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Féminicide : le témoignage bouleversant d'un enfant qui a vu son père tuer sa mère

Un article de "La Croix" revient sur le témoignage d'un enfant de 5 ans qui a vu, en 2017 près de Cholet, mourir sa mère sous les coups de son père.

Une photo prise le 19 septembre 2017 au palais de justice de Rennes montre une statue de la déesse de la justice équilibrant les balances.
Une photo prise le 19 septembre 2017 au palais de justice de Rennes montre une statue de la déesse de la justice équilibrant les balances.
Crédit : LOIC VENANCE / AFP
La Revue de Presse du 27 avril 2021
03:14
La Revue de Presse du 27 avril 2021
03:14
Isabelle Choquet
Isabelle Choquet
Animateur

Ce mardi matin, j'étais plutôt partie pour vous parler de patrimoine ou de sport. J'avais une bien bonne histoire à vous raconter, des histoires qui donnent le sourire. Et puis j'ai été happée par un article du journal La Croix et par ce titre : "Papa a fait une grosse bêtise et ma maman est morte". Et pour une fois, j'ai rangé mon sourire parce que cet article à hauteur d'enfant, je ne pouvais pas l'ignorer. Il m'a bouleversée pour tout vous dire. 

La Croix revient sur un féminicide qui a été jugé la semaine dernière aux assises du Maine-et-Loire. Un homme qui a tué sa femme il y a quatre ans d'une dizaine de coups de pied en plein visage, sous les yeux de ses enfants. Ils avaient 5 ans et 18 mois. Elle s'appelait Séverine, elle avait 29 ans. C'était une chic fille apparemment, une fan de foot, surtout l'OM. 

Avec Grégory, tout était allé très vite : le premier enfant Kylian, la maison près de Cholet. puis le deuxième bébé, Elie. Grégory travaillait beaucoup, chef d'équipe dans une entreprise de volaille. Séverine s'occupait de tout dans la maison. Les amis témoignent : "Il lui parlait mal, la rabaissait". Le couple part à la dérive. 

Toi, tu aimes beaucoup tata parce que tu ne la tapes pas et tu ne lui tire pas les cheveux"

Le petit Kylian

Et puis, un jour, Grégory découvre que sa femme a une liaison. Alors, ils se séparent. Lui plonge dans la dépression, mais refuse de se soigner. Malgré tout, Séverine continue à lui amener les enfants. Il faut bien qu'ils voient leur père. C'est là qu'il commence à la frapper une première fois sur les cuisses. Puis, deux semaines plus tard, il lui fracture le nez. Elle porte plainte, mais aucune mesure de protection n'est mise en place. 

Alors, Séverine commence à avoir peur. Un jour, Kylian, son petit garçon, lui raconte que papa a dit "qu'il allait tuer maman". Alors, elle prend une assurance-vie pour ses enfants. Le petit garçon parle aussi au mari de sa nounou : "Toi, tu aimes beaucoup tata parce que tu ne la tapes pas et tu ne lui tire pas les cheveux". Un soir qu'il veut donner des coups de pied à sa mère, la nounou lui explique qu'on ne tape pas sa maman. Il lui répond que "si, papa le fait". 

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Finalement, au fil des semaines, Séverine reprend confiance. Tout va bien, apparemment. Elle reprend confiance à tort. Le 4 avril 2017, dans la cuisine familiale, la discussion dégénère et Grégory s'acharne à coups de pieds. "Sept fractures au niveau du visage", dit l'expert médico-légal. Du sang partout sur le sol, les placards, les murs, au plafond. Kylian jouait dehors au tracteur, mais à ce moment-là, il est rentré pour retrouver son petit frère. Il voit tout. 

"J'ai tapé papa"

Au procès, une vidéo a été diffusée, un entretien réalisé entre un gendarme et le petit garçon le lendemain de la mort de sa mère. Le petit bonhomme de presque 6 ans est assis sur une chaise. Avec ses mots d'enfant, il raconte l'impensable. "Maman, elle était à la maison et papa, il a poussé maman, et puis lui a donné un coup de pied. Il y avait plein de sang partout et après, je dis que j'aurai plus de maman".

Kylian lui explique qu'il s'est mis à pleurer avec son petit frère. "J'ai tapé papa parce que moi, je voulais l'arrêter. Je voulais aussi appeler l'hôpital pour qu'on la mette dans le lit de l'hôpital. Comme ça, après, elle sera plus morte", dit-il alors.

C'était il y a quatre ans. Depuis, les deux gamins vivent avec leur grand-mère maternelle. Ils travaillent bien à l'école, d'après ce qu'elle dit. Ils ont des copains, mais il lui réclame parfois sa mère et il continue à faire des cauchemars. Aujourd'hui encore, il éprouve de la culpabilité parce qu'il n'a pas réussi à empêcher son père de tuer sa mère. Il n'y a rien à dire. Il faut juste lire l'article de La Croix et essayer de ne pas pleurer. 

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