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États-Unis : Obama laisse une économie dynamique mais inégalitaire

REPLAY - ÉDITO - Le président Obama a fait son discours d'adieu à Chicago. Que va-t-il rester, au plan économique, de ses deux mandats ?

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François Lenglet : Obama laisse une économie dynamique mais inégalitaire Crédit Image : SAUL LOEB / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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François Lenglet et Loïc Farge

Barack Obama a fait mercredi 11 janvier ses adieux politiques depuis Chicago. Après deux mandats, le démocrate de 55 ans s'apprête à céder la place à l'homme d'affaires républicain Donald Trump. Que reste-il après huit ans passés à la Maison Blanche ? Une économie qui n'a jamais été aussi dynamique et aussi inégalitaire, tout d'abord. Il faut se souvenir qu'en 2009, lorsque Barack Obama arrive au pouvoir, l'Amérique s'effondre littéralement, de façon bien plus marquée que dans les années 1930. Huit ans plus tard, l'économie est dans une forme éblouissante, avec l'un des cycles de croissance les plus longs qu'elle ait jamais connu, et plus de 15 millions d'emplois privés ont été créés.

On ne peut pas attribuer cela exclusivement à Obama et à sa politique. Bush Jr et son secrétaire au Trésor avaient déjà conçu le plan TARP, pour sauver les banques. C'est vrai que l'action de la Banque centrale américaine (la Fed) a été essentielle en prêtant massivement à l'économie. Mais Obama a mis en oeuvre une puissante relance budgétaire. Il a aussi nationalisé le secteur automobile, tout en le restructurant.

Les inégalités, face sombre de la reprise

Dans les années qui suivirent, il a contribué à la reprise "en ne faisant rien". Il a pratiqué une sorte de laisser-faire, assez classique aux États-Unis, même chez les démocrates, en laissant les entreprises américaines se développer. C'est sous sa présidence que la Silicon Valley, les Google, Apple et autres Amazon n'ont jamais été aussi puissants. Pour partie d'ailleurs en échappant aux impôts fédéraux.

Les inégalités, c'est la face sombre de cette reprise. Les augmentations de revenus se sont concentrées sur 1% de la population, les plus qualifiés et les plus riches. Les autres ont stagné. Et si le taux de chômage a été divisé par deux, c'est grâce aux créations d'emplois record, mais aussi parce que le taux de participation au marché du travail est au plus bas depuis cinquante ans. C'est-à-dire que bon nombre d'Américains faiblement qualifiés ne cherchent même plus d'emploi, parce qu'ils ont perdu l'espoir d'en retrouver un.

Barack Obama a contribué à la reprise "en ne faisant rien"

François Lenglet
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On évoque souvent la création de l'assurance-santé comme un élément positifs de son bilan. Aux yeux des Français, ce qu'on appelle l'Obamacare est très important. Le paradoxe, c'est que cette réforme et son échec ont été déterminants dans la victoire de Donald Trump contre l'héritière d'Obama, Hillary Clinton. D'abord parce que elle a été alourdie par une complexité bureaucratique épouvantable, et par les problèmes techniques qu'on connu les sites Internet de gestion de cette affaire. Et parce qu'il y avait aussi un grave problème de conception, dès le départ.

Les jeunes ont ignoré l'Obamacare

L'idée était d'inciter les Américains non couverts à souscrire une assurance, grâce à un crédit d'impôt. Les grands assureurs ont été incités, eux, à développer leur offre dans la plupart des États, pour proposer leurs services sur les fameux sites Internet, les places de marché. Le problème, c'est que les personnes vulnérables ou malades se sont inscrites en masse, alors que les jeunes en bonne santé, dont un système assurantiel a évidemment besoin pour équilibrer ses comptes, n'ont pas vu l'intérêt.

Du coup, les assureurs ont accumulé les pertes. Bon nombre d'entre eux se sont retirés, ce qui a réduit la concurrence, et provoqué une considérable augmentation des primes. Pour 2017, l'augmentation moyenne était de 9%. Certains États, comme l'Arizona ou le Colorado, ont enregistré des hausses de 25%, ce qui a mis évidemment en fureur les millions de nouveaux assurés.

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