2 min de lecture Droit du travail

Uber en difficulté après la décision de la Cour de cassation

Le chauffeur est bel et bien un salarié. La société américaine devra désormais requalifier en contrat de travail le lien entre le conducteur et la plateforme. C'est une décision validée, mercredi 4 mars, par la Cour de cassation.

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Uber en difficulté après la décision de la Cour de cassation Crédit Image : Becky Katz Davis / Uber / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Camille Descroix

Coup dur pour Uber. Une décision de la Cour de cassation a obligé la plateforme à reconnaître ses chauffeurs comme des salariés ce mercredi 4 mars. C'est tout le modèle économique qui est en train de tomber. Et cette décision va faire jurisprudence.

90 chauffeurs attendaient ce jugement pour plaider la même chose devant les tribunaux des prud'hommes. Cet arbitrage va pouvoir servir de base à tous les travailleurs de plateforme, comme les livreurs de repas.

Une décision inévitable ? Avec 30.000 chauffeurs VTC en France, dont 70% à Paris et 28.000 qui utilisent Uber, ce dernier est devenu un incontournable et les chauffeurs ne peuvent pas s'en passer. C'est d'ailleurs la société qui fixe le prix de la course, la commission et peut éjecter un chauffeur de sa plateforme de façon unilatérale s'il a une mauvaise note.

Un modèle en péril ?

Tous les chauffeurs ne voudront pas intégrer Uber en tant que salariés et certains voudront rester indépendants. Et cette décision va coûter cher : si on intègre quelques centaines de chauffeurs, il va falloir payer des charges sur leurs salaires, accorder des congés payés ou encore assurer un suivi médical.

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Il y a un peu une valeur morale dans cette décision même si le nombre d'utilisateurs continue à progresser. Il ne faut jamais oublier à quel moment la société Uber est née : en 2009, c'est une société post-subprimes. C'est une réponse à la crise de 2007-2008. Un peu comme après 1929.

Maurice Lévy avait parlé d'une société "ubérisée" pour parler de toute cette économie du partage, où des salariés créent leur propre job sur ces plateformes pour contourner le chômage ou pour s'offrir un complément de revenu en travaillant plus.

La société n'est plus prête à faire ces efforts-là ?

10 ans plus tard, les limites de ce système et de cette société, promue par les GAFA, apparaissent. Une société où nous sommes devenus de la marchandise avec l'utilisation de nos données personnelles sur Internet. Ou encore une société où le travailleur prend tous les risques pour enrichir une plateforme.

Et c'est ce statut d'auto-entrepreneur indépendant qu'on remet en cause. Même en Californie, le berceau de la société, on impose d'intégrer les chauffeurs comme salariés. Et si on regarde de plus près : Uber n'a jamais été rentable jusqu'ici en 10 ans d'existence.

Ce sera peut-être le cas à la fin de cette année. L'entreprise investit près de 500 millions de dollars dans la voiture autonome. Qu'est-ce que cela signifie ? Que l'avenir et l'espoir de rentabilité d'Uber passent par des voitures... sans chauffeur justement.

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