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Face aux violences, bloquer les réseaux sociaux ? La juriste Alejandra Mariscal pointe sur M6 le "problème" de cette mesure envisagée par l'exécutif

Après la casse et les pillages organisés via les réseaux sociaux en marge de la mobilisation du 17 octobre, le gouvernement a songé à serrer la vis sur l'accès aux plateformes. Pour la juriste et spécialiste Alejandra Mariscal, invitée d'Anne-Sophie Lapix dimanche 1er novembre, "la solution la plus efficace" serait surtout de permettre une régulation mieux coordonnée.

La juriste Alejandra Mariscal, le 1er novembre 2026 sur M6

Crédit : M6

Alejandra Mariscal : "Il faut mieux comprendre les réseaux sociaux pour lutter contre les violences en ligne"

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INÉDIT - Alejandra Mariscal : "Il y a une forme de banalisation de la violence" sur les réseaux sociaux

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Anne-Sophie Lapix & La rédaction numérique de RTL

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Peut-on imaginer un black-out total sur les réseaux sociaux ? Invitée du 20.10 sur M6, la juriste Alejandra Mariscal, qui est également directrice de la plateforme de signalement Point de Contact, estime que ce serait "clairement un problème", dimanche 1er novembre. L'hypothèse a pourtant été évoquée depuis les appels à commettre des violences et exactions observés en ligne en marge du 17 octobre.


Selon les informations du média Blast, Sébastien Lecornu a justement demandé en amont de la manifestation du 24 octobre à plusieurs opérateurs de se tenir prêts à couper l’accès à TikTok, Instagram, Snapchat ou encore X. "Il y a eu des discussions qui ont été faites par le Premier ministre (...), il y a eu en tout cas une grande rigueur qui a été mise", a ensuite reconnu Emmanuel Macron au détour d'une interview à Hugo Décrypte, lui qui avait déjà évoqué cette question après les émeutes consécutives à la mort de Nahel en 2023 selon plusieurs médias.

Pour Alejandra Mariscal, "il y a clairement un problème si la mesure concerne un blocage généralisé" car "ce serait une mesure qui touche un ensemble de personnes au-delà des personnes susceptibles de commettre ces actes". Selon cette criminologue, "les réseaux sociaux ne sont qu'un outil" et il ne faut pas oublier que "ce sont des individus qui les utilisent, avec certaines fonctionnalités, pour mieux se coordonner" lors de leurs actions violentes, que ce soit de la casse, des pillages ou autre.

La solution la plus efficace serait de mettre en place des canaux privilégiés entre l'État, Pharos et les services numériques, afin de pouvoir remonter plus vite les cas manifestement illicites et retirer concrètement le contenu.

Alejandra Mariscal sur M6

"Il y a une incompréhension sur la façon dont ils sont régulés, quelles sont leurs obligations et comment s'attaquer à ces phénomènes", note-t-elle, estimant que "la solution la plus efficace serait de mettre en place des canaux privilégiés entre l'État, Pharos [la plateforme de signalements du ministère de l'Intérieur] et les services numériques, afin de pouvoir remonter plus vite les cas manifestement illicites et retirer concrètement le contenu".

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En 2025, Point de Contact a reçu plus de 122.000 signalements de contenus illégaux, "ce qui est énorme". La plupart concernaient des éléments à caractère pédocriminel. Or, "on se rend compte parfois que lorsque les internautes nous contactent, ils nous disent qu'ils ont fait un signalement, mais que la plateforme [officielle] n'a pas répondu de manière satisfaisante", résume-t-elle.

Une mesure retoquée en Nouvelle-Calédonie par le Conseil d'État

"On ne peut pas surveiller de manière généralisée la société. Maintenant, lorsqu'il y a des contenus illégaux publiés sur Internet, c'est là que les plateformes sont responsables. Elles doivent agir et pouvoir identifier les personnes derrière", juge-t-elle, alors qu'un blocage complet des réseaux sociaux serait une forme de répression assez inhabituelle pour une démocratie comme la France.

La mesure a déjà été considérée comme trop attentatoire aux libertés fondamentales par le Conseil d'État, après le cas survenu en Nouvelle-Calédonie, où le gouvernement avait interdit TikTok en mai 2024 à la suite de violences.

"Ce blocage n'est pas complètement impossible, mais il faut qu'il respecte un certain nombre de conditions : ça doit être vraiment une période exceptionnelle, il doit s'agir d'une mesure temporaire et pas indéterminée dans le temps, puis cela doit être la seule mesure possible pour résoudre une situation", résume Alejandra Mariscal.

"Certaines fonctionnalités peuvent contribuer à créer des vulnérabilités et notamment, elles peuvent impacter davantage les jeunes : l'algorithme peut enfermer dans une bulle, proposer des contenus de plus en plus orientés et pouvant contribuer à polariser la société. Les réseaux sociaux peuvent aggraver la situation, mais il ne faut pas culpabiliser les réseaux sociaux pour tous les maux de notre société", complète cette spécialiste, demandant aux plateformes de produire des "rapports de transparence".

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