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Lettres à Anne : les confidences d'une boîte à chaussures

Au programme de la revue de presse du 6 octobre, les lettres de François Mitterrand à Anne Pingeot.

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La Revue de Presse du 06 octobre 2016 Crédit Image : AFP / Archives, Derrick Ceyrac | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
et La rédaction numérique de RTL

Avez vous déjà lu le journal intime de quelqu'un? L'Obs publie ce matin du 6 octobre, en exclusivité, des extraits de Lettres à Anne, un recueil des 1 268 lettres que François Mitterrand a envoyées à Anne Pingeot entre 1964 et 1995. Elle les avait gardé dans une boite à chaussures, et a fini par accepter leur publication, chez Gallimard, le 13 octobre prochain, pour éviter, disent certains proches, que ces missives ne se retrouvent éparpillées... C'est presque "trente ans d'une correspondance qui défie la raison politique par sa longévité, son intensité, son exclusivité, sa clandestinité et surtout sa qualité littéraire", écrit Jérôme Garcin dans l'hebdomadaire. Ce dernier publie une vingtaine de lettres.

Juillet 1964 : Je suis à l'instant même où je me fonds en toi. Cet accord là, Anne, tant de vies ne le posséderont jamais et ma vie, il faut que tu saches ma plus secrète vérité, n'a plus besoin de Venise illusoire, d' amour plaisir, de courses autour du monde et de soi-même depuis que tu me l'as donnée. Merci d'être celle par qui j'atteins le sommet de ma course.

François Mitterrand
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Juillet 1970 : Je t'aimerai jusqu'à la fin de moi. J'ai souvent pensé à te faire un enfant, cette responsabilité et ces conséquences évidentes ne m'effraient pas. La dernière lettre en septembre 95, je ne sais plus quoi faire de mon temps, fini, mon bonheur est de penser à toi et de t'aimer. Tu m'as toujours apporté plus, tu as été ma chance de vie.

François Mitterrand
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Le Monde des Livres, de son coté, publie des extraits du Journal pour Anne, qui sort en parallèle aussi chez Gallimard. Là, ce ne sont pas des lettres mais des collages que François Mitterrand faisait pour Anne Pingeot : coupures de presse, reproductions de tableau, tickets de cinéma... "On est entre roman graphique et scrapbooking ludique, avec une naïveté parfois adolescente, mais l'essentiel est toujours ailleurs", écrit Jean Birnbaum dans l'interminable dédicace qui permet de subvertir l'imposture du monde en célébrant la vérité de l'être aimé. Tout renvoie à Anne, à tel souvenir commun, à telle lecture partagée, ainsi ce collage d'un christ  d'Holbein que François Mitterrand légende ainsi : "Ce christ, je scrute son message, l'amour de toi m'occupe tant que me voici semblable à lui, nu devant une vérité que j'ignore". Signé le 26 juillet 1964.

Mais la guerre n'est jamais loin

"Washington - Moscou, le retour de la guerre froide", titre en une ce matin le Figaro. "Puisque les écrits de François Mitterrand sont de saison, empruntons lui quelques mots de guerre froide pour éclairer les temps présents", suggère dans son édito Arnaud de la Grange. "Les pacifistes sont à l'ouest mais les missiles eux sont à l'est"... C'est ce que disait François Mitterand aux heures les plus tendues de la crise des euromissiles. "En Syrie aussi, ceux qui discutent vainement de paix sont à l'ouest, et ceux qui bombardent sont à l'est", poursuit l'éditorialiste. Et la voix de John Kerry semble si dérisoire au milieu du vrombissement des réacteurs des chasseurs Sukhoï. Nouvelle guerre froide, l'expression est chaque jour plus justifiée, et comme Arnaud de la Grange a des lettres, il cite aussi Raymond Aron qui parlait de "paix belliqueuse". Nous y sommes.

Sur le terrain, Le Monde de cet après-midi nous apprend que les recrues étrangères de l'État islamique sont loin d'être illettrées. Conclusion d’une étude de la Banque mondiale. L’organisation djihadiste n’est pas allée chercher ses nouveaux combattants « parmi les pauvres et les moins bien formés, mais plutôt le contraire », constate l’institution qui s’appuie sur des données internes de l’EI portant sur près de 4 000 personnes. Quelque 43% ont fait des études secondaires, 25 % sont allés à l’université. Seulement 1,3 % s’est déclaré illettré, alors que plus de 50% affirment avoir eu un emploi avant de rejoindre Daesh... L'enquête, en conclusion, pointe du doigt le chômage comme une des causes d'engagement auprès de l'organisation terroriste.

La guerre aussi en football

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On connaissait La Guerre des boutons, de Louis Pergaud, voici "La Guerre des bouffons" dans L'Équipe, qui raconte ce matin comment les grands club de foot français ont boycotté, hier, l'élection à la ligue afin d'empêcher les petits clubs de prendre le pouvoir. Une bataille pathétique face à ce que Vincent Duluc appelle "le spectacle de la médiocrité des coulisses, des alliances provinciales, des trahisons capitales". Le nerf de cette guerre, c'est l'argent, plus précisément celui des droits télé. Les petits clubs réclamant plus d'argent pendant qu'on donne tout aux quatre grands qui font de l'audience. Et L'Équipe raconte comment avant-hier, veille de l'assemblée générale avortée, les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 se sont retrouvés dans deux restaurants différents à Paris pour fourbir leurs armes. Pire que des gamins.

La politique chez les enfants

Alors justement, plutôt que d'assister à ce spectacle, mieux vaudrait s'amuser à aller regarder des enfants dans un bac à sable. C'est ce que suggère le magazine Causette du mois d'octobre avec cette question en une : "Les enfants sont-ils de droite ?" En observant des enfants dans un bac à sable, force est de constater que la loi qui y règne n'est pas celle des Bisounours, traditionnellement marquée à gauche. À les regarder faire, il se distingue une nuée de petits Nicolas Sarkozy et de petites Nadine Morano en herbe s'étriper pour la possession temporaire mais exclusive d'une pelle, ou la destruction arbitraire du pâté de sable du voisin. Et vas-y que je crie, t'agresse, te menace, te chipe ton goûter, te colle un bourre pif. Surtout ne pas intervenir, écrit le magazine. Il faut laisser faire la nature, elle est de droite. C'est même le CNRS qui le dit, expérience a l'appui. On a montré à des enfants des saynètes dans lesquelles des marionnettes en dominaient d'autres, puis les enfants ont du distribuer des bonbons aux marionnettes. Ils ont tout donné aux marionnettes dominantes... Oui la cour de récré est un espace de droite, L'enfant, dit un anthropologue, est individualiste, compétitif. Il sanctionne le faible, le petit nouveau, le dissemblable, celui qui zozote. Il est pour la croissance, la hiérarchie, la force, l'ordre et la sécurité. Ce n'est que vers huit ans qu'il commence à être sensible aux inégalités. Avant cela, il aura plus que tout besoin des jupes de maman quand il a peur. Bref il est indéniablement conservateur, incontestablement de droite. Ensuite après la primaire, il faut laisser le temps au temps, auraient dit certains...

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