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Migrants : "École des sans École" se bat pour scolariser les mineurs isolés

REPORTAGE - L'association "École des sans École" met en place des cours pour les mineurs isolés qui attendent d'être régularisés, et intégrer le cursus de l'Éducation nationale.

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Migrants : "École des sans École" se bat pour scolariser les mineurs isolés Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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Nicolas Burnens
édité par Ryad Ouslimani

À Paris, c'est un combat porté à bout de bras par une poignée de bénévoles : la scolarisation des mineurs étrangers isolés, qui ne sont pas reconnus par l'État. Située dans le XIIe arrondissement, "École des sans école" est une association qui s'est créée il y a deux ans, hors des radars de l'Éducation nationale. Chaque semaine, des migrants âgés entre 15 à 18 ans, suivent des enseignements de français, de maths ou encore d'anglais. RTL a suivi le travail de cette association.

Dans d'anciens locaux industriels, deux petites pièces étroites font office de salles de classe. Quelques tables alignées, des chaises, un grand pupitre et un tableau noir. Ce matin-là, le jour de la visite de RTL, ils sont une petite dizaine d'élèves, des garçons surtout, à suivre un cours de SVT. Ils parlent très peu, disciplinés, concentrés.

Les yeux plongés dans son cahier, Israël, 17 ans, prend soigneusement des notes. Il a commencé les cours, ici, il y a 1 mois. "Dans mon pays j'ai fait de la chimie et de la biologie, j'ai quand même des connaissances. L'éducation c'est la première des choses. C'est quelque chose de très émouvants parce qu'après avoir vécu tout ce que j'ai vécu, tout le monde n'a pas cette chance-là", confie cet enfant de la République démocratique du Congo.

Des jeunes sans aides, livrés à eux-mêmes

Tous ces élèves partagent cette envie viscérale d'apprendre, explique Marie-France, la professeure-bénévole. Elle indique que ces jeunes espèrent intégrer ensuite des classes de première ou de terminale. Car certains adolescents, ici, ont parfois été scolarisés plusieurs années dans leur pays, avant d'emprunter la route des migrants et rejoindre la France

Des élèves dans une classe de l'association "École des sans École"
Des élèves dans une classe de l'association "École des sans École" Crédit : Nicolas Burnens/RTL
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Sans aide des pouvoirs publics, l'association suit plus de 150 mineurs étrangers isolés, oubliés par le système scolaire. Marie-France, la professeure aujourd'hui retraitée, est une ancienne salariée de l'Éducation Nationale. "J'ai été sidérée de voir des enfants aussi grands, être presque des analphabètes à notre époque", pointe-t-elle.

Pour tenter d'être pris en charge par l'Aide Sociale à l'Enfance, ces adolescents ont souvent intenté un recours judiciaire contre l'État. En attendant, ils n'ont droit à aucune aide et sont donc livrés à eux-mêmes.

L'association "École des sans École" tente donc d'aider ces jeunes et de les extraire de leur quotidien très difficile. C'est le cas de Max, un jeune Ivoirien de 16 ans, les yeux bleus, bonnet vissé sur la tête. Il est arrivé en France il y a un an. Il s'est retrouvé seul, à errer dans la rue, avant d'être hébergé dans un hôtel par Médecins Sans Frontières. Malgré les difficultés, il suit les cours plusieurs fois par semaine. C'est une bouffée d'oxygène pour lui en attendant peut-être d'être régularisé. 

Des élèves scolarisés avec succès

Il a peu à peu retrouvé un rythme : se lever le matin, respecter des horaires, rendre des devoirs. Grâce à l'association, il a même passé des tests d'évaluation, pour tenter d'accéder au cursus classique de l'Éducation Nationale. "Moi j'aimerais obtenir mon BAC", espère-t-il. Un projet que partagent tous ses camarades. 

L'entrée des locaux de l'association "École des sans École"
L'entrée des locaux de l'association "École des sans École" Crédit : Nicolas Burnens/RTL

À force de se battre, en septembre dernier, une quarantaine d'élèves ont fait leur rentrée à l'école ou dans une formation professionnelle. "À leur place, je ne sais pas si j'aurais le courage et l'abnégation d'aller en cours sans savoir si je vais être reconnu mineur, si je veux pouvoir continuer mes études. Tous les jeunes qu'on scolarise finissent par avoir de super bulletins et être premiers de leur classe. Les profs redemandent des élèves comme eux. On ne peut pas remettre en cause ça", raconte Stéphan Laplanche, président de l'association.

Il y a quelques semaines, Max, le jeune élève ivoirien, a intégré une classe d'accueil dans un lycée des Hauts-de-Seine, une première victoire dans ce long chemin vers son intégration en France.

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