2 min de lecture Environnement

Nucléaire : que deviennent les déchets des centrales en France ?

INFOGRAPHIE - La Cour des Comptes a rendu le 4 juillet un rapport sur le devenir des combustibles des centrales nucléaires après leur utilisation. En France, il y a plus d'1,6 million de mètres cubes de déchets à la dangerosité variable entreposés.

La centrale nucléaire de Cattenom, dans l'est de la France, le 17 octobre 2017.
La centrale nucléaire de Cattenom, dans l'est de la France, le 17 octobre 2017. Crédit : PATRICK HERTZOG / AFP
signature paul turban
Paul Turban Journaliste

"Deuxième pays producteur mondial d'électricité après les États-Unis", la France compte 58 réacteurs nucléaires. La Cour des Comptes s'est penché sur "l'aval du cycle du combustible nucléaire", comprendre le devenir des déchets nucléaires. Elle recommande de prendre en compte davantage de solutions dans la gestion de ces déchets, et souligne l'arrivée à saturation des capacité de stockage français. 

Dans son rapport, l'institution explique que les centrales nucléaires ont consommé en moyenne ces dernières années 1.141 tonnes de combustibles chaque année. 90 % de ces combustibles sont de l'uranium naturel enrichi par un procédé scientifique, les 10 % restants sont issus du recyclage de déchets nucléaires. 

Cette production d'énergie produit une grande quantité de déchets, qui s'accumulent. Plus d'1,6 million de mètres cubes de déchets sont entreposés en France. Seul 0,2 % de ces déchets, soit 3.600 mètres cubes, ont une forte radioactivité, et un peu moins de 3 %, soit 45.000 mètres cubes, ont une activité moyenne et une vie longue (plus de 31 ans). 

Les déchets nucléaires en France
Les déchets nucléaires en France Crédit : Max Leleu/RTL

À la sortie de la centrale

Comme de nombreux pays mais contrairement aux États-Unis, la France a fait le choix de recycler les combustibles usés. À La Hague (pointe du Cotentin en Normandie), ils sont séparés entre le plutonium (1 % des substances séparées), l'uranium de retraitement (95 %) et les déchets non valorisables. 

À lire aussi
Une tortue luth sur une plage de Guyane (illustration). animaux
Vendée : pourquoi des tortues luth s'échouent-elles sur les côtes ?

L'uranium de retraitement est ré-enrichi pour être réutilisé. Une technique de recyclage faite en Russie et aux Pays-Bas, mise en pause depuis 2013 mais qui devrait reprendre en 2023. Le plutonium, transporté à Marcoule (PACA), est mélangé avec un autre déchet issu de l'enrichissement de l'uranium, l'uranium appauvri. Ce mélange, le MOX, est utilisé comme combustible. 

Le stockage des déchets

Les déchets non valorisables sont des déchets de haute activité. Ils peuvent avoir une durée de vie très longue, de plusieurs centaines de milliers d'années. Pendant une cinquantaine d'années, ils sont entreposés, avant de pouvoir être enfouis, une fois leur température assez basse. Ils sont destinés à l'être à Bure, en Lorraine (projet Cigéo)

Devraient aussi être stockés à Bure les déchets de moyenne activité, composés majoritairement des éléments métalliques entourant les combustibles usés. Ils sont moins radioactifs, et attendent pour l'instant à La Hague (Normandie), Marcoule (Occitanie), Cadarache (PACA) et Valduc (Bourgogne) que soit construit le nouveau centre de stockage lorrain. 

Les doutes de la Cour des comptes

Les déchets de faible radioactivité à vie longue sont eux en attente d'une solution sur leur site de production. Il ne représente que 6 % du total des déchets. Les déchets de faible radioactivité à vie courte (vêtements de protection usagés, des outils) et ceux de très faible activité sont stockés à Soulaines-Dhuys (Champagne-Ardennes).

La Cour des Comptes souligne que la capacité d'entreposage de la France devrait atteindre à saturation prochainement : entre 2025 et 2030 pour les différents combustibles usés, 2029 pour les déchets de très faible activité (déchets inertes, gravats, béton, terre, etc.). "Les capacités d’entreposage des déchets de haute et moyenne activité à vie longue (structures métalliques entourant les combustibles usés, par exemple) peuvent se trouver sous contrainte, dans l’attente d’un stockage dans Cigéo" à Bure, souligne le rapport.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Environnement Santé Nucléaire
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants