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Pornhub, Tukif, Xvideos... Comment le CSA compte bloquer l'accès de certains sites porno

Sur décision judiciaire, cinq sites pornographiques parmi les plus populaires en France pourraient voir leur accès bloqué s'ils ne répondent pas aux exigences du CSA en matière de restriction d'accès aux mineurs.

Les sites pornographiques vont devoir durcir la vérification de l'âge de leurs visiteurs en France (illustration)
Les sites pornographiques vont devoir durcir la vérification de l'âge de leurs visiteurs en France (illustration)
Crédit : Pornhub
Pornhub, Tukif, Xvideos... Comment le CSA compte bloquer l'accès de certains sites porno
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Morad Djabari - édité par Quentin Marchal

Il y a deux semaines, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a mis en demeure cinq sites parmi les plus consultés dans l'Hexagone, à qui il demandait de se doter d’un dispositif fiable pour bloquer l’accès aux mineurs. Sans rectification de leur part, leur diffusion pourrait être réduite au néant.

En effet, ces sites risquent tout simplement un blocage total, un écran noir. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a effectué des constats d’huissiers et dès ce mardi 28 décembre, le CSA peut saisir le tribunal judiciaire de Paris dans le but d’exiger des opérateurs qu'ils empêchent l'accès des internautes français aux sites porno trop facilement consultables par les mineurs.

Pour cela, Michel Combot, le directeur général de la fédération française des télécoms, explique que "les opérateurs bloquent des sites à la demande du gouvernement en matière de pédopornographie ou de terrorisme en ligne". "Cette procédure existe, elle est efficace et nous bloquons aussi des sites de streaming illégaux donc le juge peut très bien décider de bloquer l'accès à un site de pornographie en ligne", ajoute-t-il.

Selon nos informations le CSA ne devrait pas prendre de décisions avant le début de la semaine prochaine, ce qui laisse encore quelques jours aux cinq sites concernés pour entrer en conformité avec la loi française, ce qui n'est toujours pas le cas pour le moment. 

Des serveurs basés à l'étranger qui compliquent les sanctions

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Concrètement, obliger les fournisseurs d'accès à bloquer ces sites apparaît comme la seule solution. C'est d'ailleurs pour cela que la procédure a mis autant de temps car il était impossible jusqu'ici de sanctionner directement ces sites. Ils sont inaccessibles et leurs serveurs sont tous basés à l'étranger.

Pornhub et xHamster sont à Chypre et appartiennent au géant du porno YouPorn, qui est domicilié juridiquement au Luxembourg. Xvideos et XNXX sont installés en République tchèque et Tukif au Portugal. Ce dernier explique par exemple que 60% des accès à son site sont des internautes français, soit environ 20 millions de visites mensuelles depuis la France.

Malgré cela, des solutions simples existent pour limiter l'accès des mineurs aux contenus pornographiques. Pour ces cinq sites concernées, il suffit de cocher une case "j'ai plus de 18 ans" pour accéder aux contenus pornographiques proposés.  Il est donc assez simple pour un adolescent de le contourner. À l'inverse, certains sites ont recours à des sociétés spécialisées dans la vérification d’identité.

"Une question de bonne volonté"

Grâce à des scans de la pièce d'identité ou encore l'estimation de l'âge de l'utilisateur par un selfie, il est plus difficile d'y accéder. Ces mesures sont assez simples à mettre en place comme le confirme le géant du divertissement pour adultes, Grégory Dorcel : "Dès que vous passer aujourd'hui une transaction payante, vous êtes identifié, reconnu et vérifié. Les moyens technologiques aujourd'hui sont multiples, très faciles à mettre en place et des milliers de sites le font chaque jour". "C'est une question de bonne volonté", estime-t-il.

La mise en place de ces mesures restrictives représente un coût négligeable pour l'industrie pornographique puisque ces sites peuvent être protégés pour "seulement" 500 euros par an. La commission nationale informatique et liberté (CNIL) est néanmoins vigilante et prévient que les sites doivent respecter plusieurs principes, avec notamment une utilisation et une conservation limitée des données.

La CNIL prévient également que l'identification des personnes avant la consultation du site ne doit pas être stricte, afin d'éviter que l'on puisse déduire l'identité et supposer l'orientation sexuelle de l'utilisateur selon le contenu visualisé.

Pour se mettre en conformité, la Cnil souhaiterait que ces sites engagent des sociétés qui permettraient d'identifier les utilisateurs au préalable, sans qu'ils ne puissent avoir accès à ces informations.

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