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Staline, Churchill, du Guesclin... Quand l'alcool change l'Histoire

À travers l'Histoire, l'alcool a parfois joué un rôle prépondérant, abordé ce mois-ci par le magazine "Historia".

Winston Churchill, le 19 juin 1963 (archives)
Winston Churchill, le 19 juin 1963 (archives)
Crédit : UPI / AFP
Isabelle Choquet

“J’ai retiré plus de choses de l’alcool qu’il ne m’en a retiré”, voilà ce que disait Churchill, grand amateur de champagne, de whisky-coca et de bien d’autres flacons. Churchill qui a traversé l'histoire un verre à la main. Le magazine Historia se penche ce mois-ci sur ces instants où l’ivresse a changé la face du monde.

Prenez la guerre de 100 ans. 1373, la France et l’Angleterre se battent depuis 40 ans déjà, du Guesclin assiège Chizé dans le Poitou. Et il apprend que les Anglais veulent le prendre à revers en traversant la forêt. Qu’est-ce qu’il fait, le chevalier? Il met des charrettes de vin sur leur chemin… Irrésistible.

Bien sûr, les soldats siphonnent tout et ils arrivent sur le champ de bataille complètement pintés… “Li vin lors a fait la cervelle trotter” écrit le connétable. Victoire facile, les Français prennent Chizé, puis Niort, et c'est la fin de la domination anglaise dans le Poitou

Le rôle du Père Pinard pendant la Première Guerre mondiale

Si je vous parle de la Révolution Française, vous pensez tout de suite à la prise de la Bastille, les Sans Culottes réclamant du pain... Du pain, c'est vrai mais surtout du vin. Ils sont exaspérés parce qu’ils payent leur gros rouge quatre fois plus cher à Paris que dans les guinguettes de banlieue, à cause du mur des fermiers généraux. La guerre des barrières commence le 10 juillet 1789, le mur tombera avant la Bastille, c'est le vrai début de la Révolution. 

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L’alcool, élément central aussi dans la Grande Guerre. À l’époque, la France compte 480.000 débits de boisson, 1 pour 30 habitants. Les Français boivent à peu près 300 litres de vin par an. Alors quand la guerre éclate, pas question d’interdire l’alcool au combat, au contraire ! 

Avant chaque assaut, on fait boire les troufions. De toute façon, l'eau est rare et sale. La consommation de rouge augmente au fil de l’horreur. En 1918, les poilus descendent 16 millions d’hectolitres du Père Pinard, c'est-à-dire 3 à 4 litres par jour et par soldat. Pétain écrira : “le vin a été le stimulant bienfaisant des forces morales et  physiques. Il a largement concouru, à sa manière, à la victoire”. 

Staline et la diplomatie de l'alcool

Le meilleur pour la fin, et c’est là qu’on retrouve Churchill, mais aussi Staline. Joseph Staline, qui était fils d’alcoolique et qui avait hérité de son paternel une sacrée résistance à l’alcool. Il avait aussi un don pour saouler les autres à coup de défis éthyliques. C’est ainsi que le pacte germano soviétique sera signé après un festival de toasts bien chargés à la vodka au poivre, un truc à couper le souffle selon un ministre allemand. 

Dans le même genre, en 1941, le ministre japonais des Affaires étrangères a signé un pacte de non-agression avec l’URSS. Mais juste après, il a fallu le porter jusqu’à son train, déchiré comme un drapeau. Il faut dire que Staline était aussi un petit malin :  il avait l’habitude de remplir sa flasque d’eau pendant que les autres carburaient à la vodka. 

Churchill l’emporte, grâce ou malgré l’alcool

Le seul qui pouvait lui tenir tête, c’est Churchill. Churchill qui débarque à Moscou en août 42 flanqué de son ministre Cadogan. Mais Cadogan déçoit Churchill, niveau alcool, il ne tient pas et le russe Molotov gagne à tous les coups. Alors le bouledogue décide de prendre les choses en main. 

La dernière nuit du sommet, il demande une audience dans la résidence privée de Staline. Et là, les deux grands enquillent les bouteilles et les cochons de lait. Bilan : l’URSS valide l’offensive alliée en Afrique du Nord. Churchill l’emporte, grâce ou malgré l’alcool. L’année suivante, il fêtera son 69e anniversaire avec les mêmes, en trinquant au futur débarquement en Normandie. 

Autant d’histoires, et bien d’autres, que l’on retrouve dans le livre Ivresses de Benoît Franquebalme, dont s’est inspiré le magazine Historia.

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