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Grossesse : 8 façons de s'engager pour l'égalité pendant ces 9 mois

ÉCLAIRAGE - "Le Guide féministe de la grossesse" est un ouvrage qui explore comment faire de ces 9 mois un moment pour déconstruire les stéréotypes et instaurer plus d'égalité au sein de sa famille à venir.

Une grossesse qui ne creuse pas les inégalités est possible
Une grossesse qui ne creuse pas les inégalités est possible
Crédit : iStock / Getty Images Plus
Arièle Bonte
Arièle Bonte

Être enceinte est souvent présenté par la société comme étant l'une des périodes les plus belles dans la vie d'une femme. C'est là qu'elle expérimenterait ce pourquoi son corps est fait : habiter la vie, donner naissance, perpétuer sa génération. Un cadeau tombé du ciel, n'est-ce pas ?

Ce que l'on dit moins, c'est que la grossesse peut être un moment difficile pour certaines personnes quand elle ne creuse tout simplement pas les inégalités entre les femmes et les hommes. C'est pour cela que Pihla Hintikka et Elisa Rigoulet ont écrit Le Guide féministe de la grossesse (1), un ouvrage pour "permettre aux femmes et à leur partenaire de vivre la grossesse de manière plus intelligente, éclairée et responsable", confiait le duo à Cheek Magazine

Dans ce guide d'un nouveau genre adressé aussi bien aux femmes qu'aux hommes, Pihla Hintikka et Elisa Rigoulet donnent ainsi de nombreux conseils pour mieux vivre une grossesse. Voici selon nous les étapes essentielles à retenir pour une parentalité avec le moins d'inégalités. 

1. Avant la conception : la communication

Cela paraît bête quand on y pense mais avant de concevoir un enfant, il est préférable d'en discuter avec son partenaire pour ne serait-ce qu'expliquer ses envies, ses désirs, ses limites, comment on souhaite s'investir dans la vie de l'enfant à venir. Est-on prêt ou prête à renoncer à son cours de krav-maga du mardi soir ? Dans le cas contraire, comment s'arranger ? Est-ce que votre partenaire souhaite continuer à travailler ? Est-ce que cela vous convient ?

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Bref, accueillir un enfant dans un couple n'est pas sans changements et mieux vaut les anticiper avant, se mettre d'accord sur sa vision de la parentalité avant d'entrer en conflit une fois le bébé arrivé. 

Communiquer : la clé quand on veut un bébé
Communiquer : la clé quand on veut un bébé
Crédit : iStock / Getty Images Plus

2. Pour en finir avec la vision sexiste de la conception

"Dire que le spermatozoïde pénètre l’ovule, c’est faire de lui un preux chevalier", titrait Slate sur son site en février dernier. Dans cet article, le site revenait sur cette légende de la biologie pourtant bien intégrée dans la mémoire collective : le spermatozoïde serait un "vaillant chevalier" qui irait "fusionner" avec l'ovule dont le rôle dans cette histoire ne serait que d'attendre que la gamète mâle fasse son affaire.

Or, la réalité est tout autre. L'ovule est loin d'être passif dans la reproduction, Slate parlant même d'un "partage des tâches" : le spermatozoïde ne peut en effet pas entrer dans l'ovocyte sans son consentement, pourrait-on dire. On est donc bien loin de l'image de la semence toute puissante de l'homme et en avoir conscience lorsque l'on décide d'avoir un enfant ne peut pas faire de mal. 

3. Apprendre à déconstruire les stéréotypes de genre

Maintenant qu'un premier pilier du sexisme ordinaire est tombé, il est temps de s'attaquer à un autre, comme le préconisent Pihla Hintikka et Elisa Rigoulet dans leur guide : celui du sexe du bébé.

"Préférer avoir une fille ou un garçon, c'est projeter tout un tas de construction associées de manière souvent stéréotypée au genre (...). Préférer avoir une fille ou un garçon, c'est se mettre à genoux devant le sexe biologique qui déciderait de tout".

Le duo ne jette pas la pierre à celles et ceux qui ont par exemple voulu avoir un garçon après une fille mais en y réfléchissant bien, cette idée leur paraît "absurde" tant elle "introduit clairement un premier déséquilibre nocif dans la balance".

Vouloir une fille ou un garçon c'est projeter des stéréotypes sur son futur bébé
Vouloir une fille ou un garçon c'est projeter des stéréotypes sur son futur bébé
Crédit : iStock / Getty Images Plus

En cause : les parents se projettent avec un garçon ou une fille. Se projeter, c'est forcément fantasmer. Jouer au foot avec son petit ou coiffer sa petite par exemple ? Le guide féministe de la grossesse rappelle même que des études ont montré que l'on "ne parle pas de la même manière à une fille qu'à un garçon dès les 24 heures après sa naissance".

Il est tant de libérer les bébés des injonctions liées à leur sexe et de les laisser être pour ce qu'ils sont : des nourrissons qui, filles ou garçons, ont les mêmes besoins. 

4. Être enceinte ou comment (re)prendre possession de son corps

Le corps d'une femme enceinte traverse de nombreux changements au cours des mois. Hormones, prises de poids, contact avec les autres... Ce corps semble ne plus lui appartenir. Bonne nouvelle : Le Guide féministe de la grossesse permettra à ces futures mères de reprendre possession de leur corps en les aidant à accepter l'élargissement des hanches par exemple, en rappelant que la grossesse n'est pas une maladie et donc que les femmes enceintes ne sont pas des personnes malades qui ne peuvent pas prendre des décisions par elles-mêmes. 

Enfin, quand la grossesse ne fait plus de doute aux yeux des autres, il se passe un pénible phénomène préviennent Pihla Hintikka, journaliste, et Elisa Rigoulet, curatrice et autrice spécialisée en art contemporain : les proches de la femme enceinte comme les inconnus se permettent de s'approprier son ventre, de le toucher, de discuter sur son bébé à venir comme si elle n'existait pas.

Là, le duo donne des techniques simples pour faire face à ces personnes irrespectueuses. Le secret : préparer son sens de la répartie pour définir ses limites et rappeler que derrière ce ventre il y a un être-humain.