4 min de lecture Artisanat

Les boulangers au bord de la faillite

REPLAY - De nombreux artisans mettent la clé sous la porte en raison de la concurrence industrielle et d'un métier en mutation.

Amandine Begot La Revue de Presse La rédaction de RTL
>
Les boulangers au bord de la faillite Crédit Image : AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS | Crédit Média : RTLNET | Date :
La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

C'est un chiffre qui interpelle, et qui inquiète même toute une profession. Depuis le début de cette année 2017, un tiers des sociétés agroalimentaires placées en liquidation ou en redressement judiciaire sont des boulangeries-pâtisseries. "Métiers en voie de disparition", se demande ce matin le journal Les Échos. En 4 ans, ce sont près de 5.000 boutiques qui ont défailli. Essentiellement des petites boulangeries indépendantes et jeunes. Première explication, beaucoup n'ont pas les reins assez solides pour faire face au trou d'air quand l'activité se rétracte. "Un bon boulanger, c'est aussi un bon gérant d'entreprise et certains l'ont oublié", dit la confédération nationale. Car il faut savoir s'adapter au marché qui décline, les Français mangent moins de pain, 120g par jour, soit 30g de moins qu'en 2003 mais surtout 3 fois moins qu'en 1950 ! Et la baguette a du plomb dans l'aile, concurrencée par les pains bio, sans gluten ou aux graines. Malheur aux boulangers qui n'a pas diversifié son pain.

Et dans cette course-là, ce sont les boulangeries industrielles et les chaînes qui l'emportent, la Mie Câline, Marie Blachère, Boulangerie Louise. Elles représentent aujourd'hui près de 45% du marché français et se multiplient dans les villes moyennes, comme des petits pains... Les nuages eux aussi s'accumulent dans le ciel des petits artisans, le prix du beurre qui a doublé en un an est en train de mettre en difficulté des centaines de boulangeries dans une quasi-indifférence. "Les artisans boulangers bousculés par l'industrie", c'est à lire dans Les Échos ce matin.

Macron à la une de la presse internationale

Dans la presse aussi ce matin, Macron 1-Poutine 0. On a eu beau chercher, on n'a pas trouvé dans la presse ce matin un article critiquant la façon dont Emmanuel Macron a accueilli et parlé avec Vladimir Poutine à Versailles hier. La rencontre fait la une dans le monde entier : leur poignée de main en une du Franckfurter Allgemeine en Allemagne, portrait aussi en une du Wall Street Journal et du Financial Times. En France, la palme revient au site de L'Obs qui titre sur "l'étonnante performance d'Emmanuel Macron face à Vladimir Poutine". "Le président français a tendu la main à son homologue russe et en même temps lui a dit ses quatre vérités à la face du monde", écrit L'Obs.

À lire aussi
Hervé Quédeville, menuisier dans les Yvelines, entourés par ses Compagnons du devoir made in France
Hervé Quédeville, menuisier : "Mes Compagnons, c'est un peu comme ma famille"

"Qui aurait imaginé qu'à peine élu, Macron irait si vite et si loin avec le maître du Kremlin. Ce qu'on retiendra de cet impromptu de Versailles, c'est la splendeur du cadre et la majesté du moment", s'émerveille Guillaume Tabard dans Le Figaro. Il y avait comme "un air de dégel" flottant sous les ors du château de Versailles, à en croire Libération qui constate tout de même l'absence d'"avancées fracassantes". "Le président français a d'évidence apprivoisé le plus glacial des chefs d'État", renchérit Alain Dusart dans L'Est républicain. "Si Emmanuel Macron a mis les petits plats dans les grands pour recevoir Poutine, il n'a pas lésiné sur la sauce piquante", ironise Hervé Favre de la Voix du Nord.

La nouvelle affaire qui embarrasse le gouvernement

Mais il y a du pain sur la planche, il reste maintenant "à transformer l'essai et que ces belles paroles ne soient pas balayées à la première difficulté" ou à la première pression russe, insiste Olivier Pirot dans La Nouvelle République du Centre-Ouest. Cela dit, Emmanuel Macron ne s'est pas fait que des copains. Sur le site de Russia Today France, média financé par le Kremlin et mis en cause justement hier par Emmanuel Macron, édito cinglant de la rédactrice en chef ce matin : "En qualifiant de fausse information toute information avec laquelle il ne se montre pas d’accord, le président Macron, écrit elle, pose les bases d’un dangereux précédent qui menace à la fois la liberté d’expression et le journalisme dans son ensemble."

Sur d'autres sujets, Emmanuel Macron et sa transparence ne sont pas épargnés. "La moralisation, c'est pour quoi ?", se demande en une Le Parisien-Aujourd'hui en France, qui révèle cette nouvelle enquête préliminaire ouverte le 22 mars par le parquet de Paris visant 19 eurodéputés dont Marielle de Sarnez, nouvelle ministre des Affaires européennes. Une fausse note qui s'ajoute à celle de Richard Ferrand, empêtré dans son affaire immobilière.

Il faut sauver Notre-Dame

Du pain sur la planche aussi pour Notre-Dame de Paris. "Le monument le plus visité de Paris tombe en décrépitudenous dit ce matin Le Figaro dans ses pages cultures. La pollution ronge ses pierres, des gargouilles ont perdu leur tête, au moins trois arcs-boutants qui sous-tendent l’édifice sont au bord de l’explosion." La restauration de la flèche nécessiterait 6 à 10 millions d’euros, celle du chevet et du chœur une trentaine, et la seule sacristie une dizaine. Sauf que les quêtes et les dons ne permettent de récolter que 5 millions par an, et l'État verse 2 millions annuels à l'entretien du bâtiment. On est loin du compte.

Alors pour sauver Notre-Dame, une vaste opération vient d'être lancée pour inciter les mécènes américains à financer sa restauration. "Il n’est pas usuel, pour un curé, d’aller faire la 'danse du ventre' devant des entreprises et des mécènes, encore moins en dehors des frontières", note Le Figaro. Mais l’archevêque de Notre-Dame s’est laissé convaincre que le jeu en valait la chandelle. Pourquoi l'Amérique ? Parce que les Américains ont encore en tête les images de GI roulant dans des Jeeps sur le parvis de Notre-Dame, en 1944. Il y a aussi les centaines de milliers d'Américains qui visitent Notre-Dame chaque année, et la comédie musicale de Luc Plamondon est jouée à Las Vegas. Et puis la philanthropie américaine légendaire. N'est-ce pas la famille Rockfeller qui a volé au secours de la cathédrale de Reims en 1924. Une grande tournée sera donc lancée à travers les États-Unis l'année prochaine pour mobiliser les bonnes âmes. Qui sait, on assistera peut-être à la multiplication des pains. Ça pourrait aussi intéresser les boulangers, autre monument de notre patrimoine, à qui on dit plutôt en ce moment "aide-toi, le ciel t'aidera".

L'équipe de l'émission vous recommande
Lire la suite
Artisanat Artisans Pâtisserie
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7788763013
Les boulangers au bord de la faillite
Les boulangers au bord de la faillite
REPLAY - De nombreux artisans mettent la clé sous la porte en raison de la concurrence industrielle et d'un métier en mutation.
https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/les-boulangers-au-bord-de-la-faillite-7788763013
2017-05-30 11:31:22
https://cdn-media.rtl.fr/cache/C9R3MN9jPRJTmpAYjXVPKw/330v220-2/online/image/2015/0702/7778959895_des-baguettes-dans-une-boulangerie-illustration.jpg