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James Bond est un défibrillateur pour le cinéma français

Avec la sortie de son nouvel opus "Mourir peut attendre" ce mercredi 6 octobre, la saga James Bond pourrait bien relancer la fréquentation dans les salles obscures de l'Hexagone, qui a souffert cet été.

Daniel Craig dans "Mourir peut attendre"
Daniel Craig dans "Mourir peut attendre"
Crédit : Universal Pictures International France
James Bond peut-il sauver les salles de cinéma français ?
03:31
James Bond peut-il sauver les salles de cinéma français ?
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Martial You - édité par Quentin Marchal

Avec son smoking légendaire et muni de son Walther PKK, James Bond se lance dans une nouvelle mission, celle de relancer pleinement la fréquentation dans nos cinémas. Le cinéma français, en ce moment, c'est un peu comme la 2 CV jaune de James Bond en Grèce dans Rien que pour vos yeux avec Carole Bouquet. Roger Moore dévale les collines à toute allure, la "deudeuch" bondit, elle est brinquebalante et criblée de balles mais elle retombe toujours sur ses roues.

Le cinéma français est plus que jamais convalescent et avait bien besoin d'un bon James Bond pour retrouver son rythme. 007, c'est une sorte de défibrillateur pour le cinéma. Un nouvel opus de la saga, c'est aussi le retour du plus beau film publicitaire mondial. Et pour cause, 007 est le champion du placement de produits, une véritable industrie.

Un géant du luxe français confiait cette semaine qu'il avait souhaité habiller James Bond ce coup-ci et quand la production lui avait envoyé la note, il y avait un zéro de plus que ce qu'il imaginait au départ. Heineken avait payé 37 millions d'euros pour que Daniel Craig délaisse sa vodka martini pour boire une bière.

James Bond est un écosystème pour toutes les marques. Un groupe français, très discret, a ainsi été repéré en arrière-plan à deux reprises : le transporteur de container CMA-CGM dans le dernier opus.

Les spectateurs seniors toujours craintifs

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Avec la mise en place du passe sanitaire, la fréquentation dans les cinémas a fortement souffert cet été et chuté de 70%. Depuis, certains beaux succès comme Kamelott, Bac Nord ou OSS117 ont permis de redresser la barre avec un voire deux millions d'entrées.

À l'heure actuelle, nous sommes entre deux eaux : neuf millions d'entrées en septembre, c'est la moyenne basse. Si la fréquentation est en hausse de 60% par rapport à 2020 où les cinémas étaient ouverts à la rentrée, la tendance était toute autre avec un contexte de crainte extrême. Si on regarde les années précédentes, on est encore 20% en dessous.

Il faut également savoir que traditionnellement, septembre est le plus petit mois de l'année pour le cinémaJames Bond et le retour des gros blockbusters américains permettent donc de relancer la machine. Néanmoins, il y a un phénomène qu'on observe depuis le printemps : les spectateurs seniors, les 50/59 ans, plus exigeants et qui vont vers des films plus intimistes, plus ambitieux, ne sont pas revenus dans les salles obscures

Il y a sans doute encore une appréhension pour eux de se retrouver dans un lieu clos. En conséquence, un très beau film salué à Cannes comme Tout va bien se passer avec Sophie Marceau et André Dussolier a du mal à trouver son public.

Les jeunes, maillon fort dans les salles obscures

Alors que les producteurs de James Bond ont pensé un moment vendre la dernière saga, Mourir peut attendre à une plateforme de streaming, la peur du streaming plane sur l'industrie du cinéma depuis le début des années 2000. Dans les faits, le chiffre d'affaire du secteur a bondi de 44% entre 2005 et 2015 grâce aux multiplexes qui se sont développés.

Car le cinéma est un moment de vie et de partage pour les jeunes. Les pics de fréquentations sont toujours au moment des vacances scolaires par exemple et les jeunes font indéniablement vivre le septième art. Le prix de l'entrée représente 70% du chiffre d'affaires d'un multiplex, le reste, ce sont les confiseries, les jeux d'arcades et la publicité.

On le voit avec les succès de cet été : Fast and Furious, Bac Nord, Kamelott, ce sont des films à destination de la jeunesse. Actuellement, on manque, en fait de gros films américains pour tirer le marché. Là est tout le paradoxe du pays de l'exception culturelle. James Bond est là pour ça : il sort dans 800 salles ce mercredi 6 octobre et a déjà réalisé 120 millions de recettes alors qu'il n'était pas encore sorti en France et aux États-Unis.

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