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Des étudiants pendant un examen (illustration)
Crédit : Anne-Christine POUJOULAT / AFP
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Le gouvernement entend durcir le ton. Dès 2026, les étudiants étrangers hors Union européenne, Norvège, Islande, Liechtenstein et Suisse, devront s’acquitter de droits d’inscription largement revus à la hausse. En licence, les frais passeront de 178 euros à 2.895 euros par an, et en master de 254 euros à 3.941 euros.
Une augmentation de 1.500% qui s’inscrit dans la volonté de faire appliquer pleinement un dispositif déjà introduit en 2019, mais resté jusqu’ici largement théorique.
Pour le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, ces montants restent mesurés : ils représenteraient environ 30% du coût réel de la formation, bien en deçà des tarifs pratiqués dans des pays comme les États-Unis ou le Royaume-Uni.
Cette réforme s’inscrit dans un nouveau plan baptisé "Choose France for Higher Education". Officiellement, il s’agit de renforcer l’attractivité de la France tout en rééquilibrant le financement de l’enseignement supérieur, notamment en orientant mieux les étudiants vers des fillières stratégiques. Objectif affiché : rendre la règle plus stricte. Désormais, les exonérations ne devront plus être la norme.
"La règle, ce sont les droits différenciés, et l’exception, l’exonération", a insisté le ministre. Concrètement, seules 10% des inscriptions d’étudiants extracommunautaires pourront encore bénéficier d’une dispense de frais, dans des cas précis.
Une rupture avec la situation actuelle : selon les données d’AEF Info, seules une dizaine d’universités appliquaient réellement ces frais différenciés à la rentrée 2025-2026. La majorité des établissements avait choisi de maintenir des exonérations, contournant de fait l’esprit de la réforme de 2019, dite "Bienvenue en France".
Face aux inquiétudes, l’exécutif a assuré que la réforme sera progressive. Les étudiants déjà engagés dans un cursus ne seront pas concernés. Des mécanismes de compensation ont également été prévus. Les profils les plus prometteurs pourront bénéficier de bourses, et des accords internationaux permettront encore certaines exonérations réciproques. À terme, la mesure pourrait rapporter jusqu’à 250 millions d’euros par an aux universités.
L’annonce a immédiatement provoqué une levée de boucliers. Les organisations étudiantes ont accusé une mesure "discriminante" qui risque d'aggraver la précarité des étudiants étrangers.
Ce mercredi 22 avril, France Universités s'est opposée à cette généralisation prochaine des droits d'inscription différenciés. Ils ont dénoncé un "nouveau coup porté à l'autonomie des universités". Avant de poursuivre : "Chacun doit pouvoir avoir les moyens de s'adapter aux enjeux de rayonnement international dans son périmètre d'excellence et de répondre aux attentes de son territoire". L'association a également alerté sur les conséquences pour la recherche: celle-ci "pourrait être elle-aussi considérablement fragilisée, la science ne connaissant pas de frontière."
La veille, Suzanne Nijdam, présidente de la Fage, s’est indignée d’une réforme qu’elle juge "dangereuse". Dans un communiqué publié le 21 avril, le Syndicat national de l’enseignement supérieur a, lui, évoqué un "mercantilisme", un "tri sélectif" et une "préférence nationale". L'organisation a dénoncé "l’imposition des frais différenciés à 90% des étudiants étrangers extracommunautaires".
Les critiques s’inscrivent dans un contexte déjà tendu. Les syndicats ont notamment rappelé la suppression de l’aide personnalisée au logement (APL) pour les étudiants étrangers, votée en février et qui entrera en vigueur au 1er juillet 2026.
Sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, les réactions se sont multipliées aussi. Certains étudiants ont dénoncé une politique qui les pousse vers la sortie : "On nous montre la route du retour", a écrit l’un d’eux, un autre a commenté : "Rentrons". Un autre utilisateur s'est indigné : "Je travaille, je cotise, je n’ai plus d’APL mais je dois encore payer plus car je suis pas européen…. J’ai jamais eu le choix moi, c’est tellement injuste".
D’autres ont ironisé sur les contradictions du système : "repas du Crous élargi à 1 euro, inscription à 3.000 euros" ou encore "Égalité, Fraternité…".
À l’inverse, certains ont relativisé la hausse en la comparant à l’international : "En Angleterre, c’est plus de 8.000 livres par an" ou encore "aux États-Unis, on dépasse les 20.000 dollars".
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