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L'incroyable succès du livret A malgré son taux d'intérêt dissuasif

REPLAY - ÉDITO - C'est le retour en grâce du livret A, plombé l'année dernière, ressuscité cette année. Il est pourtant toujours aussi mal rémunéré.

Les Français, pessimistes, épargnent
Les Français, pessimistes, épargnent
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
L'incroyable succès du livret A malgré son taux d'intérêt dissuasif
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Éric Vagnier

Le livret A a le vent en poupe. Il a drainé prés de 10 milliards d'euro depuis le début de l'année. Un constat difficile à comprendre quand on sait qu'on ne gagne plus rien avec le livret A ! Ce n'était déjà pas grand chose quand l'inflation était quasiment nulle. Mais là, avec la remontée des prix à 0,7 %, ce n'est plus rien du tout ! Le taux de rémunération est resté scotché à 0,75%. Le nouveau gouvernement n'a pas voulu appliquer le relèvement automatique qui aurait dû intervenir compte tenu de la hausse des prix. Dès lors, avec votre livret A, vous faites du sur-place.

Avec une rémunération à hauteur de 0,75%, vous compensez juste l'inflation, vous suivez l'évolution des prix sans arriver à aller plus vite... Mais pas tout à fait quand même. En faisant le calcul : avec 0,7 % d'inflation pour une rémunération de votre épargne à 0,75 %, cela fait 0,05 % d'écart. Donc avec 1.000 euros sur votre livret A, vous aurez au bout d'un an fait un gain magistral de... 50 centimes.

Pourtant, malgré ce constat peu attrayant, les milliards affluent ! On a assisté à un rebond spectaculaire. Depuis le 1er janvier, le livret A a attiré prés de 10 milliards d'euros alors que sur la même période en 2016, 340 millions seulement avait été collectés, soit 28 fois moins ! Comment l'expliquer ? En 2016, les épargnants ont boudé le livret A parce qu' il était tombé à son plus bas historique : un taux d'intérêt sous les 1% - à 0,75%, celui d'aujourd'hui, ne s'était jamais vu. Il a fallu accuser le coup. Mais les bouderies ne durent jamais longtemps. L'effet indigeste de cette baisse a fini par s'estomper et les Français ont redécouvert les vertus du livret A.

La valeur refuge

La sécurité et la stabilité sont les atouts principaux du livret A. Petit retour en arrière : on a vécu un premier semestre très incertain avec l'élection présidentielle, ses multiples rebondissements, la montée des extrêmes à droite comme à gauche. Le livret A est apparu comme une valeur refuge, intouchable quoi qu'il arrive. Et quand Emmanuel Macron, une fois élu, a confirmé qu'il ne fiscaliserait pas l'épargne réglementée, certains ont préféré ne pas prendre de risques. En attendant de savoir à quelle sauce fiscale les autres placements financiers seront mangés, remplissons tranquillement nos livrets A.

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On pense notamment à l'assurance-vie. D'ailleurs c'est une deuxième explication à cet engouement pour le livret A : l'assurance-vie , victime des taux bas de la Banque Centrale Européenne, ne rapporte plus beaucoup, à peine 2%. Une fois les prélèvements fiscaux et sociaux effectués, l'assurance-vie s'est finalement rapprochée du niveau de rémunération du livret A. Et certains se sont dits : autant choisir ce dernier. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : l'assurance-vie a perdu 10 milliards au premier semestre, le livret A en a gagné presque autant. Il y a eu forcément un jeu de vase communiquant.

Une niche plus si facile à trouver

Finalement les Français sont très attachés à leur livret A. Il sert en fait de compte courant sécurisé aux foyers modeste et de réserve d'argent facile d'accès aux ménages les plus aisés. Et puis il y a ce côté "je gère mes économies en bon père de famille". À défaut de gagner beaucoup, je ne perds rien, doublé de cette petite satisfaction qu'affectionne particulièrement les contribuables. J'échappe à l'impôt et à la CSG en mettant de l'argent sur mon livret A. Ce n'est plus si facile à trouver ce genre de niche.

Pour autant, si l'on comptait pratiquement autant de livrets A que d'habitants, c'est un constat qu'on ne peut plus établir. En un an, le nombre de livrets A a chuté de 5 millions. Il n' y en a plus que 56 millions en circulation car les pouvoirs publics et les banques ont fait le ménage : les livrets inactifs qui appartenaient souvent à des personnes décédées ont été fermés, les sommes rendues aux héritiers. Et les cumulards ont été traqués, ceux qui détenaient deux livrets A, ce qui est interdit.

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