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Obésité : pourquoi les campagnes sont plus touchées que les villes

ÉCLAIRAGE - Selon une étude publiée dans "Nature", l'obésité augmente plus rapidement en zone rurale qu'en zone urbaine, en raison notamment du changement des conditions de vie.

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Obésité : pourquoi les campagnes sont plus touchées que les villes Crédit Image : AFP / Jeff Haynes | Crédit Média : RTL | Date :
Photo Quentin Marchal
Quentin Marchal
et AFP

Et si, contrairement à une idée répandue, l'épidémie mondiale d'obésité provenait davantage des campagnes que du mode de vie urbain? C'est ce qu'avance une vaste étude publiée ce mercredi 8 mai dans la revue Nature.

"L'obésité augmente plus rapidement dans les zones rurales de la planète que dans les villes", écrivent les auteurs de cette étude. "Cela signifie que nous devons repenser notre manière de répondre à ce problème mondial de santé publique", estime dans un communiqué l'auteur principal, le professeur Majid Ezzati, de l'Imperial College de Londres. 

Ces travaux compilent plus de 2.000 précédentes études, portant sur 112 millions d'adultes de 200 pays entre 1985 et 2017. Les chercheurs se sont focalisés sur l'évolution de l'indice de masse corporelle (IMC) de tous ces individus durant cette période. Au-dessus de 25 pour un adulte, on est en surpoids. À partir de 30, on parle d'obésité. 

Selon l'étude, de 1985 à 2017, l'IMC a globalement augmenté de 2 points pour les femmes et de 2,2 pour les hommes, soit un gain de poids de 5 à 6 kilos en moyenne par individu. Or, "55% de cette hausse globale est due à l'augmentation observée dans les zones rurales", selon l'étude. Dans certains pays à faibles et moyens revenus, les zones rurales comptent même pour 80% de l'augmentation. "Les résultats de cette vaste étude contredisent l'idée communément répandue selon laquelle l'augmentation mondiale de l'obésité est due au fait que de plus en plus de gens vivent dans des villes", selon le Pr Ezzati. 

Une montée en flèche de l'obésité dans les pays à faibles et moyens revenus

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L'étude distingue les pays riches des pays pauvres. Dans les pays riches, l'IMC était déjà plus élevé dans les zones rurales en 1985. Le professeur Ezzati souligne que "les discours de santé publique ont tendance à se concentrer sur les aspects négatifs de la vie urbaine" alors qu'en réalité, "vivre en ville donne accès à une meilleure nutrition et à davantage d'exercice physique", poursuit-il.

À l'inverse, l'obésité dans les zones rurales des pays à faibles et moyens revenus monte en flèche, en raison du changement des conditions de vie. Ces pays sont touchés par un accès plus facile aux aliments ultra-transformés et aux boissons sucrées, dont la consommation favorise la prise de poids mais aussi par une mécanisation de l'agriculture, qui entraîne une baisse de l'activité physique. En clair, les populations de ces zones sont passées d'un problème de sous-nutrition à un problème de malnutrition

"Avec la hausse de leur niveau de vie, ces populations rurales sont confrontées à un nouveau défi, qui n'est plus de se fournir suffisamment à manger, mais de se fournir une nourriture de bonne qualité", assure le Pr Ezzati. 

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'environ 13% des adultes (11% des hommes et 15% des femmes) étaient obèses en 2016. Selon une étude publiée l'an passé, si cette tendance se confirme, près d'un quart de la population mondiale sera obèse en 2045.

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