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L'ascenseur social français profite plus aux femmes qu'aux hommes

Dans une étude publiée mercredi 20 novembre, l'Insee indique que les femmes grimpent désormais plus que les hommes sur l'échelle sociale.

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L'ascenseur social français profite plus aux femmes qu'aux hommes Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Ryad Ouslimani

L'ascenseur social ne monte pas à la même vitesse selon que vous êtes un homme et une femme, Et ce sont ces dames qui vont le plus vite ! C’est ce que nous apprend en effet l’Insee, dans le portrait social que l’institut a publié mercredi 20 novembre.

Pour les hommes, la mobilité sociale est restée quasiment stable entre 1977 et 2015, alors que celle des femmes a progressé de façon significative. Ce qui veut dire que les femmes changent aujourd’hui plus souvent de classe sociale par rapport à leur mère, que les hommes par rapport à leur père. Alors que c’était l’inverse il y a quarante ans. Mais changer de classe sociale, ça peut se faire à la hausse ou à la baisse ! L'Insee distingue les deux cas de figure.

Les femmes grignotent leur retard

28% des hommes grimpent dans l’échelle sociale, toujours par rapport à leur père. Alors que c’est 40% des femmes qui ont un statut professionnel supérieur à leur mère. C’est donc bien meilleur pour elles. 

Comment explique t-on cette poussée des femmes ? C’est bien sûr lié au changement de la société, à la généralisation du travail féminin. Ajouté à cela, les femmes d’aujourd’hui ont fait des études dans des proportions très voisines de celle des hommes. Leur ascension sociale plus importante est donc largement un rattrapage, qui intervient alors que celle des hommes se tasse, voire décline légèrement depuis une vingtaine d’années.

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Mais il y a aussi des mouvements descendants. Le taux de mobilité descendante des hommes, on appelle cela aussi le déclassement, c’est-à-dire le fait d’avoir une position sociale inférieure à celle de la génération précédente, a été multiplié par deux entre 1977 et 2015. Il y a désormais 15 hommes sur 100 qui ont dégringolé par rapport à leur père. Et chez les femmes, elles sont 12 sur 100. Un chiffre qui a lui aussi doublé sur les quarante dernières années.

La peur du déclassement

Ça veut dire que la crainte de déclassement des Français est justifiée ? En tout cas ça l’explique. Mais on attribue toujours ce déclassement à la brutalité de l’économie mondialisée. L’Insee donne un autre élément : c’est aussi tout simplement parce que la proportion de parents qui avaient un statut élevé est plus importante qu’auparavant, grâce à la mobilité sociale qui prévalait dans les "trente glorieuses". 

Les risques de descendre sont en effet bien plus importants lorsque les parents sont cadres que lorsqu’ils sont non qualifiés. Chez les fils d’ouvriers et d’employés, le taux de déclassement est ainsi de 10%, alors qu’il est de 34% chez les professions intermédiaires et de 43% chez les cadres, c’est considérable. Autrement dit, le risque de déclassement progresse avec le niveau social des parents.

Ce qu’on appelle la reproduction sociale n’est donc pas si forte ? Ce sont quand même toujours les enfants de cadres qui ont plus de chances d’être cadres à leur tour, surtout pour les femmes, et dans des proportions significatives.

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