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Handicap : le gouvernement relance le débat des assistants sexuels

À l'approche de la conférence nationale du handicap le 11 février, Sophie Cluzel, secrétaire d'État aux personnes handicapées relance le débat concernant les assistants sexuels.

Un fauteuil roulant (illustration)
Un fauteuil roulant (illustration) Crédit : AFP
Marie Gingault et AFP

À deux jours de la conférence nationale du handicap que doit présider Emmanuel Macron, le débat concernant les assistants sexuels a été relancé ce week-end. Sophie Cluzel, secrétaire d'État aux personnes handicapées a estimé que "la société a mûri" sur le sujet, même s'il reste "tabou" et a décidé de saisir le Comité consultatif national d'éthique (CCNE).

Ce dimanche 9 février, lors du "Grand Rendez-vous" Europe 1/CNews/Les Echos, Sophie Cluzel s'est prononcée en faveur des assistants sexuels. "Je suis très favorable à ce qu'on puisse accompagner (la) vie intime, affective et sexuelle" des personnes handicapées, a déclaré la secrétaire d'État.

"Sans aucune solution adaptée", certaines personnes handicapées sont "condamnées à vivre dans une abstinence (sexuelle) non choisie", alors que "la santé sexuelle fait partie intégrante de la santé, du bien-être et de la qualité de vie dans son ensemble", a souligné Sophie Cluzel, en citant l'Organisation mondiale de la santé (OMS).


"Tout l'enjeu" de "ma politique, c'est de remettre les personnes handicapées en pleine citoyenneté, dans le respect et la dignité", a-t-elle ajouté avant de s'appuyer sur des pays ayant déjà recours à ce procédé. Des "assistants de vie sexuelle existent déjà en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse. Allons voir comment ont été formées ces personnes", a proposé la secrétaire d'État. L'Allemagne et le Danemark ont également des services d'accompagnement sexuel.

Il ne s'agit pas d'ouvrir un réseau de prostitution.

Sophie Cluzel, secrétaire d'État aux personnes handicapées
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Déjà saisi en 2002, le CCNE avait refusé la mise en place d'aidants sexuels que certaines associations souhaitaient voir autorisés en France. Le Comité consultatif national d'éthique avait jugé "difficile d'admettre que l'aide sexuelle relève d'un droit-créance". 

"Il n'est pas possible de faire de l'aide sexuelle une situation professionnelle comme les autres en raison du principe de non-utilisation marchande du corps humain", avait considéré le CCNE dans son avis, avant de poursuivre : "La complexité de ce qui y est mis en jeu nous oblige à entendre les questions dérangeantes sur la dignité, la vulnérabilité, et les limites de ce qui est éthiquement acceptable"

En recourant à des assistants sexuels, il ne s'agit pas "d'ouvrir un réseau de prostitution, cette question est totalement ridicule, à côté de la plaque", a assuré Sophie Cluzel qui estime que la "société a mûri" depuis 2002 et qu'il s'agit là d'"un vrai sujet de société".

Une vision renouvelée

Pour ce sujet "tabou dans notre société", Sophie Cluzel a saisi le Professeur Jean-François Delfraissy, président du CCNE. Dans son courrier, la secrétaire d'État juge "indispensable de rouvrir la réflexion éthique en abordant le sujet de l'assistance sexuelle avec une vision renouvelée".

Dans le Journal du Dimanche, le Professeur Delfraissy confirme "la société française évolue et le regard posé sur le handicap aussi". "Il va y avoir des débats citoyens" sur le sujet, ce qui "va nous permettre de prendre en compte les désirs et les attentes des personnes, des associations qui les accompagnent", a considéré Sophie Cluzel.

Et "quoi qu'il se passe, cela nous fera faire un bon en avant colossal dans la bien-traitance des personnes, dans le recueil de leurs désirs, de leurs attentes, dans la façon de les regarder différemment, non plus comme des objets de soins, mais bien comme des sujets de droits", a relevé la secrétaire d'Etat.

Jérémie Boroy, président du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) a salué via un tweet "l'ouverture d'un débat citoyen" sur les assistants sexuels, "loin des caricatures souvent lues et entendues sur le sujets". 

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