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Loi Macron : les ophtalmos en colère contre l'achat de lunettes sans ordonnance

RÉACTION - Un article de la loi Macron autorise l'achat de verres correcteurs sans ordonnance. Les ophtalmologistes prédisent une catastrophe sanitaire.

Julien Sellier RTL Petit Matin Julien Sellier iTunes RSS
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Loi Macron : les ophtalmos en colère contre l'achat de lunettes sans ordonnance Crédit Image : AFP / DENIS CHARLET | Crédit Média : Céline Landreau | Durée : | Date : La page de l'émission
Benjamin Hue
Benjamin Hue
et Céline Landreau

Les lunettes de vue vont-elles devenir un produit de consommation courante ? La mesure est passée relativement inaperçue parmi les plus de 1.000 amendements que compte la loi Macron dont le vote à l'Assemblée nationale mardi 16 juin fait peu de doute depuis que le gouvernement a choisi de passer en force à la faveur d'un nouveau recours à l'article 49.3. Un texte rend pourtant facultative l'ordonnance médicale pour les clients désireux de s'offrir des lunettes de vue. 

Validé lundi 8 juin en commission spéciale de l'Assemblée, l'article 11 du projet de loi pour l'activité et la croissance vise à supprimer un alinéa du code de la santé publique qui subordonne la délivrance de verres correcteurs à la présentation d'une prescription en cours de validité. Lors de cette séance, le rapporteur du texte Richard Ferrand (PS) a également proposé un amendement afin de supprimer l'alinéa du texte qui conditionne la durée de validité des ordonnances. 

Initialement, le texte proposé par la sénatrice Les Républicains Dominique Estrosi-Sassonne devait permettre aux opticiens de vendre des lunettes aux touristes étrangers sans ordonnance. Revu et corrigé à l'Assemblée, il vise désormais à améliorer l'accès aux soins en réduisant les délais d'attente chez les ophtalmologistes et à lever un frein à l'activité des opticiens.

La fin de la prévention oculaire ?

La suppression de l'ordonnance inquiète les professionnels de l'optique. Dénonçant une réforme sans concertation, les quelque 6.000 ophtalmologistes de France président "une catastrophe sanitaire" si le texte est voté en l'état. Le président du syndicat national des ophtalmologues français, Thierry Bour, estime qu'il signerait la fin de la prévention oculaire pour les "26 millions de Français qui passent chez l'ophtalmologiste, soit pratiquement 40% de la population". 

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"En plus de l'examen oculaire pour déterminer les lunettes, vous avez un examen complet de l’œil qui permet de faire un dépistage pour détecter les maladies à l'origine d'une baisse de vision et les maladies chroniques de l’œil qui peuvent être cécitantes.", s'alarme-t-il.

Dans Le Parisien, le président de l'association des jeunes ophtalmologues Thierry Chapron le rejoint. "Les opticiens pourront vendre des lunettes à des enfants sans qu'ils n'aient consulté", s'inquiète-t-il. Il s'étonne également que le gouvernement n'attende pas les conclusions de l'Inspection générale des affaires sociales qui a été mandatée début 2015 pour poser les bases d'une nouvelle répartition des taches entre les professionnels du secteur.

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