4 min de lecture Aéronautique

Un langage en haute altitude

REPLAY - Pour communiquer entre eux, pilotes, contrôleurs et personnels des aéroports utilisent un mélange d'anglais et de français, enrichi de nombreux acronymes.

Isabelle Choquet La Revue de Presse Isabelle Choquet iTunes RSS
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Un langage en haute altitude Crédit Média : RTLNET | Date :
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Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

C'est une langue universelle, qui est parlée en permanence, mais loin des oreilles de tous. Nous par exemple, ici, nous ne l'avons jamais entendue, et nous ne l'entendrons sans doute jamais, même si de toute façon, on n'y comprendrait rien. Cette langue, c'est "l'aéroais", la langue du ciel, celle qui se parle dans les cockpits. Dans Courrier International cette semaine, et alors que s'ouvre aujourd'hui au public le salon du Bourget, un pilote de ligne, Mark Vanhoenacker, a décidé de lui rendre hommage dans un long article passionnant sur ce langage parlé à chaque instant au dessus de nos têtes par les pilotes d'avion. Imaginez, explique l'auteur, un avion qui partirait de Londres pour aller à Bangkok. Les pilotes parlent d'abord à des contrôleurs britanniques, qui cèdent ensuite la place à des Belges, puis des Allemands, puis des Tchèques, des Hongrois, des Roumains, des Turcs, des Iraniens et ainsi de suite jusqu'en Thaïlande. Il va aussi croiser des avions thaïlandais qui reviennent de Paris, des Russes qui vont aux Maldives, et tout ce petit monde parvient à se parler et à se comprendre grâce à ce langage. 

Et cette langue c'est donc "l'aéroais", contraction de "aéro" et "anglais". Un langage normatif et rigide, sans fioritures, sans politesse, sans rien en trop. Un langage qui prend quasiment toutes ses racines dans le nautisme. On parle de "deck", de "bâbord", de "tribord", de "captain". Entre eux, les pilotes ne parlent pas de turbulences mais de "mountain waves" et puis, tout simplement, ils atterrissent dans un aéro...port ! "L'aéroais" est aussi fait d'acronymes qui empruntent au français, "GR" pour dire "grêle", "HN" pour "horaire de nuit". Mais le mot que notre pilote préfère, c'est celui que tous les pilotes entendent avant l'atterrissage, "decide". C'est le mot que dit tout contrôleur aérien lorsqu'un avion atteint l'altitude à laquelle il peut atterrir ou remettre les gaz, à lui de décider...

Il y a aussi ceux qui n'arrivent pas à se comprendre

La scène en dit long sur l'ambiance qui règne actuellement au sein des dirigeants de l'Union européenne. Elle s'est déroulée hier soir à Bruxelles et elle est rapportée ce matin par Le Figaro. Theresa May a eu droit à une petite humiliation. Un an jour pour jour après le Brexit, la Première ministre britannique comptait bien mettre la sortie de son pays au coeur de ce Conseil européen, mais les 27 avaient d'autres chats à fouetter. Theresa May a donc été priée de résumer en quoi son échec aux législatives du 8 juin changeait les choses, et pour cela elle a eu moins de 30 minutes, entre le café et les mignardises à la fin du dîner. Après quoi, elle a dû partir pour laisser les 27 discuter entre eux. Une petite humiliation qui illustre le nouveau rapport de forces, estime Le Figaro qui titre en une "Et si le Royaume-uni ne quittait pas l'Europe". Car la dirigeante britannique se retrouve aujourd'hui marginalisée face à ses homologues européens, qui évoquent l'hypothèse d'un maintien du pays dans l'Union. Entre Brexit hard et Brexit soft, nul ne sait plus à quel saint se vouer. Même le président du Conseil Donald Tusk se prend à y rêver et pour le dire, il en a même appelé aux mots d'un célèbre Britannique en déclarant : "Vous allez peut-être dire que je suis un rêveur, mais je ne suis pas le seul".
 
Le Brexit aura-t-il lieu, demande Paul-Henri du Limbert dans son édito du Figaro ? Sera-t-il dur, semi-dur, mou ou semi-mou ? Il ne faudrait pas que ce brouillard empêche les Européens d'y voir clair sur leur propre chemin. Les errances britanniques ont renforcé l'attachement des Européens à l'Union. Emmanuel macron et ses pairs ne doivent pas laisser passer ce moment. "Brexit deuxième manche" titre en une Libération, qui estime aussi que les Britanniques sont désormais en position de faiblesse pour entamer leurs négociations. "Faut-il désormais dire Great Britain ou Small Britain ?" demande Laurent Joffrin, avant d'ajouter, pour parler trivialement, "les partisans du hard Brexit bandent mou".

À Paris aussi, certains n'arrivent plus à se parler

C'est une scène qui est rapportée dans Le Monde de cet après midi et qui s'est déroulée il y a quelques jours à l'Hotel de Ville de Paris, où Anne Hidalgo avait convié des journalistes pour parler des JO de 2024. Soudain, une journaliste lance "on a tous envie d'avoir les Jeux à Paris ". "Pas forcément", s'étrangle un voisin de tablée. Silence gêné... l'anecdote illustre la réussite des membres du comité de candidature Paris 2024. Ils sont parvenus à circonscrire toute contestation et tout esprit critique. Les opposants à la candidature parisienne semblent avoir depuis longtemps perdu bataille dans le débat public. Mais cet unanimisme doit pourtant être relativisé. L'opposition à l'organisation des Jeux est bien réelle, écrit le journal. Des pétitions sur internet ont collecté plusieurs milliers de signatures pour dénoncer une compétition trop coûteuse, trop polluante, trop élitiste. Mais les anti-Jeux n'ont pas réussi à assurer la convergence des différentes causes qu'ils voudraient défendre. Résultat, s'il y a des opposants, ils sont inaudibles, et ce n'est sans doute pas aujourd'hui qu'on les entendra, en ce 23 juin, journée olympique mondiale.

Pour supporter cela, on leur conseillera d'écouter du metal

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C'est Le Parisien magazine qui l'affirme. L'hebdomadaire a voulu comprendre comment on pouvait aimer cette musique où la voix du chanteur est aussi saturée que le son de sa guitare. Réponse scientifique d'un musicologue : les gens qui aiment les sons contre nature ont en fait une immense faculté d'empathie. Au lieu de fuir en voyant ce guitariste chevelu, ils vont s'identifier à lui, ressentir sa puissance et sa force. C'est le phénomène du coach qui crie sur ses joueurs pour les rendre meilleurs.

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