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"Une côte de porc ou un homard, ce sont à peu près les mêmes émissions" : les produits phares des fêtes analysés par Jean-Marc Jancovici

L'expert climat analyse les émissions de gaz à effet de serre de la coquille Saint-Jacques ou du homard, produits phares des fêtes de fin d'année.

Comment cuisiner des coquilles Saint-Jacques

Crédit : Thinkstock

"Le premier problème de la pêche en mer, c'est clairement la conservation des poissons"

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Jean-Marc Jancovici - édité par Guillaume Cros

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Quel est le rapport entre les émissions de gaz à effet de serre et les coquilles Saint-Jacques ou le homard ? En cette période de fêtes de fin d'année, l'expert climat Jean-Marc Jancovici compare sur RTL, ce samedi 27 décembre, les produits phares consommés par les Français, notamment ceux issus de la mer. "Aujourd'hui, on utilise des bateaux qui consomment du diesel. Puis derrière, il y a des camions, des entrepôts frigorifiques, la logistique... Il y a des émissions de gaz à effet de serre dans la coquille Saint-Jacques, le homard et le filet de bar", explique l'expert. 

Son association Shift Project a rendu un rapport il y a quelques semaines, en collaboration avec l'association Bloom, qui donne les émissions par kilo de produits arrivant dans l'assiette des Français. Pour les coquilles Saint-Jacques, les émissions par kilo sont à peu près les mêmes que pour les œufs, donc pas très émissifs. 

"En ce qui concerne le homard, on est à peu près au niveau du porc. Une côte de porc, un filet mignon ou un homard, ce sont à peu près les mêmes émissions", ajoute-t-il. 

La pêche moderne se fait avec des bateaux qui fonctionnent au diesel, des bateaux assez puissants. Il s'agit du premier poste d'émission de la pêche.

Jean-Marc Jancovici, expert climat

La raison ? La pêche moderne se fait avec des bateaux qui fonctionnent au diesel, des bateaux assez puissants. "Il s'agit du premier poste d'émission de la pêche. Il est loin le temps de la pêche à la voile ou avec des bateaux à rames, poursuit Jean-Marc Jancovici. Les émissions de la pêche par rapport à l'ensemble des émissions en France sont assez marginales. Les émissions en France, ce sont 400 millions de tonnes. Pour les émissions de la pêche, il s'agit de quelques millions de tonnes". 

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Il existe aussi des émissions un peu étonnantes. "Il y a cette technique de pêche, le chalut de fond. C'est une grosse poche en maille, un filet, qu'on traîne sur le fond pour attraper toutes les espèces qui vivent à côté du fond comme les écrevisses. Une partie du chalut racle le fond. De ce fait, il remet en suspension les petites particules organiques qui étaient tombées sur le fond. Cela empêche un peu la sédimentation de ces particules organiques qui est un piège à carbone. La moitié des émissions de la pêche, ce sont les émissions liées au fait qu'on traîne des chaluts de fond sur le fond", pointe le spécialiste. 

Les débarquements de pêche en France divisés par deux

Mais, le premier problème de la pêche, c'est la biodiversité, ou plus exactement les stocks de poissons. "Les débarquements de la pêche française ont été quasiment divisés par deux, par rapport au maximum il y a quelques décennies". 

Dans le monde, "les captures de la pêche en mer ont commencé à baisser depuis maintenant trente ans. Le premier problème de la pêche, c'est clairement la conservation des poissons. S'il n'y avait que le problème des émissions, on s'en tirerait bien" conclut l'expert. 

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