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La publicité, quelles répercussions pour les enfants ?

REPLAY / INVITÉS RTL - Le Sénat a voté une proposition de loi prévoyant la suppression de la publicité pour les enfants dans les programmes de France Télévisions.

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Quelles sont les répercussions de la publicité pour nos enfants ? Crédit Image : JEAN AYISSI / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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Yves Calvi et Édouard Nguyen

Faut-il interdire la publicité à la télé pour nos enfants ? Le Sénat a voté le mercredi 21 octobre une proposition de loi prévoyant la suppression de la publicité dans les programmes de France Télévisions pour les enfants. Il doit maintenant passer à l'Assemblée nationale. Ce vendredi 23 octobre, le psychiatre Serge Tisseron et le publicitaire Frank Tapiro ont débattu de cette question et des possibles répercussions de la publicité sur les enfants.

"Tous les pédopsychiatres, psychiatres, médecins, pédiatres et orthophonistes condamnent aujourd'hui la publicité pour les enfants de moins de 12 ans et même un peu plus, dans les programmes qui leur sont spécifiquement destinés, commence le psychiatre Serge Tisseron. D'abord, dans une démocratie, toutes les personnes recevant un message doivent connaître la nature de ce message. Or, avant 6 ou 7 ans, l'enfant ne peut pas faire la différence entre un message publicitaire, un message d'information et un message de fiction".

"Un conflit de loyauté" chez l'enfant

"La plupart des publicités constituent les enfants en prescripteurs d'achats familiaux et pour beaucoup d'enfants, c'est un conflit terrible parce que d'un côté, ils ont l'impression que la publicité les incite à se constituer en prescripteurs d'achats familiaux et en même temps ils sentent bien qu'ils n'ont pas la connaissance du produit suffisante pour inspirer les achats". Le psychiatre décrit "un conflit psychologique qu'on retrouve d'ailleurs en thérapie chez les enfants entre ces deux exigences contradictoires, qu'on pourrait appeler un conflit de loyauté qui, ma foi, n'est pas bon à vivre."

Pour Frank Tapiro, qui comprend l'idée mais pas la répression, explique que "l'interdiction n'est jamais une bonne solution. C'est facile d'interdire, ça veut dire qu'on n'a pas trouvé la solution, qu'on n'a pas réfléchi, qu'on n'a pas été créatif ou capable de se parler". Il demande : "Pourquoi on n'a pas demandé aux publicitaires et aux médias de changer le format ? On pourrait très bien changer les formats plutôt que d'avoir 20 ou 30 secondes pendant lesquelles on répète la marque 10 fois. Comme proposer aux marques de produire des contenus sympathiques avec des petites séries d'animation où les marques sponsoriseraient ces contenus. Il y a pleins d'idées avant d'arriver à une interdiction.

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"J'étais un enfant de la pub avant d'être un publicitaire, continue-t-il. Un enfant quand il regarde la publicité, c'est un contenu comme un autre. Je dirais même qu'en télévision c'est peut-être ce qu'il y a de plus créatif. Les enfants adorent, c'est peut-être leur programme préféré." Serge Tisseron acquiesce : "Dans la publicité il y a beaucoup d'argent qui est investi, c'est beau, bien fait et intelligent, le problème c'est que c'est toxique chez les enfants et il y a beaucoup d'études qui montrent que ces publicités concernent la consommation de produits alimentaires trop gras, trop sucrés et trop salés".

"On oublie le rôle fondamental des parents"

"80% des publicités télé concernent des aliments, qui ne sont évidemment pas calculés pour la diététique" prévient le psychiatre. L'une des causes de l'obésité importante aujourd'hui serait la consommation de ces produits devant la télévision, selon lui. Pour Frank Tapiro, "on oublie le rôle fondamental des parents. Les enfants tous seuls, ils vont prendre leur carnet de chèques et leur carte bleue ? Non, on le sait très bien. Ils sont prescripteurs oui, on le sait, on joue parfois là-dessus. Mais n'oublions pas qu'en interdisant, on coupe le rôle des parents et de l'éducation."

Pour Serge Tisseron, les parents font bel et bien partie de ce processus et parfois à leur dépens. Il raconte que les publicitaires ont théorisés "le facteur caprice". C'est quand l'enfant fait un caprice dans un supermarché et que les parents, qui ont certainement honte, craquent et achètent le produit. Frank Tapiro nuance et précise que ce sont plutôt les marques qui utilisent cet argument. "En 25 ans de pub, je ne l'ai jamais entendu une seule fois dans aucune réunion. Notre but c'est de créer du désir et de l'envie".  

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