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Paris : malgré la trêve hivernale, le bidonville de la Petite ceinture évacué

250 personnes, dont une centaine d'enfants, ont vu leur campement démantelé, mardi 28 novembre aux aurores, après une décision du tribunal de grande instance de Paris.

Le campement Roms de La petite ceinture à Paris, le 26 octobre 2017
Le campement Roms de La petite ceinture à Paris, le 26 octobre 2017 Crédit : Thomas SAMSON / AFP
lucie valais
Lucie Valais
et AFP

Une centaine de cahutes de fortunes s'entassaient le long de l'ancienne voie de chemin de fer. Le bidonville de Roms de la Petite ceinture a été démantelé dès le lever du jour, mardi 28 novembre. 250 personnes, dont une centaine d'enfants, vivaient ici, le long des rails désaffectés, depuis plusieurs mois. Vers 7h30, les premières pelleteuses sont arrivées entre la Porte de Clignancourt et la Porte des Poissonniers, au nord de Paris.

C'est sur une décision du tribunal de grande instance, en septembre dernier, que la décision d'évacuer le campement a été prise. L'opération était attendue, la justice ayant donné aux occupants jusqu'au 10 novembre pour quitter ce terrain appartenant à la SNCF. C'est la quatrième expulsion de ce bidonville, qui a compté jusqu'à 300 personnes depuis 2015. 


L'opération s'est déroulée "dans le calme" et a mobilisé "une centaine de policiers", a précisé Yann Drouet, chef de cabinet du préfet de police de Paris. Toutefois, l'expulsion, en pleine trêve hivernale, suscite bon nombre d'interrogations.

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Des solutions d'hébergement d'urgence

En dépit du délai imposé par la justice, "113 personnes dont 55 enfants (...) ont été mises à l'abri", précise la préfecture de la région Île-de-France dans un communiqué annonçant la fin de l'évacuation. Une moitié environ des 250 à 300 personnes précédemment recensées dans le camp étaient déjà parties, une proportion "habituelle" avant une évacuation, selon Yann Drouet.

Maria, une mère de trois enfants, a pu mettre toutes ses affaires dans un petit chariot. Pour les vêtements, "on a tout mis sur nous", a-t-elle dit en montrant les différentes épaisseurs qu'elle portait. "Tout le monde a été pris en charge" à l'hôtel ou en centre d'hébergement d'urgence, a assuré Jérôme Normand, directeur de projet chargé des campements illicites à la préfecture de région, en assurant qu'un effort avait été fait pour maintenir près de Paris les familles avec des enfants scolarisés notamment.

"Ils seront à plusieurs dans le même hôtel, ce qui augmente les chances qu'ils y restent", a précisé sur place Pierre-Étienne Billot, bénévole au Secours catholique. Les hébergements seront proposés en priorité aux personnes vulnérables, aux parents d'enfants scolarisés et aux personnes se trouvant dans une démarche d'insertion, avait-on auparavant indiqué à la préfecture de région, en rappelant qu'un diagnostic social avait été réalisé sur le bidonville.

Une expulsion en pleine trêve hivernale

L'évacuation du campement de la Petite ceinture, bien que prévue, n'en était pas moins très contestée du fait de son calendrier, en pleine trêve hivernale, alors même que la loi Egalité et citoyenneté, passée en début d'année, prévoit d'étendre aux habitants des bidonvilles la suspension de toutes les expulsions pendant cette période de l'année.

Mais le tribunal avait estimé que les habitants du bidonville des Poissonniers s'étaient installés de force sur le terrain, ce qui peut constituer une exception à la loi. Plusieurs associations, dont le collectif Romeurope, avaient demandé "le respect de la trêve hivernale" pour "des raisons humanitaires" dans une lettre envoyée début novembre aux autorités.

Je veux une vie normale, comme tout le monde

Albert, jeune Rom vivant dans le bidonville de la Petite ceinture
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"Nous craignons que la nouvelle expulsion annoncée ne brise les parcours, encore fragiles, de scolarisation et de soins de ses habitants", affirmaient ces associations, dont le Secours catholique de Paris, Médecins du Monde, le Mrap ou la Ligue des droits de l'Homme. 

"Je veux une vie normale comme tout le monde", expliquait avant le démantèlement Albert, jeune Rom engagé dans un service civique, et vivant dans le bidonville. "La solution ce n'est pas deux semaines ici, un mois ailleurs", soulignait pour sa part Élena, mère de trois enfants, dont un petit Darius scolarisé dans le XVIIIe arrondissement.

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Paris : malgré la trêve hivernale, le bidonville de la Petite ceinture évacué
250 personnes, dont une centaine d'enfants, ont vu leur campement démantelé, mardi 28 novembre aux aurores, après une décision du tribunal de grande instance de Paris.
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2017-11-28 12:54:00
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