3 min de lecture Toulouse

Une femme aveugle refusée par trois chauffeurs Uber à cause de son chien

Trois chauffeurs Uber ont refusé de prendre une femme aveugle le week-end dernier à Toulouse. La raison : son chien guide aurait "sali leur voiture".

Florie et Elba devant la fontaine st-Michel à Paris
Florie et Elba devant la fontaine st-Michel à Paris Crédit : Florie/DR
Youen
Youen Tanguy Journaliste

"Je suis fatiguée de toujours devoir me battre dix fois plus que n'importe qui pour faire des choses simples." Florie est encore sous le choc de ce qui lui est arrivé le week-end dernier alors qu'elle rendait visite à son frère à Toulouse. 

Dimanche, la jeune femme, aveugle, décide de prendre un Uber pour se rendre à la gare. "Mon train était à 18h45 et j'ai commencé à commander un véhicule vers 18 heures, ce qui était amplement suffisant", raconte à RTL.fr cette Montpelliéraine de 34 ans, qui s'est également confiée à nos confrères de 20minutes.

Lorsque son chauffeur arrive, il réalise que son chien guide l'accompagne et refuse alors de la prendre en charge. "Diplomate, j'ai commencé par expliquer que j'étais aveugle et que mon chien est un chien d'assistance", se souvient-elle. Mais le chauffeur réitère son refus. Elle décide alors, à contre cœur, d'invoquer la loi.

En effet, un chauffeur de taxi ou de VTC ne peut refuser une course en raison de la présence d'un chien guide (loi n° 2005-102 du 11 février 2005). Un refus passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 450 euros.

Les chauffeurs craignaient que le chien "salisse" leur voiture

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"Mais rien à faire", nous assure-t-elle. Elle commande alors un deuxième chauffeur, puis un autre. Mais ils refusent aussi. "Le premier m'a répondu : 'Il n'y a pas de loi'. L'autre : 'C'est moi qui décide'. Et le troisième m'a carrément dit : 'Je ne parle pas avec vous' avant de partir sans dire un mot."

Selon Florie, ils craignaient tous les trois que son chien "salisse" leur voiture. Elle a pourtant expliqué que l'animal "était dressé, qu'il ne mettrait jamais une patte sur un siège de voiture et qu'on pouvait même le mettre dans le coffre". Mais là encore, rien à faire. "J'ai déjà eu de nombreux refus (taxis, VTC...), mais jamais trois fois d'affilée. C'était un cauchemar."

Le chien guide de Florie, Elba
Le chien guide de Florie, Elba Crédit : Florie

Un quatrième chauffeur finit par accepter de la prendre en charge, "non sans difficultés". La jeune femme finira par manquer son train et sera contrainte d'attendre deux heures à la gare pour le suivant. Et le problème n'est évidemment pas circonscrit à Uber. Elle a vécu des expériences similaires avec d'autres plateformes de VTC (véhicule avec chauffeur) et des chauffeurs de taxi.

"J'ai été prise en charge par des chauffeurs de taxi odieux qui, profitant que je ne vois pas, rallongeaient les trajets, annonçaient un montant différent que celui tapé sur le terminal CB ou rajoutaient un supplément pour mon chien une fois à l'arrivée alors que c'est totalement illégal", déplore-t-elle.

Uber rappelle ses chauffeurs à la loi

Comme à chaque fois qu'une telle situation se produit, Florie a immédiatement contacté Uber pour signaler ces cas. Elle affirme que la plateforme lui a "rapidement présenté ses excuses, se disant "farouchement opposée à toute discrimination" et précisant qu'elle "fera le nécessaire auprès des chauffeurs". Elle a également partagé sa mauvaise expérience sur les réseaux sociaux.

"Nous sommes navrés et extrêmement attristés de ce qui s'est passé et nous condamnons chacun de ces cas de discrimination qui reflètent absolument pas les valeurs de notre application", a assuré une porte-parole de Uber France, contactée par RTL.fr. Elle ajoute que la procédure dans le cas d'un signalement pour un cas de discrimination - à savoir la suspension temporaire du chauffeur - "a été suivie". Et de préciser qu'une "communication a été envoyée" à tous ses chauffeurs le 10 mars dernier pour "leur rappeler leurs obligations".

Une réaction qui laisse sur sa fin la principale intéressée. Quand elle demande comment lutter contre ces pratiques "de plus en plus récurrentes", elle assure n'avoir "aucune réponse". Aujourd'hui, la jeune femme se dit "fatiguée et lassée de devoir se battre pour faire des choses simples" et espère simplement que ces pratiques seront, un jour, d'un ancien temps.

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