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PPDA accusé de viols et d'agressions sexuelles : huit femmes prennent la parole

Après le classement sans suite de l’enquête visant Patrick Poivre d’Arvor, huit femmes ont accepté de témoigner dans "Libération".

Le journaliste et animateur Patrick Poivre d'Arvor (PPDA) lors d’une cérémonie de remise de prix à l'université de la Sorbonne à Paris, le 3 juillet 2009.
Le journaliste et animateur Patrick Poivre d'Arvor (PPDA) lors d’une cérémonie de remise de prix à l'université de la Sorbonne à Paris, le 3 juillet 2009.
Crédit : BERTRAND LANGLOIS / AFP
PPDA accusé de viols et d'agressions sexuelles : huit femmes prennent la parole
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Isabelle Choquet

Huit femmes témoignent contre Patrick Poivre d'Arvor dans Libération. Huit femmes qui prennent la parole parce qu'elles ont été choquées que le dossier soit classé sans suite après la plainte de Florence Porcel. Le 24 juin, le parquet de Nanterre a clos le dossier. 

Il y a pourtant de la matière : 22 femmes accusent Patrick Poivre d’Arvor, 11 ont porté plainte pour viols, agressions ou harcèlement, sur une longue période allant de 1985 à 2015. Des faits souvent prescrits. Libé a pu consulter les procès verbaux. Voici ce qu'il en ressort. Ce qui frappe d'abord, c'est que les témoignages se recoupent. Les histoires se ressemblent tellement qu’on pourrait parfois les superposer. 

Il y a d'abord la manière dont le journaliste aborde les femmes, au téléphone ou en direct, avec des questions intimes et intrusives : "Etes-vous en couple ? Etes-vous fidèle ? Etes-vous heureuse dans votre vie sexuelle ? Quand avez-vous fait l’amour pour la dernière fois ? Vous masturbez-vous ? Etes-vous nue ?" Cela se passe comme ça dès le premier échange, d’une voix qualifiée de "doucereuse", "mielleuse" ou "enveloppante", selon les récits. 

Un procédé bien rôdé

Ensuite, il y a le passage à l'acte, selon un procédé bien rôdé. PPDA avait l’habitude d’inviter des femmes à assister à son journal télévisé (le 20h de TF1), plusieurs fois par semaine. C’est ce qui est arrivé à Amélie, enseignante, au début des années 1990. Après le journal, elle a été conduite dans le bureau du présentateur. 

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"PPDA est arrivé", dit-elle, "il m’a dit 'Bonsoir, ça me fait plaisir de vous voir' et s’est assis à son bureau. Puis il s’est levé, très vite, il s’est mis devant moi, il a enlevé sa ceinture, a baissé sa braguette et m’a dit : 'J’ai été très stressé par ce journal, vous me faites une petite gâterie ?', avec une petite moue d’enfant qui veut sa récompense." Amélie refuse. "'Bon, dans ce cas-là, au revoir mademoiselle'".

"Je ne l’entends pas s’approcher"

Pas de considération, pas de séduction, c'est ce qui revient en boucle. Jusqu'à l'abus de faiblesse. C'est ce qu'a vécu Stéphanie Khayat, "violée", dit-elle "dès sa première rencontre" avec PPDA, fin 1994. Elle postulait pour travailler sur son émission Place aux Livres.
 
Rendez-vous dans le bureau, une fois de plus. "Je ne l’entends pas s’approcher", dit-elle. "Il me retourne brusquement, m’oblige à me baisser et enfonce son sexe dans ma bouche. Je ne suis pas là depuis dix minutes. Ça a été brusque, soudain, rapide. Je pesais 30 kilos. J’étais anorexique. Il était impossible de ne pas le voir."

Un "système PPDA"

Ce qui se dessine au fil des témoignages, c'est un véritable système que dénonce Muriel Reus, ancienne cadre du groupe TF1. Elle affirme qu'elle a subi une tentative d’agression sexuelle en 2005 et qu'elle a averti le PDG de TF1 dès le lendemain. Selon elle, avant même de connaître les détails, Patrick Le Lay a répondu: "Il a osé aussi avec toi ?". 

Cécile Thimoreau, elle, aurait été victime d'une agression chez Poivre d’Arvor. Elle raconte qu'elle a immédiatement prévenu le directeur de la rédaction Robert Namias. Il aurait répondu : "Il fait chier, il fait chier ! Je m’en occupe." Aujourd'hui, il assure qu'il n'a "aucun souvenir" d’une conversation de ce genre. 

Patrick Poivre d’Arvor, lui, a été entendu le 18 mai par la police judiciaire. Il a rejeté l’ensemble des accusations, mais il ne nie pas au sujet des questions intimes: "Je pense que c’est la moindre des élégances de demander à une personne qui vous plaît si elle est libre ou pas." Pour le reste, il explique: "Ces femmes ont certainement lu ce qui a été dit dans la presse. Il est possible que certaines se soient engouffrées dans la brèche. Certaines m’en veulent peut-être de les avoir oubliées."

Patrick Poivre d’Arvor, que Libé a aussi contacté, a répondu par écrit en soulignant que toutes les plaintes avaient été rejetées. Et à propos de cet article, il dénonce donc "une tentative de contournement médiatique d’une décision judiciaire."

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