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Ultra-trail : la Barkley, une course dingue qui fascine

VU DANS LA PRESSE - Le magazine GQ raconte la Barkley, un ultra-trail atypique aux États-Unis. Pour 1,60 dollar et une plaque minéralogique, vous voilà parti pour une course de l'impossible.

Un coureur sur un autre ultra-trail, l'UTMB (illustration)
Un coureur sur un autre ultra-trail, l'UTMB (illustration)
Crédit : JEFF PACHOUD / AFP
Ultra-trail : la Barkley, une course dingue qui fascine
03:35
Ultra-trail : la Barkley, une course dingue qui fascine
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Isabelle Choquet
Isabelle Choquet
Animateur

C'est une course magnifique et complètement dingue : la Barkley. L’équivalent de cinq marathons à courir en soixante heures dans des montagnes sauvages, sans aucun repère. Une épreuve hors norme entre Jeux Olympiques et Koh Lanta. Elle vient d'avoir lieu, et on la découvre dans GQ.

Première singularité de la Barkley : il n’y a pas de bulletin d’inscription. Pour prendre le départ dans le Massif de Frozen Head dans le Tennessee, il faut juste écrire une lettre à l’organisateur. Il s’appelle Gary Cantrell, alias Lazarus Lake, ou "Laz". C’est gratuit ou presque : 1,60 dollar, et une plaque minéralogique de votre pays

Lazarus Lake ne retiendra que quarante personnes sur le millier de demandes annuelles. Quarante privilégiés qui recevront... une lettre de condoléances. "J’ai le regret de vous annoncer que votre candidature est acceptée." Le ton est donné : la Barkley, c’est l’enfer.

Le graal de l'ultra-trail

Jugez plutôt : cinq boucles totalisant environ 200 km à parcourir en 60 heures dans un environnement hostile où il fait soit très chaud, soit très froid. Zéro balise, pas de GPS, vous n’avez droit qu’à une carte et une boussole, et une assistance limitée au camp de base

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Autre singularité : à chaque boucle, il faut trouver une petite dizaine de livres cachés dans la forêt et arracher la page qui correspond  à votre numéro de dossard. C’est la preuve que vous avez suivi le bon tracé. 

Depuis 1986, environ un millier de coureurs ont participé à ce graal de l’ultra-trail, les courses de plus de 80 km. Mais seulement 15 l’ont terminé à temps. On les appelle les “finisseurs”. 

Courir jusqu'à en avoir des hallucinations

Pour toutes ces raisons, la Barkley fascine. "Ce n’est pas une course, dit un spécialiste, c’est un problème à résoudre : la capacité à calculer  ta position en temps réel est plus importante que les capacités physiques." D’ailleurs, ce n’est pas un hasard : parmi les "finisseurs" il y a énormément de scientifiques et d’ingénieurs. "C’est la plus frustrante des courses que j’ai faites, dit l’un d’eux, on abandonne après douze ou vingt-quatre heures sans être fatigué, mais en épuisement psychique." 

Un épuisement qui flirte avec la folie. Au bout de 160 km, tous les coureurs qui terminent la quatrième boucle vivent des hallucinations incroyables. "C’est un passage obligé, confirme un journaliste. Certains font abstraction – les ingénieurs, les esprits analytiques – et d'autres le recherchent parce que ça se rapproche de leur expérience des drogues, LSD ou autres." Un amateur français confirme : "Je me suis fait peur, une fois, en Italie. En quatre jours, j’avais dormi une heure et demie, je voyais des personnages de BD partout autour de moi."

Un "finisseur" raconte ainsi sa fin de course, après 59 heures 18 minutes et 44 secondes d’effort. "Je suis arrivé devant un grand rocher et ce rocher a pris l’apparence de Maître Yoda. Il m’a fait signe de la main, il était aussi ressemblant que possible et je lui ai dit : 'Je sais que tu n’es pas réel !'" 

Une discipline en pleine expansion

Le dépassement de soi, voilà ce que cherchent les dingos de la course à pied. En France, on compte aujourd’hui 4 650 courses de trail, dont 88 ultras. Un développement qui ne va pas sans certaines dérives. Certains coureurs d’élite peuvent s’aligner sur trois à quatre ultras par saison, plus une dizaine de courses de 40 à 50 km. Même pour un athlète d’exception, c’est terriblement lourd pour l’organisme. “Il n’y a pas de culture du dopage dans le trail, dit un ancien pro, mais les voyants sont au rouge : il faut de l’endurance, il y a une panoplie de produits efficaces, et il commence à y avoir de l’argent.” 

C'est vrai. Sauf sur la Barkley. Peu de chances que "Laz" se laisse envahir par le marketing sportif. Pour votre inscription, si vous n’avez pas 1,60 dollar, vous pouvez lui offrir une cartouche de clopes ou un pack de Dr Pepper, son soda préféré.  

Le grand reportage sur cette course impossible est à lire dans GQ du mois de mars. 

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