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Pourquoi une branche de la CGT est accusée d'homophobie et de sexisme

La branche Info Com' de la CGT a publié dimanche 10 mai un montage photo représentant Laurent Berger, Muriel Pénicaud et Geoffroy Roux de Bézieux en tenue se voulant référence à la pratique du sado-masochisme.

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, le 25 novembre 2019.
Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, le 25 novembre 2019. Crédit : ERIC FEFERBERG / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

Laurent Berger, habillé de cuir, un collier autour du coup. Geoffroy Roux-de-Bézieux, posant derrière lui dans des vêtements similaires, martinet à la main. C'est l'affiche qui a valu à la branche Info'Com de la CGT d'être accusée d'homophobie dimanche 10 mai. De même, un visuel représentant Muriel Pénicaud à la place du président du Medef, a été dénoncé comme étant sexiste.

"En aucun cas notre idée n’était de nous en prendre aux homosexuels. Info’Com-CGT a l’habitude des communications irrévérencieuses, caricaturales et excessives", a justifié le le syndicat dimanche soir avant de supprimer son tweet initial. Il a expliqué avoir publié ces deux images au "second degré" dans le but de dénoncer l'attitude de la CFDT - dont Laurent Berger est président - accusée de faire le jeu du patronat et du gouvernement.

Aux racines de l'histoire, le syndicat réformiste avait pris position pour la reprise du travail de l'usine Renault-Sandouville (Seine-Maritime), contre l'avis de la CGT qui venait d'obtenir en référé la fermeture du site.

Homophobie et sexisme

Cette représentation caricaturale de Laurent Berger, Muriel Pénicaud et Geoffroy Roux de Bézieux "stigmatise les relations gays" et "'le sadomasochisme' en tant que 'perversion sexuelle'", s'est indigné le porte-parole de Stop Homophobie sur Twitter en référence à un des tweets de justification de l'Info Com' CGT. La candidate écologiste aux municipales parisiennes et militante lesbienne Alice Coffin s'est elle aussi émue de ces deux affiches. "Ne pas appuyer un combat contre des oppressions en encourageant d’autres oppressions est base de toute lutte", a-t-elle réagi.

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Des accusations qui résonnent avec celles dont le syndicat avait fait l'objet en pleine grève contre la réforme des retraites. À ce moment-là, trois membres de la CGT avaient été convoqués par la direction de la RATP pour avoir tenu des propos homophobes à l'égard d'un de ses agents non-gréviste. Plusieurs associations de défense des droits LGBTQ+, dont Stop Homophobie, avaient également porté plainte pour "injure publique à raison de l'orientation sexuelle".

Plusieurs branches syndicales de la CGT et la centrale elle-même ont aussi condamné "sans réserve" les montages photos. "Ce type de communication ne fait que décrédibiliser l'action syndicale. À la CGT, nous avons d'autres arguments que ceux là, ceux de l'intérêt des travailleurs et de la justice sociale", a réagi cette dernière dans un tweet. La CFDT a elle dénoncé "une campagne immonde".

La secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes Marlène Schiappa a qualifié ces affiches de d'"homophobes, sexistes et indignes". Auprès du Huffington Post, elle s'est émue du "fait que l’émetteur du message ne comprenne pas que cette campagne est homophobe puis sexiste". "Cela montre à quel point les questions d’homophobie et de sexisme sont ancrées dans la société”.

Lundi matin, Muriel Pénicaud, visée par un des montages photos s'est exprimée sur LCI. "Je trouve ça grave que dans notre pays aujourd’hui, un syndicat puisse faire des photos montages ouvertement homophobes, sexistes et qui dénigrent le dialogue social". La ministre du Travail a par ailleurs assuré qu'elle ne s'était pas sentie "personnellement insultée".

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