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Réforme des retraites : pourquoi la CFDT est-elle prise pour cible ?

ÉCLAIRAGE - Le siège de la CFDT a été pris pour cible jeudi 17 et lundi 20 janvier, en marge du mouvement contre la réforme des retraites. Pourquoi le syndicat est-il visé ?

Le siège de la CFDT à Paris (illustration)
Le siège de la CFDT à Paris (illustration) Crédit : AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

Un groupe d'individus pénètre par surprise dans les locaux de la CFDT. C'est la scène qui s'est déroulée par deux fois en l'espace de quatre jours à Paris : vendredi 17 et lundi 20 janvier. Des intrusions revendiquées par d'autres organisations s'opposant à la réforme des retraites, et condamnées par le secrétaire général du syndicat Laurent Berger.

"Ce sont des méthodes inacceptables", a réagi ce dernier sur RTL lundi 20 janvier à la suite de la deuxième intrusion. Cette fois-là, les individus, qui se revendiquaient de la CGT énergie, ont profité de leur démonstration pour couper le courant durant quelques minutes. 

Trois jours plus tôt, les locaux de la CFDT avaient également fait l'objet d'une intrusion "violente" revendiquée par la coordination RATP/SNCF, regroupant plusieurs syndicats. Deux événements révélateurs des frictions qui existent entre organisations syndicales sur la réforme des retraites.

Désaccord sur la réforme des retraites

Sur les vidéos de la première intrusion, on entend le groupe entonner des slogans visant directement Laurent Berger. "Pour l'honneur des travailleurs, et pour un monde meilleur, même si Berger ne le veut pas, nous on est là", scandent-ils une fois à l'intérieur des locaux. L'auteur de la vidéo, Anasse Kazib, "cheminot à Paris", cite dans un tweet : "Nous sommes solidaire (sic) avec les camarades de la cfdt en lutte, mais nous venons dénoncer les propos de Berger".

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Quelques jours plus tôt, ce dernier se félicitait du retrait provisoire de l'âge pivot du texte de la réforme des retraites. "Une victoire", disait-il au Journal du Dimanche en promouvant la négociation avec le gouvernement. Un discours qui s'inscrivait dans la lignée de la position adoptée par la CFDT dès le début du mouvement de contestation : "Si l'âge pivot reste dans la loi, c'est non", insistait alors Laurent Berger. Il appelle aujourd'hui les syndicats à réfléchir à une proposition alternative de financement de la réforme des retraites pour alimenter les discussions avec le gouvernement.

Cette action est juste et légitime, car elle a eu pour symbole de démontrer le rôle que joue la CFDT (...) pour dézinguer la lutte depuis le départ

Communiqué de la CGT-Énergie
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Une position contestée par certains syndicalistes des organisations Sud-Rail ou CGT qui appellent à poursuivre la mobilisation. Neuf syndicats de la CGT-Énergie, à l'origine de la deuxième intrusion, ont ainsi dénoncé dans un communiqué une réforme des retraites symbole de "régression sociale", et accusent Laurent Berger, de par sa position, d'en être complice. "Cette action (l'intrusion) est juste et légitime, car elle a eu pour symbole de démontrer le rôle que joue la CFDT mais également l’UNSA pour dézinguer la lutte depuis le départ", a-t-elle déclaré.

L'UNSA et la CFTC, syndicats réformistes sont, comme la CFDT, favorables au système de retraites universel par points, et ouverts à la négociation avec le gouvernement. C'est ce qui leur vaut d'être ciblés par d'autres syndicats qui veulent poursuivre la grève et la mobilisation jusqu'au retrait complet du projet de loi. "Entre organisations syndicales, on se doit le respect mutuel", a regretté Laurent Berger sur RTL lundi 20 janvier. Le secrétaire général de la CFDT a par ailleurs décidé de porter plainte à la suite des deux intrusions. 

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