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Instagram : pourquoi un collectif féministe sollicite la Défenseure des droits contre le réseau social

ÉCLAIRAGE - Un collectif de militantes féministes a annoncé vendredi 5 février déposer une demande de saisine de la Défenseure des droits Claire Hédon. Elles accusent Instagram de discriminer leurs contenus.

Le logo d'Instagram aux États-Unis (illustration)
Le logo d'Instagram aux États-Unis (illustration)
Crédit : LOIC VENANCE / AFP
Marie Zafimehy

Elles accusent Instagram de discriminations. Un collectif de cinq militantes féministes a annoncé vendredi 5 février qu'elles sollicitaient la Défenseure des droits Claire Hédon contre le réseau social. "Nous demandons de la clarté et qu'Instagram arrête le deux poids deux mesures sur les contenus qui y sont postés", explique à RTL.fr Leane Alestra, membre du collectif.

Depuis plusieurs mois, de nombreuses propriétaires de comptes Instagram alertent sur la manière dont le réseau social supprime leur contenu ou menace de fermer leur compte. "En deux secondes tout ce que j’ai fait depuis deux ans peut disparaître", s'inquiétait ainsi auprès de RTL.fr la tatoueuse Carlotta Saracco en octobre dernier. Les photos de ses dessins sur des corps nus dérogeaient, selon le réseau social, aux règles de la communauté.

Tout cela, alors que, comme le soulignait Céline et Margaux, créatrices du podcast Entre nos lèvres, d'autres comptes postent des photos de femmes nues à longueur de temps sans être inquiétés. Seule différence : l'apparence de ces corps. Ceux considérés comme contrevenant aux règles, dénonçaient-elles, sont ceux qui ne correspondent pas aux normes attendues par la société - gros ou noirs par exemple. À la suite de ces accusations, Instagram avait annoncé modifier ses règles de modération.

Deux poids de mesures régulier

Le "deux poids deux mesures" ne concerne pas seulement les photos de nus, mais aussi des postes plus politiques comme ceux de Leane Alestra. Sur son compte @mecreantes, elle s'adonne à la vulgarisation de concepts féministes. Sa dernière publication, intitulée "les féministes extrémistes" visait "démonter la rhétorique selon laquelle il existe des bonnes et des mauvaises féministes", explique-t-elle. 

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Rapidement, celle-ci a été supprimée par Instagram - avant de réapparaître après contestation. "On pense qu’il y a des gens qui signalent en masse de manière organisée", poursuit-elle. Ce qui les empêche, elle et les autres membres du collectif, de poster des contenus politiques dénonçant le sexisme et la misogynie, alors même que certains autres ont le champ libre pour tenir des propos discriminants comme avec les hashtag #feminazi et #feminismiscancer, dénoncent-elles dans leur communiqué.

Comment faire pour que les hommes arrêtent de violer ?

La goutte d'eau s'est manifestée au début du mois, lorsque sur Twitter, la militante @Melusine_2 s'est vue suspendre son compte après avoir publié la phrase "Comment faire pour que les hommes arrêtent de violer ?". Twitter a répondu à Numerama, qu'il s'agissait d'une "erreur". Mais alors que les militantes féministes ont décidé de faire de même sur Instagram, le réseau social n'a lui pas hésité à supprimer leurs publications sans explication. Une nouvelle preuve que la modération des contenus sur le réseau social se fait de manière opaque et discriminante, selon le collectif. Contacté par RTL.fr, Instagram n'avait pas répondu à nos sollicitations au moment de la publication de cet article.

Une action juridique ?

Aujourd'hui, le collectif composé de Leane Alestra (@Mecreantes) mais aussi Anaïs Bourdet (@MauvaiseCompagnie), Pauline Harmange (@aPaulineR), et les propriétaires des comptes @preparez_vous_pour_la_bagarre et @olympereve invitent toutes les personnes se sentant victime de cette modération à saisir, comme elles, la Défenseure des Droits Claire Hédon. Le cabinet de cette dernière confirme à RTL.fr avoir reçu les demandes de saisine de la part des membres du collectif et se pencher sur le dossier pour évaluer si son organe est compétent pour traiter l'affaire. 

Le collectif est aussi assisté des avocates du cabinet Pisan, qui accompagne les victimes de violences sexuelles et sexistes. Ensemble, elles envisagent une action en justice pour demander à Facebook, propriétaire d'Instagram, davantage de transparence sur sa modération concernant le réseau social. Pour cela, toutes se disent ouvertes à une médiation et souhaitent contraindre Instagram à modérer les propos discriminants sur sa plateforme. En mars dernier, une action similaire avait été menée contre Twitter : quatre associations avaient saisi la justice pour dénoncer le manque de modération des propos racistes sur le réseau social.

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