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Blocages des lycées, grève générale et "six-seven" populaire... À quelle mobilisation faut-il s'attendre cette semaine ?

Lycées, vie chère, grève... La semaine à venir promet d'être placée sous le signe de la contestation sociale, tandis qu'entre 320.000 et 500.000 personnes étaient mobilisées samedi 31 octobre pour poursuivre le mouvement populaire.

Un manifestant brandit un drapeau français lors des manifestations contre la vie chère, à Paris, le 31 octobre 2026.

Crédit : ED JONES / AFP

2 minutes pour comprendre la mobilisation du 5 novembre

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La rédaction numérique de RTL

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La colère sociale ne semble pas prête de s'apaiser. Dans la continuité de l'acte III de la mobilisation contre la vie chère, à laquelle ont également répondu les mouvements étudiants et lycéens samedi 31 octobre, la contestation devrait se poursuivre la semaine prochaine, marquée par la rentrée scolaire après les vacances de la Toussaint. 

En tout, ce 31 octobre, 320.000 personnes ont manifesté dont 70.000 à Paris, selon les autorités. Pour sa part, l'Intersyndicale de la jeunesse a avancé le chiffre de près de 500.000 manifestants dont 200.000 à Paris : un bilan en baisse par rapport aux 17 et 24 octobre, avec respectivement 550.000 et 410.000 personnes mobilisées, d'après le ministère de l'Intérieur, mais toujours synonyme d'une importante mobilisation à l'approche d'un mois de novembre aux forts enjeux.

Malgré l'annonce de mesures destinées à répondre à leurs revendications par l'exécutif, plusieurs organisations lycéennes et étudiantes appellent à un retour de la mobilisation dans les établissements à la rentrée tandis qu'une grande journée de grève est attendue en milieu de semaine à l'appel des syndicats.

Des organisations appellent à bloquer lycées et universités les 3 et 5 novembre

Dès samedi, la porte-parole de l'Union étudiante Sabrine Kharbach a appelé à bloquer lycées et universités mardi 3 et jeudi 5 novembre, en réaction, selon elle, à l'interdiction du parcours parisien déposé par les manifestants ainsi que pour montrer la "légitimité de leurs revendications".

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"Vouloir interdire les manifestations chaque semaine, vouloir interdire les cortèges qui ont toujours eu lieu dans de bonnes conditions, on va leur montrer qu'ils ont tort", a déclaré celle qui s'exprimait également au nom de l'Union syndicale lycéenne (USL). "Dès ce mardi, on va bloquer nos universités et lycées et on bloquera jeudi également pour ensuite aller en manifestation le 5 novembre, à l'appel des travailleurs et travailleuses". 

Des blocages d'établissements dès ce lundi ?

"Mardi, on bloque", a confirmé ensuite Ryad Rani, président de l'USL. "Bien évidemment, nous soutiendrons dès lundi les blocages qui seront organisés par les lycéens, les lycéennes, étudiants, étudiantes. Mais lundi, on les invite à s'organiser en AG pour après mieux bloquer mardi, mercredi, jeudi, vendredi et autant qu'il faudra pour enfin gagner et avoir des conditions dignes dans ce pays". 

Dans ce même état d'esprit, Pierre Sourzat, à la tête des Lycéens!, a appelé dimanche sur RMC au blocus des lycées "dès lundi", dénonçant la "poudre aux yeux" proposée par l'exécutif, dont les mesures annoncées n'ont pas convaincu. Quelques jours plus tôt, les ministres de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur avaient répondu à la crise lycéenne et étudiante qui dure depuis maintenant six semaines, en annonçant le remplacement progressif du système d'admission post-bac Parcoursup d'ici 2028.

"Le gouvernement a fait avec nous de la politique de comptoir. Il nous a un peu méprisés, limite il se moque de nous", a répondu Pierre Souzat. Et ce, alors qu'Emmanuel Macron avait appelé jeudi à la reprise des cours dans "le calme", "compte tenu du fait que la jeunesse a été entendue". Après 15 jours de vacances, "bien sûr qu'on appelle au blocus" et "les lycées seront bloqués, et ce dès lundi", a-t-il affirmé sur RMC. Les blocages auront lieu "plus à partir de mardi, mais on sait qu'il y a des lycées qui vont être bloqués dès demain. Nous soutenons tous nos camarades qui bloquent leurs lycées dès demain", a soutenu Pierre Sourzat.

Interrogé sur la durée du mouvement, lui qui est en études supérieures n'a pas fixé d'échéance, estimant qu'elle dépendrait de la réponse du gouvernement. Reconnaissant le risque de retard scolaire pour les lycéens mobilisés, il a toutefois défendu la poursuite de la contestation, rappelant que "tous les mouvements sociaux qui ont fonctionné" ont nécessité une mobilisation collective. "C'est un sacrifice" pour les générations suivantes, a-t-il admis.

Manifestation et appel à la grève générale jeudi 5 novembre, un nouveau cap pour la mobilisation ?

Les jeunes devraient donc répondre présent jeudi, pour se joindre au mouvement initié par les syndicats, qui s'attendent à une forte mobilisation. "Il y aura beaucoup de monde dans les cortèges", affirme ainsi à RTL un responsable régional. "C'est une journée qui monte très fort", assure un autre. 

Tous les syndicats participeront aux manifestations du 5 novembre, même les plus modérés comme la CFDT et la CFTC. De leur côté, les centrales aux méthodes plus radicales - la CGT et FO - appellent à la grève générale. Selon elles, c'est la seule méthode pour se faire entendre sur la vie chère et l'état des services publics. Des cortèges fournis sont à prévoir en région car les manifestants, contraints par le pouvoir d'achat, resteront proches de chez eux.

Faut-il s'attendre à des perturbations ? A priori oui, à commencer dans les gares car tous les syndicats ont déposé un préavis de grève à la SNCF. Les prévisions de trafic seront connues mardi soir avec certainement des annulations et des retards de train.

Les services publics devraient également être affectés. Que ce soit dans l'éducation avec des enseignants concernés massivement, des cours susceptibles de ne pas être assurés et des écoles possiblement fermées, ainsi qu'à l'hôpital où certains soins non urgents pourraient être reportés. Enfin, le secteur privé pourrait lui aussi être impacté car les syndicats appellent à la grève générale. Le but ? Paralyser l'outil productif en mettant à l'arrêt certaines usines ou entreprises.

Un "six-seven" populaire, les 6 et 7 novembre, à l'appel des Gilets jaunes ?

D'ailleurs, des débordements ne sont pas exclus. Raison pour laquelle les préfectures souhaitent interdire les manifestations en centre-ville pour privilégier des parcours en périphérie. "On va certainement se retrouver parqués dans une zone industrielle", conteste un responsable d'union départementale. De leur côté, les syndicats veulent croire que leurs cortèges se dérouleront dans le calme, notamment grâce à leur service d'ordre censé canaliser les débordements.


Viendra ensuite le temps de projeter sur le week-end prochain. La coordination des Gilets jaunes a d'ores et déjà appelé à faire "un six-seven" populaire - référence à une expression devenue virale chez les jeunes - en poursuivant le mouvement les samedi 6 et dimanche 7 novembre. "On doit faire en sorte que le 5 novembre ne soit pas un 5 novembre intersyndical seulement, mais le 5 novembre du peuple. Et nous, après on appelle à un six-seven", a confié  sur RMC Benjamin Ball, membre de la coordination. Autrement dit, des blocages le vendredi 6 et un acte IV samedi 7.

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