydrogène naturel, parfois présenté comme la plus grande réserve connue à ce jour.

Cette avancée repose sur un forage hors norme, mené cet hiver par La Française de l'Énergie. Une imposante plateforme de 41 mètres de haut, acheminée depuis l'Autriche, a permis d'atteindre une profondeur de 3.655 mètres.

Il s'agit d'une "première mondiale" et un record pour ce type d'exploration. Au total, 58 échantillons ont été prélevés, révélant plusieurs zones riches en hydrogène dissous dans les eaux souterraines.

Un gisement d'environ 34 millions de tonnes

Selon l'entreprise et ses partenaires, dont le CNRS et le laboratoire GeoRessources de l'Université de Lorraine, cette découverte constitue une étape majeure dans la compréhension de l'hydrogène naturel, aussi appelé hydrogène blanc ou natif. Sa présence avait déjà été identifiée en 2023 à proximité, à Folschviller, mais ce nouveau forage, confirme l'étendue et la continuité du phénomène à l'échelle du bassin lorrain.

À écouter aussi

Pour les chercheurs, qui ont découvert le site il y a trois ans, ce gisement pourrait être "la plus grosse réserve d'hydrogène naturel au monde".

Les premières estimations évoquent un gisement potentiel d'environ 34 millions de tonnes, s'étendant au-delà des frontières françaises, jusqu'en Belgique, au Luxembourg et en Allemagne. Un volume considérable, qui place la région au cœur des recherches mondiales sur cette ressource.

Un espoir énergétique... encore lointain

Depuis plusieurs années, l'hydrogène est régulièrement présenté comme une solution d'avenir pour décarboner l'économie. Mais jusqu'ici, son principal obstacle reste son mode de production : fabriquer de l'hydrogène nécessite beaucoup d'énergie, ce qui limite sa rentabilité et son impact environnemental.

La découverte mosellane change potentiellement la donne. Ici, l'hydrogène est présent naturellement, ce qui signifie qu'il pourrait être extrait sans passer par des procédés industriels lourds. En théorie, il suffirait de le capter, à l'image du gaz naturel exploité pendant des décennies.

Pour autant, les spécialistes appellent à la prudence. Entre la confirmation géologique d'un gisement et son exploitation industrielle, plusieurs années (parfois une ou deux décennies) peuvent s'écouler. De nombreuses inconnues subsistent : la continuité du gisement, sa capacité de renouvellement, les coûts d'extraction ou encore les technologies nécessaires pour séparer efficacement l'hydrogène de l'eau.

Une nouvelle page pour la Lorraine industrielle ?

Ce regain d'intérêt pour le sous-sol lorrain résonne avec l'histoire industrielle de la région, longtemps marquée par le charbon, le fer et la sidérurgie. Alors que ces activités ont décliné au fil des décennies, cette découverte ravive l'idée d'un renouveau énergétique.

Des travaux scientifiques vont désormais se poursuivre dans le cadre du programme Regalor II, avec des expérimentations in situ pour mesurer les concentrations et tester les technologies d'extraction. Parallèlement, La Française de l'Énergie a obtenu un permis exclusif de recherche couvrant plus de 300 communes sur 2.254 km2, preuve de l'intérêt stratégique du projet.

Dans un contexte international marqué par les tensions énergétiques et les incertitudes liées aux hydrocarbures, cette découverte rappelle que les ressources de demain pourraient se trouver là où on les attend le moins. Peut-être qu'un jour, ce n'est pas le détroit d'Ormuz qu'on saura tous localiser sur une carte, mais Pontpierre, 800 habitants en Moselle.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info