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Olivia Ruiz, le 27 juin 2026 sur RTL
Crédit : RTL
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"J’ai peur. J’ai peur pour les enfants, j’ai peur pour les femmes". L’auteure-compositrice-interprète Olivia Ruiz, invitée de RTL ce samedi 27 juin, a livré sur RTL un témoignage fort sur les combats qui lui tiennent à cœur. Marraine de l’association "Moi et mes enfants", qui accompagne concrètement les familles monoparentales, Olivia Ruiz est revenue sur son engagement féministe, qu’elle porte depuis de nombreuses années.
En 2016 déjà, avant le mouvement #MeToo, sa chanson Mon corps, mon amour, parlait cru. À l’époque, elle expliquait avoir voulu écrire le portrait d’une "femme qui exprime son désir, qui exprime sa frustration". Elle refusait d’en faire "juste une victime qui supplie son mec", assumant jusqu’à la formule provocatrice de son refrain : "Je baise donc je suis".
Ce samedi, la chanteuse salue le courage de celles dont la parole s'est libérée, après les affaires Weinstein, Depardieu, ou plus récemment l'affaire Bruel qui nie les faits d'agression sexuelle et de viol dont il est accusé. Des personnalités puissantes peuvent être mises en cause, la parole se libère par rapport à eux aussi. "C’est digne d’admiration. Je suis émue par le courage de mes consœurs", réagit Olivia Ruiz.
Chaque jour qui passe nous prouve à quel point ni les femmes ni les enfants ne sont protégés dans notre pays.
Olivia Ruiz su RTL
Mais cette libération de la parole ne suffit pas à la rassurer. "Chaque jour qui passe nous prouve à quel point ni les femmes ni les enfants ne sont protégés dans notre pays. J’ai peur pour mon fils, j’ai peur pour les enfants de mon amie, j’ai peur pour les vôtres. J’ai peur. J’ai perdu confiance en mon pays."
L'artiste fait notamment référence aux 70.000 dossiers liés à des agressions sexuelles et des violences sur mineurs toujours en attente de traitement, et déplore un manque de réponse politique. "Nos engagements semblent tellement minuscules par rapport aux besoins qui sont les nôtres et on ne se sent pas écouté. Il y a une espèce de cri et on a l'impression d'avoir une assemblée de sourds face à nous. Et ça, c'est dans un pays qui reste un pays riche, avec beaucoup de possibilités, c'est dramatique..."
"Il suffit de regarder juste après la frontière, ajoute-t-elle en référence à l'Espagne, c'est possible de considérer les besoins sociaux d'un pays et de les faire passer avant des besoins parfois économiques ou autres. Pourquoi ce n'est pas possible chez nous ? Pourquoi les lois ont-elles été changées en Espagne sur l'accueil des migrants et la protection des femmes et des enfants ? Et pourquoi c'est si compliqué chez nous ? Pourquoi des mamans sont-elles obligées de se rassembler tous les lundis comme si elles n'avaient pas autre chose à faire avec les emplois du temps terribles qui sont les leurs pour avoir une foutue réponse à une nécessité absolue qui fait que chaque jour des enfants et des femmes meurent ? Ça me dépasse".
Son roman Vamos prend par la main le lecteur pour lui faire vivre plusieurs étapes du voyage de son héroïne Lola. Orlando, Essaouira, La Havane, Le Caire, Madrid ou encore Marseillette… Elle explore la quête d’identité, les blessures familiales et la résilience.
Selon elle, les différents pays traversés dans le roman ont un point commun : ils racontent l’oppression mais aussi la solidarité. "Nous sommes tous liés", insiste-t-elle. Dans un contexte marqué par la montée du Rassemblement national, elle appelle à ne jamais oublier "qu’un être humain est un être humain", quelle que soit son origine. "Il n'y a pas de raison que l'un ou l'autre ait une chance inégale".
Dans ce sens, la chanteuse a souhaité mettre en lumière l’association Archipel, située dans le 19e arrondissement de Paris, qui accompagne des mineurs isolés venus principalement d’Afrique de l’Ouest et du Nord. Ils ont fui leur pays, connu les routes de l'exil, la traversée, souvent terrible, de la Méditerranée, avant d'arriver en France. Sans solution et seuls, donc, certains d'entre eux se sont retrouvés à la rue pendant des mois avant d'être aidés. L’association assure alors une prise en charge globale jusqu’à leurs 21 ans : hébergement, suivi psychologique, accompagnement scolaire et vers l’autonomie.
Son frère, Anthony Blancarreras, psychologue au sein de la structure, témoigne des difficultés croissantes du secteur. Car malgré l’engagement des équipes, les financements se réduisent. "Les moyens manquent", regrette Olivia Ruiz. Selon elle, accueillir ces jeunes reste possible, mais leur offrir "des conditions d’une dignité minimale" devient toujours plus compliqué.
L’artiste rend aussi hommage aux travailleurs sociaux, confrontés quotidiennement à des parcours éprouvants. Son frère est aussi rappeur sous le nom de Toan et consacre une chanson, Travailleur social, à ces professionnels "qui rentrent chez eux avec le cœur lourd" après avoir accompagné des enfants, des familles et des mineurs isolés en grande détresse.
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