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VIDÉO - Remboursement de l'homéopathie : les arguments des pour et des contre

ÉCLAIRAGE - Alors que la commission de la transparence de la Haute autorité de santé a rendu un avis négatif sur le sujet vendredi 28 juin, retour sur les arguments des pour et des contre le remboursement de l'homéopathie.

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Remboursement de l'homéopathie : les arguments des pour et des contre Crédit Image : FRED TANNEAU / AFP | Crédit Média : M6 info | Date :

Les "pro" du remboursement de l'homéopathie se mobilisent à la suite de la décision finale adoptée mercredi et rendue publique par la Haute autorité de santé ce vendredi 28 juin, sur laquelle devrait s'aligner le gouvernement. Ainsi, l'autorité a émis un avis négatif sur le remboursement par la sécurité sociale des traitements homéopathiques. 

Née à la fin du 18e siècle des expérimentations du médecin Samuel Hahnemann, l'homéopathie suscite de vifs débats. En France, les prises de position des médecins "contre" se sont multipliées. Le Collège national des généralistes enseignants a appelé en janvier à l'arrêt du remboursement en janvier 2019, suivi par les Académies de médecine et de pharmacie en mars dernier. L'argument principal est le manque de preuves scientifiques sur l'efficacité d'un traitement homéopathique.

Ainsi, l'association des académies des sciences européennes avait souligné en septembre 2017 qu'il n'existait "aucune preuve, scientifiquement établie et reproductible de l'efficacité des produits homéopathiques, même s'il y a parfois un effet placebo". D'après eux, l'homéopathie peut même "avoir un effet nocif en retardant la consultation d'un médecin". 

Un remboursement à hauteur de 126,8 millions d'euros

Le coût des remboursements fait partie de leur argumentation. En 2018, celui-ci s'élevait à 126,8 millions d'euros sur un total de 20 milliards pour l'ensemble des médicaments remboursés. Ce qui représente près du double de l'enveloppe promise par le gouvernement pour tenter de pallier la crise aux urgences. À ces arguments s'opposent ceux qui prônent l'existence et le remboursement de l'homéopathie.

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Bruno Falissard, pédopsychiatre et biostatisticien, nuance le manque de preuves scientifiques. Pour lui, il existe trois types d'efficacité : statistique, biologique et clinique. Si l'homéopathie n'est pas efficace d'un point de vue biologique, elle peut l'être ailleurs, notamment cliniquement. "Pleins de gens disent qu'ils sont guéris grâce à ces granules et des médecins confirment. Scientifiquement, ce n'est pas raisonnable, mais cliniquement, on ne peut pas dire que ça ne rende pas service", déclare-t-il à 20 minutes

Une atteinte à la liberté de choix des Français ?

L'argument du coût des remboursements ne convainc pas toujours. Pour Valérie Poinsot, directrice générale des laboratoires Boiron, premier producteur d'homéopathie en France, si on arrête de rembourser l'homéopathie, il y aura des effets reports sur d'autres traitements. De plus, cela menacerait 60% de l'activité su secteur, et 1.000 emplois de la compagnie, "sans compter les prestataires et nombreux sous-traitants" ajoute une employée. 

Mettre fin au remboursement de l'homéopathie serait également, pour ceux qui s'y opposent, une atteinte à la liberté de choix des Français. 

Selon un sondage Ipsos réalisé en octobre 2018, plus de la moitié des Français (58%) a déjà utilisé "plusieurs fois" des produits homéopathiques. Ces derniers semblent d'ailleurs se mobiliser. Une pétition nommée "Mon Homéo Mon Choix" a recueilli plus d'un million de signature.

Dernièrement, la Haute autorité de la santé s'est positionnée pour la fin du remboursement. Si le Gouvernement choisit de lui emboîter le pas, la France rejoindrait la Grande-Bretagne, qui ne rembourse plus les médicaments homéopathiques depuis novembre 2017.

Un avis très critiqué

Auprès des consommateurs de ces médicaments, l'avis négatif de la Haute autorité a du mal à passer : "Je pense surtout à mes petites filles qui ne se soignent qu'à ça", explique une grand-mère, inquiète que des médicaments "beaucoup plus forts (...) et mauvais pour l'organisme" ne supplantent leur traitement actuel. 

Au laboratoire Boiron, leader mondial du secteur, cette fin annoncée du remboursement est également un coup dur : "En deux mois ils ont déjà rendu leur avis, ils se sont pas basés sur les critères qu'il faut", déplore Stéphanie, préparatrice, "L'homéopathie ce n'est pas de la médecine normale, il y a des spécificités", explique-t-elle encore. 

Parmi les centaines de manifestants rassemblés à Paris et à Lyon, dont 400 personnes devant l'Hôtel de Ville de Lyon à la suite de l'appel du collectif "MonHoméoMonChoix", nombre espèrent qu'Agnès Buzyn, qui doit désormais trancher, "sera à l'écoute de tous les patients, des médecins qui soutiennent les traitements" et que la ministre "sera attentive" à leurs arguments. 

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