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GM&S : 3 questions pour comprendre le dossier

Lundi 31 juillet, le tribunal de commerce de Poitiers doit rendre son jugement sur l'offre de reprise de l'équipementier automobile.

Les GM&S le 16 mai 2017
Les GM&S le 16 mai 2017
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

La fin de l'incertitude est encore loin pour les salariés de GM&S. Lundi 31 juillet, le tribunal de commerce de Poitiers devait rendre son jugement concernant l'unique offre de reprise de l'usine par le géant français de l'emboutissage GMDil a finalement décidé de le reporter en septembre.

Le 2 décembre 2016, l'usine GM&S de La Souterraine dans la Creuse est placée en redressement judiciaire. Aussitôt les salariés se mobilisent et le 6 janvier 2017, François Hollande est interpellé par des salariés lors d'un déplacement à Brive (Corrèze). Sans faire de promesse, le Président leur assure que l'Etat reste à leurs côtés pour "trouver une solution"

Mais malgré la forte mobilisation des salariés, l'intervention des pouvoirs publics, et une offre de reprise partielle, le 30 juin, le tribunal place GM&S en liquidation judiciaire dans l'espoir d'une meilleure proposition pour sauver l'usine. L'activité est elle prolongée jusqu'au 21 juillet, date du jugement initial par le tribunal de commerce de Poitiers.

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1. Pourquoi le jugement du tribunal a-t-il été reporté ?

Comme le prévoit la procédure, dès son redressement judiciaire, GM&S est mise en période d'observation - six mois pendant lesquels la situation de l'entreprise est examinée par la justice pour décider de son sort. Cette période est prolongée une fois par le tribunal jusqu'au 23 mai, puis une seconde fois jusqu'au 30 juin le temps d'examiner les options de reprise. La veille de la date butoire, le numéro un français de l'emboutissage GMD dépose son offre de reprise partielle du site. Il s'agit de la seule et unique offre de reprise de l'entreprise.

Le 24 juillet, le tribunal de commerce de Poitiers accepte, à la demande de la direction de GMD, de repousser son jugement d'une semaine afin que la direction du repreneur puisse s'assurer que toutes ses conditions sont réunies. Finalement, le tribunal décide de repousser une nouvelle fois sa décision en septembre : il prévoit ainsi de "de rouvrir les débats après avoir recueilli notamment l'avis des institutions représentatives du personnel". Les salariés espèrent profiter de cette occasion pour négocier une offre qui permettrait de garder plus d'emplois dans l'usine.

2. Que prévoit l'offre de la reprise ?

Installé dans la Creuse depuis 1963, GM&S est aujourd'hui le deuxième employeur privé du département : près de 280 salariés travaillent aujourd'hui dans l'usine de La Souterraine. L'unique offre de reprise déposée par l'entreprise GMD prévoit de sauver seulement 120 emplois : ce sont donc environ 160 emplois qui pourraient disparaître. À cela s'ajoute les 800 emplois indirects de l'usine, principal fournisseur de Renault et PSA, eux-mêmes menacés. 

Au micro de RTL le 30 juin, Benjamin Griveaux, secrétaire d'Etat auprès du ministère de l'Economie des Finances tentait de rassurer en promettant d'aller "au-delà des choses habituelles notamment sur les besoins de formation (...) On a un dispositif, qui permet d'aller jusqu'à 5.000 euros par salarié."

Le PDG de GMD, Alain Martineau s'est rendu jeudi 27 juillet à l'usine de La Souterraine dans l'espoir d'obtenir l'adhésion des salariés à son offre de reprise. Condition qu'il restait à satisfaire pour qu'il maintienne sa proposition. Parmi les autres conditions exigées par GMD figuraient également la demande d'un bail plus avantageux pour le repreneur. Finalement la direction a décidé de racheter les locaux pour un million d'euros.

GMD souhaitait enfin que PSA et Renault garantissent un carnet de commande à l'entreprise et que l'État participe à hauteur de la moitié des 15 millions d'euros d'investissements nécessaires. Des conditions obtenues au terme de longues négociations.

3. Quel a été le rôle de l'Etat ?

Face aux manifestations, blocages et actions coup-de-poing des salariés de GM&S, l'État décide d'agir. Le 27 avril, une réunion au ministère de l'Économie rassemble les représentants syndicaux et les constructeurs Renault et PSA, principaux clients de l'usine GM&S, pour les exhorter à faire plus de commandes à l'usine. Cette rencontre est un échec et les salariés rétorquent en détruisant le matériel du site.

Le 19 mai, Bruno Le Maire, nouveau ministre de l'Économie promet "tous les efforts nécessaires pour garantir l'accroissement des commandes" des constructeurs clients de GM&S". Le 9 juin, c'est Emmanuel Macron, qui face aux salariés, promet de faire "le maximum" avec la mise en place d'une "cellule de crise" pour travailler aux conditions de la reprise. 

Le 11 juillet, une nouvelle réunion a lieu à Bercy, mais les tensions ne sont pas apaisées. Les salariés bloquent l'usine Renault de Villeroy dans l'Yonne tandis que Bruno Le Maire en déplacement à La Souterraine assure que l'activité du site serait garantie pour "cinq ans"

Les salariés de GM&S se sont tous donnés rendez-vous devant le tribunal à 18 heures ce lundi, heure à laquelle le jugement devrait être rendu.

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