3 min de lecture Sécurité routière

Sécurité routière : face à l’utilisation du téléphone au volant, il faut "appeler au civisme de chacun"

INVITÉ RTL - Délégué interministériel à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe revient sur l'importance de ne pas utiliser son téléphone portable au volant, au risque de tuer quelqu'un.

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Sécurité routière : face à l'utilisation du téléphone, il faut "appeler au civisme de chacun" Crédit Image : Elodie Grégoire | Crédit Média : Vincent Parizot,Christelle Rebière | Durée : | Date : La page de l'émission
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Vincent Parizot et Christelle Rebière

Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière, a lancé avec ses équipes lors de la rentrée scolaire une nouvelle campagne de prévention sur les dangers du téléphone au volant. Conduire en utilisant son mobile multiplie par trois les risques d'accident. Le spot publicitaire diffusé sur les ondes est marquant. Intitulé "Tous touchés", il montre une jeune fille renversée à un passage piéton, et décédée sur le coup. Sa mort n'est cependant pas la seule vie impliquée; celles de ses parents, et son entourage, en seront à jamais changé.

"Je pense que David (le conducteur à l'origine de l'accident, ndlr) verra sa vie également bouleversée", confie Emmanuel Barbe. En cause : l'homme au volant lisait un texto au moment de percuter la jeune fille. "J'espère que cette campagne sera plus efficace que les autres", poursuit le délégué interministériel. "On a essayé d'utiliser cette idée que dans un accident, il y a beaucoup plus de gens que ceux que l'on voit dans l'accident (...) Cette petite fille emmène avec elle tous ceux qui vont souffrir de son décès".

De meilleures sanctions sont-elles possibles ?

À ce jour, les sanctions contre l'utilisation des téléphones portables au volant implique une amende de 135 euros et un retrait de trois points de permis. Ne faudrait-il pas durcir la loi ? Si Emmanuel Barbe ne dit pas non, il fait part de la complexité de ce genre d'infraction. "C'est pas toujours évident d'avoir un policier dans chaque voiture, ce sont des infractions pas toujours faciles à constater", souligne-t-il. C'est pour cela que selon lui, l'appel à la vigilance doit se faire directement auprès des populations. "J'en appelle plutôt au civisme de chacun. Vous pouvez tous être le père, la mère, l'enfant qui croisera quelqu'un qui est au téléphone, en train de textoter ou de poster sur Facebook".

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Depuis le salon de l'automobile, qui se tient jusqu'au 16 octobre prochain, certains préventeurs, à la demande des assureurs, font tester à ceux qui le souhaitent leurs temps de réaction lorsqu'on lit un texto. Emmanuel Barbe a fait ce test. "C'est effrayant, je suis passé de moins d'une seconde de temps de réaction, ce qui est normal, à 2,60 secondes", explique-t-il. "Tout simplement parce que j'ai lu un texto. Pendant ce temps là, la voiture avance, et la jeune fille n'ira plus à l'école", conclut-il sa démonstration.

L'aide à la conduite comme solution ?

Certains nouveaux systèmes d'aide à la conduite peuvent contribuer à rester en alerte, mais ils ne sont pas encore assez déployés et accessibles à toute la population de façon immédiate, souligne le délégué interministériel. Même s'il reconnaît qu'en une trentaine d'années, le secteur de l'automobile a réalisé d'immenses progrès en la matière. "La voiture est un facteur de sécurité majeur", confirme Emmanuel Barbe. Une directive européenne doit être approuvée par l'ensemble des états membres de l'Union européenne. "Le gouvernement français a écrit pour demander à ce que ces équipements soient rendus obligatoires", insiste-t-il. Ces équipements ce sont les systèmes de freinage d'urgence, les angles morts, la correction des dérives de trajectoire, mais aussi des équipements permettant de lutter contre la somnolence au volant et les distractions. Mais "cela prend du temps", concède Emmanuel Barbe. "Parce qu'il faut que les générations de voitures se renouvellent". 

Face à  la hausse du nombre de morts sur les routes en 2014 et 2015, Emmanuel Barbe ne s'avoue pas vaincu, "on n'a pas le droit d'être impuissant", dit-il. Et de rappeler que selon les statistiques, "là où il y a un mort, il y a sept blessés graves". Selon lui, il faut donc rester mobilisé et continuer de réveiller les consciences

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2016-10-04 14:48:00