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Île-de-France : la RATP lance "la guerre à la fraude"

La Région, la RATP, la SNCF et le Stif ont déclaré "la guerre à la fraude" en lançant une nouvelle campagne d'avertissement.

Des agents de la RATP sur les quais du RER (illustration).
Des agents de la RATP sur les quais du RER (illustration).
Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Michael Ducousso & AFP

"Fraudeurs, pour vous les règles ont changé". La RATP ne rigole plus avec les usagers qui ne paient pas leur trajet et elle leur fait savoir. Une campagne de communication a été dévoilée, ce mardi 20 septembre, qui déclare la "guerre à la fraude" représentée sous la forme de petits démons, mauvais conseillers des voyageurs. Des démons qui coûtent chers, puisque la fraude dans les transports d'Île-de-France est évaluée par la Cour des Comptes à 366 millions par an. 

La campagne de l'agence Havas Paris se décline en trois visuels similaires représentant un fraudeur et son démon qui l'incite à ne pas payer son billet ou à fuir en courant les contrôles. Un encart rappelle alors la peine encourue pour ces délits. On peut ainsi lire : "La fraude répétée, c'est maintenant jusqu'à 6 mois de prison et 7.500 euros d'amende" ou "Dans les transports, fuir lors d'un contrôle, c'est maintenant jusqu'à 2 mois de prison et 7.500 euros d'amende"

Le combat de Valérie Pécresse contre les fraudeurs

La campagne est lancée pour la première fois par la Région Ile-de-France, la SNCF, la RATP et le syndicat des transports en commun d'IDF (Stif), "créer un électrochoc" et "changer l'idée qu'on peut frauder en toute impunité", a expliqué Valérie Pécresse, présidente de la région et du Stif, lors d'une conférence de presse. L'élue, qui a validé la hausse du prix du pass Navigo, avait décidé de faire de cette lutte une de ses "priorités" pendant la campagne des régionales. "Au début j'ai un peu crié dans le désert", rappelle-t-elle, "mais le gouvernement s'est rallié à mon combat avec la loi Savary".

Cette loi sur les transports adoptée en mars a en effet "donné beaucoup plus de moyens coercitifs" contre les fraudeurs, qui devront désormais justifier de leur identité en cas de contrôle, et pourront à défaut, être retenus pendant 4 heures, a-t-elle rappelé, estimant que "la sanction la plus pénalisante pour quelqu'un qui se déplace, c'est le bloquer".

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La nouvelle loi interdit aussi les "mutuelles de fraudeurs", des systèmes permettant aux fraudeurs de voir leur amende acquittée via cette combine, contre le versement de quelques euros par mois, et abaisse de dix à cinq infractions le délit de fraude répétée. Elle sanctionne également plus durement les usagers contrôlés qui donnent une fausse adresse ou une fausse identité - 2 mois d'emprisonnement et 3.750 d'amende -, un délit qui entraîne des taux de recouvrement "faibles", selon Valérie Pécresse.

"171 millions d'euros de pertes théoriques de recettes" pour la RATP

L'action de l'ancienne ministre du Budget ne se limite pas à une campagne de communication. Valérie Pécresse a aussi assigné des objectifs "très concrets" d'augmentation de ces recouvrements. Il s'agit désormais pour la RATP de récupérer auprès des fraudeurs 20 millions d'euros supplémentaires, et, pour la SNCF, 10 millions d'euros.

"Fermeture" des réseaux de transports ouverts pour rendre les accès sans billets plus difficiles, augmentation du nombre de personnels assermentés pour contrôler les voyageurs, opérations de contrôles renforcées, pédagogies dans les écoles, RATP et SNCF multiplient déjà les actions pour dissuader les fraudeurs. "Nous consacrons chaque année 90 millions d'euros à la lutte contre la fraude", a expliqué la présidente de la RATP Elisabeth Borne. 

Pour l'opérateur, la fraude représente "171 millions d'euros de pertes théoriques de recettes", et 1,45 million d'infractions comptabilisées (dont 36% payées immédiatement, rapportant 20 millions), et près de 925.000 PV dressés (avec un taux de recouvrement de 15%, rapportant 7 millions d'euros).

510.000 infractions relevées par la SNCF en 2015

Du côté de la SNCF-Transilien, "le manque à gagner est de 63 millions par an", soit "l'équivalent de six trains neufs par an", a précisé son directeur général Alain Krakovitch, qui veut "éradiquer le phénomène du "saut-de-mouton" par-dessus le portique, qui est une souffrance pour les usagers et les agents". 

Sur trois millions de voyageurs, 220.000 usagers sont en infraction chaque jour, a-t-il ajouté. En 2015, 510.000 infractions ont été relevées, avec 174.000 encaissements immédiats (34%), et 336.000 PV émis (et un taux de recouvrement de 12,6%), rapportant au total 9 millions d'euros. Pour Alain Krakovitch, la campagne s'adresse "aux fraudeurs occasionnels" et "calculateurs" pour leur expliquer "qu'ils prennent un risque extrêmement fort" et "que le calcul n'est plus le même".

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