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Incendies en Gironde : un homme en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur le feu de Landiras

Le parquet de Bordeaux avait annoncé vendredi 15 juillet privilégier la "thèse criminelle" concernant l'incendie de Landiras, qui a ravagé 12.000 hectares de forêt depuis mardi.

Un pompier prend position alors que la fumée s'élève d'un feu de forêt près de Louchats, à environ 35 km de Landiras en Gironde, le 18 juillet 2022.
Un pompier prend position alors que la fumée s'élève d'un feu de forêt près de Louchats, à environ 35 km de Landiras en Gironde, le 18 juillet 2022.
Crédit : Philippe LOPEZ / POOL / AFP
Florine Boukhelifa & AFP

En Gironde, un homme a été placé en garde à vue lundi 18 juillet dans le cadre de l'enquête sur l'incendie de Landiras, qui a brûlé 12.000 hectares de forêt depuis mardi, a annoncé la procureure de la République de Bordeaux dans un communiqué. Il s’agit d’un homme déjà connu au TAJ (traitement des antécédents judiciaires) pour des faits d’incendies volontaires. Par ailleurs, une perquisition a été menée à son domicile, et des éléments sont en cours de comparaison avec les constatations faites sur la scène de départ de l’incendie.

L'enquête en cours, "qui se poursuit avec de nombreuses expertises et des auditions de témoins", a été ouverte pour "destruction par incendie de bois, forêt, lande, maquis ou plantation d'autrui pouvant causer un dommage aux personnes" commise dans la commune de Landiras, selon Frédérique Porterie.

Le parquet avait annoncé vendredi privilégier la "thèse criminelle" pour expliquer le déclenchement de cet incendie, l'un des deux feux géants qui sévissent depuis le 12 juillet en Gironde avec celui de La Teste-de-Buch (4.700 hectares brûlés).

Ces deux sinistres en cours, qui n'avaient lundi soir pas fait de victime et peu de dégâts matériels, quatre maisons et un restaurant brûlés, ont ravagé près de 17.000 hectares de forêt et contraint environ 32.000 personnes, habitants et vacanciers, à quitter leur logement.

Un même auteur pour plusieurs départs de feux ?

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Concernant celui de Landiras, "les techniciens en identification criminelle ont pu effectuer des constations qui accréditent un acte volontairement malveillant", écrit le parquet. "Le 12 juillet, à 16h25, un garagiste qui circulait avec sa fille (...) observait (...) un véhicule stationné sur le bas côté qui démarrait rapidement à sa vue. Lorsqu'il arrivait sur le lieu du stationnement, le témoin constatait que le feu était en train de se propager. Il s'arrêtait et tentait en vain de l'éteindre", détaille la procureure.

Les enquêteurs ont fait un rapprochement entre ce sinistre et "d'autres départs de feux constatés sur la même zone le même jour mais à des horaires différents", ainsi que pour "trois autres départs de feux constatés entre le 13 et le 15 juillet", "rapidement circonscrits". Toutefois, "des indices restent à exploiter afin d'éliminer ou de retenir la thèse d'un même auteur", dit encore Frédérique Porterie.

L'enquête est menée en co-saisine par les gendarmes de la brigade de recherches de Langon et l'antenne locale de l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP).

À la Teste-de-Buch, un "drame écologique"

Concernant l'incendie de La Teste-de-Buch, près d'Arcachon, les autorités locales ont expliqué la semaine dernière qu'il était dû à une camionnette en panne ayant pris feu sur une route forestière. Une version confirmée lundi par le parquet, évoquant des "faits qui ne présentent pas de caractère criminel et s'inscrivent dans un contexte de délit involontaire".

Selon le communiqué, "un assistant technique d'un camping situé sur le secteur se dirigeait (le 12 juillet) vers la déchetterie avec un véhicule Ford Transit équipé d'une benne. Une panne subite affectait le véhicule, le conducteur descendait et s'apercevait que des flammes se développaient sous la benne. Il alertait immédiatement les pompiers mais le feu, hors de contrôle, se propageait rapidement. Quoique disposant d'un extincteur dans le véhicule, le conducteur déclarait n'avoir pas eu le temps de s'en saisir pour éteindre le feu".

"Le véhicule est toujours inaccessible" mais sera "placé sous scellé" dès que l'accès sera autorisé, a ajouté la procureure qui précise qu"'un examen technique programmé lundi n'a pu avoir lieu "compte tenu de la dangerosité du site". Cette expertise est, selon elle, "essentielle pour vérifier, notamment, l'état mécanique du véhicule et son état d'entretien avant le départ du sinistre".

Cette enquête, confiée à la police nationale, est ouverte pour "destruction involontaire par incendie de bois, forêt, lande, maquis ou plantation d'autrui due au manquement à une obligation de sécurité ou de prudence". Les magistrats du Pôle régional environnement du parquet de Bordeaux sont associés aux investigations judiciaires "afin que le préjudice environnemental de ce qui peut être qualifié de drame écologique (...) soit évalué avec précision", d'après le communiqué.

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